Economie

Sur quelles règles repose le fair-play financier ?

Instauré par Michel Platini, président de l’UEFA, et mis en application à partir de la saison 2012-13, le fair-play financier fait trembler la plupart des clubs européens. Les spécialistes citent souvent ce dispositif pour évoquer des chamboulements au sein de la hiérarchie européenne. Mais sur quelles règles repose le fair-play financier ? Ecofoot décrit dans les moindres détails le dispositif…

Le fair-play financier attise toutes les rumeurs au sein des clubs européens. Pour certains, le dispositif n’a aucune chance d’être efficace. Pour argument, ils indiquent que l’UEFA n’osera jamais organiser une Ligue des Champions en y excluant des gros clubs endettés tels que le Real Madrid ou le FC Barcelone. Pour d’autres experts, ce système est condamnable car il empêche de nouveaux clubs d’émerger sur la scène européenne (PSG, Manchester City…). Enfin, certains spécialistes prédisent une longue domination du championnat allemand grâce à l’instauration de ce dispositif.

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A la vue des derniers résultats, la dernière catégorie a l’air d’avoir raison. La dernière finale de la Ligue des Champions a opposé le Bayern Munich au Borussia Dortmund. Mais il y a de fortes chances que l’instauration du fair-play financier et la première finale continentale 100% allemande ne soit qu’une pure coïncidence. Si le Bayern Munich répond parfaitement aux exigences avec des comptes affichant un bénéfice depuis dix années consécutives ; le Borussia Dortmund possède toujours un niveau d’endettement important qui attire la curiosité des inspecteurs financiers de l’UEFA.

Quelles sont les règles qui régissent le fair-play financier ?

Contrairement aux apparences et autres rumeurs propagées par divers médias, le fair-play financier instauré par Michel Platini repose sur un ensemble de règles très précises. Elles ont été envoyées à l’ensemble des clubs éligibles à une qualification pour une compétition européenne. Et certaines sanctions sont déjà tombées.

En fin d’exercice, les inspecteurs financiers de l’UEFA scrutent les comptes des clubs qualifiés pour les compétitions européennes. Pour cela, ils demandent les bilans de l’exercice écoulé ainsi que ceux des deux saisons précédentes. Au total, ils s’intéressent aux trois derniers exercices. Jusqu’à la saison 2014-15, les déficits autorisés sur l’ensemble des trois saisons ne doivent pas dépasser la somme de 45 millions d’euros. Si un club franchit cette barre, il sera automatiquement exclu de toute compétition européenne. A partir de la saison 2015-16 et jusqu’à la saison 2018-19, le déficit autorisé sur trois saison ne devra pas excéder 30 millions d’euros. Au-delà de la saison 2018-19, l’UEFA planche sur une règle qui ne tolèrera plus aucun déficit.

Dans la comptabilisation des déficits, l’UEFA exclut certaines dépenses qui sont liées à l’augmentation des capacités productives d’un club. Ainsi, les ressources allouées à l’édification d’un nouveau stade ou encore d’un centre de formation ne rentrent pas dans le calcul réalisé par les commissaires de l’institution européenne.

Le fair-play financier s’intéresse au niveau d’endettement et à la masse salariale

Outre le déficit cumulé sur trois années, l’UEFA s’intéresse également au niveau global d’endettement des clubs participant aux compétitions européennes. Si le niveau d’endettement dépasse 100% des recettes d’un club ; les dirigeants de ce dernier sont sommés de s’expliquer auprès de l’UEFA. Les commissaires devront juger si ce niveau exceptionnel d’endettement est structurel ou conjoncturel.

Au-delà du niveau d’endettement, l’UEFA s’intéresse également à la masse salariale des clubs. Celle-ci ne doit pas dépasser le ratio de 70% des revenus du club. L’UEFA tient particulièrement à ce critère et aucune dérogation ne sera accordée en cas de dépassement.

Les dirigeants de Bundesliga pointent des dysfonctionnements

Mis en place depuis plus d’un an, le fair-play financier a déjà fait des victimes. La plus notable d’entre-elles est certainement le club andalou de Malaga CF qui a été exclu de toute compétition européenne cette saison. Le club espagnol ne répondait à aucun critère imposé par l’UEFA et il cumulait les retards de paiement de salaires ainsi que des échéances de transferts.

Michel Platini président UEFA

Michel Platini, espère régler le problème de l’endettement des clubs européens grâce au fair-play financier.

Malgré les premières décisions prises par l’UEFA, certains dirigeants de clubs allemands pointent des dysfonctionnements. Ils soupçonnent notamment le PSG d’avoir mis au point un accord de sponsoring avec l’organisme du tourisme du Qatar afin de contourner le dispositif et de gonfler ses revenus. Pour le moment, l’UEFA n’a rien trouvé à redire sur les comptes du club parisien.

L’instauration du fair-play financier permettra surement de limiter la bulle spéculative qui gravite autour du football. Les clubs ne pourront plus réaliser de dumping financier, en dépensant plus d’argent qu’ils n’en gagnent. Mais l’UEFA n’a pas encore pris de décision marquante auprès d’un grand club européen. Tant que cette décision n’interviendra pas, certains spécialistes douteront de la fermeté de ce dispositif…

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