Economie

La rentabilité des nouveaux stades français pose question

A l’aube de l’Euro 2016 organisé en France, de nombreux clubs ont décidé pour l’occasion de moderniser leur stade ou d’en construire un nouveau. Appuyé par l’Etat et les différentes collectivités locales, la majorité des dirigeants a penché vers le partenariat public-privé pour financer les travaux. Aujourd’hui, la rentabilité de ce type de contrat pose question…

Il y a quelques années, lors de la conclusion des premiers contrats de partenariats public-privés, cette initiative était présentée comme la solution miracle pour réduire les coûts de construction ou de rénovation des stades. Grandes enseignes du BTP, pouvoirs publics ou encore dirigeants de clubs étaient émerveillés par ce type de contrat et tout le monde se disait gagnant.

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Le Mans a d’ailleurs ouvert le bal lors de la construction de son nouveau stade du MMA Arena par l’entreprise Vinci. Livré en 2011, il a coûté 104 millions d’euros. Sur cet investissement total, la société concessionnaire et chargée de la construction Vinci a apporté 50 millions d’euros. Elle récupèrera sa mise grâce à l’exploitation du stade pour son compte et aux loyers payés par le club du Mans FC, qui exploite le stade lors de ses rencontres.

Aujourd’hui, le club du Mans FC est aux portes du national et sa santé économique est épouvantable. Certains imputent cette dégringolade sportive à l’arrivée du nouveau stade. En réalité, le timing de livraison du nouveau stade a été catastrophique avec la descente en Ligue 2. Le club éprouve les pires difficultés à payer son loyer annuel qui se chiffrait à 700 000 euros. Il a déjà été revu à la baisse pour cet exercice avec un fixe à hauteur de 600 000 euros. Au final, le club vit une catastrophe industrielle et le concessionnaire doit multiplier les événements pour espérer rentrer dans ses frais…

Un stade moins rentable que prévu pour le LOSC

Si l’exemple du Mans a de quoi faire peur, celui de Lille est plus encourageant. Livré en début de saison 2012-13, le club espérait une hausse de revenus de 10 millions d’euros de la billetterie. Cette augmentation de revenus devrait en effet avoir lieu mais les charges ont également explosé.

Tout d’abord, le club comptait financer une partie de la location annuelle du stade grâce à un contrat de naming. Les revenus issus du contrat faisaient indirectement baisser le loyer annuel. Or la communauté urbaine de Lille, en charge du dossier, n’a pas trouvé preneur. Et elle a refusé la candidature des casinos Partouche envoyée par le LOSC. Martine Aubry a émis comme motifs une somme proposée trop basse et une société qui s’accorde difficilement avec les valeurs du Nord.

Au final, le LOSC doit se passer d’une rente de 3 millions d’euros par an. Le club assume seul le loyer annuel fixé pour les 4 premières années à 4,7 millions d’euros. Il passera à 5,2 millions d’euros lors de la 5ème année. Le concessionnaire possède également un intéressement à hauteur de 0,5% sur la billetterie à partir de 16,5 millions d’euros réalisés sur l’exercice.

Mais ce loyer pourrait subir des augmentations non-prévues initialement. Le stade ayant été livré trop rapidement, des finitions et des aménagements ont du être opérés (correction d’une fuite d’eau dans le toit de l’enceinte…). Au total, Eiffage a remis la main à la poche pour environ 1 million d’euros. Une somme que le groupe pourrait en partie refacturer soit à la mairie, soit au club nordiste. Enfin, le club a du à ses frais changer une partie de la pelouse.

Michel Seydoux LOSC

Le président du LOSC, Michel Seydoux, estime que la rentabilité du Grand Stade se mesurera sur le long terme.

Au final, les charges supportées par le LOSC suite à l’arrivée de ce nouveau stade sont conséquentes. D’autant que les revenus de billetterie n’exploseront pas : le club a préféré privilégier le taux de remplissage de l’enceinte en n’augmentant pas les prix des places. Au final, le bénéfice net issu de l’exploitation du nouveau stade sera très mince pour cette première année…

L’OM se pose des questions cruciales sur les travaux de rénovation du Vélodrome

Les travaux de rénovation du stade Vélodrome en vue de l’Euro 2016 sont un véritable sujet de tension du côté de l’Olympique de Marseille. Pour un coût total chiffré à 267 millions d’euros, Bouygues Construction doit livrer un stade Vélodrome dont les tribunes seront couvertes d’un toit et avec 7 000 places supplémentaires. La capacité sera portée à 67 000 places.

Pour financer ce projet, la ville de Marseille a également choisi le partenariat public privé. Ainsi, 100 millions d’euros ont été avancés par le constructeur Bouygues. Celui-ci sera payé grâce à l’attribution d’une concession du stade pendant une trentaine d’années et à l’encaissement d’un loyer mensuel pour son utilisation. Le reste du financement est apporté par la municipalité (40 millions d’euros), le département (30 millions d’euros), l’Etat (30 millions d’euros), la communauté urbaine (20 millions d’euros) et les droits à bâtir (20 millions d’euros).

Le hic de ce dossier se situe au niveau du loyer mensuel. D’après France Football, le choix de la construction du nouveau stade s’est porté sur Bouygues sans que l’OM et la municipalité s’entendent sur la part du montant à verser au concessionnaire. Aujourd’hui, la mairie réclame au club un loyer annuel avoisinant les … 8 millions d’euros !

Vincent Labrune a déjà expliqué qu’il ne comptait absolument pas payer un tel montant pour … 7 000 places supplémentaires. D’autant que le club connait également un manque à gagner important en billetterie durant la période des travaux (la capacité du stade est ramenée à 40 000 places entre 2011 et 2014). M. Labrune explique que les décisions, prises avec un amateurisme incroyable, ont été validées par l’ancienne direction. Il accuse ouvertement Jean-Claude Dassier, ancien président du club.

Vincent Labrune OM

Le président de l’OM, Vincent Labrune, refuse catégoriquement de payer un loyer annuel de 8 millions d’euros pour le Vélodrome rénové.

Pour sa défense, Dassier rétorque que Labrune doit faire preuve de sa capacité de négociation avec la mairie dans ce dossier. Une chose est certaine : la municipalité ne veut pas assurer seule le coût du remboursement à Bouygues. Les négociations sont difficiles à mener avec en perspective les élections municipales de 2014.

Mais à 8 millions d’euros de loyer annuel, l’OM ferait une mauvaise affaire financière. D’autant que le club n’avait émis aucun souhait de modernisation du Vélodrome. Ce rafraichissement du Vélodrome intervient dans le cadre de l’organisation de l’Euro 2016…Les mois à venir risquent d’être chauds du côté de la Cannebière.

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