Economie

Quel est le résultat financier de Serie A ?

Dernièrement, le cabinet d’audit Pwc a publié un bilan financier de la Serie A pour l’exercice 2012-13. A l’image des prévisions, les chiffres ne sont pas positifs pour le championnat italien qui continue à accumuler les pertes. Le championnat doit trouver un juste compromis entre restructuration des finances et maintien de compétitivité sportive dans les années à venir. Explications…

A l’issue de la saison 2012-13, le championnat italien de Serie A a engendré un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros. Ce montant lui permet de se classer au sein du top 4 européen en devançant très largement la Ligue 1 (1,5 milliard d’euros). Cependant, le championnat italien est nettement en retrait par rapport aux 3 milliards d’euros de revenus générés par la Premier League.

Si le chiffre d’affaires est acceptable, le bilan financier l’est nettement moins. En effet, sur l’exercice 2012-13, les vingt formations de Serie A ont accumulé un déficit de 177 millions d’euros avant impôts. Le résultat net est encore plus alarmant avec au final une perte enregistrée de 202 millions d’euros. Le niveau du déficit est plus de dix fois supérieur à celui de la Ligue 1 (17,5 millions d’euros).

13 clubs de Serie A accusent un déficit sur l’exercice 2012-13

En termes de revenus, la Juventus Turin enregistre le plus gros chiffre d’affaires avec 275 millions d’euros, soit 12% des revenus totaux du championnat. Les Turinois, champions en titre, devancent au classement le Milan AC (268 M€), l’Inter Milan (163 M€), l’AS Roma (125 M€), le SSC Napoli (120 M€) et la Fiorentina (73 M€). Les sept premiers clubs de Serie A perçoivent 45% des revenus du championnat. A l’inverse, les clubs de Pescara, Sampdoria et du Torino ferment la marche avec un revenu avoisinant 30 millions d’euros.

Au niveau des résultats avant impôts, seules 7 formations de Serie A possèdent un bilan positif ou à l’équilibre. Le club le plus vertueux est l’Udinese qui affiche un résultat avant impôts positif de 44 millions d’euros. Cette anomalie au sein du championnat italien s’explique par un excédent de sa balance des transferts de l’ordre de 71 millions d’euros. Le SSC Napoli se classe en deuxième position avec un excédent de 14 millions d’euros. Le bon résultat du club napolitain s’explique une nouvelle fois par une balance des transferts largement positive de l’ordre de 29 millions d’euros.

résultats avant impots serie a

Parmi les mauvais élèves financiers de Serie A, nous retrouvons quelques éléments importants à l’image de l’AS Roma ou de l’Inter Milan. Le club romain accuse un déficit de 38 millions d’euros alors que la situation de l’Inter est encore plus préoccupante avec un résultat négatif de l’ordre de 80 millions d’euros. Si une participation en Ligue des Champions pourrait corriger les finances du club de la Louve, cela ne serait pas suffisant pour les Interistes…

Les clubs de Serie A possèdent des structures de coûts trop importantes

La majorité des déficits enregistrés par les clubs de Serie A s’expliquent par des masses salariales bien trop importantes par rapport aux revenus générés. Onze formations du championnat italien possédaient lors de l’exercice 2012-13 une masse salariale supérieure à 70% du chiffre d’affaires générés (ratio maximum autorisé par l’UEFA lors de la mise en place du Fair-Play Financier). Le club de la Sampdoria affichait une masse salariale de 49 millions d’euros alors que le club n’est parvenu à générer que 30 millions d’euros de revenus au cours de la saison. La masse salariale moyenne de Serie A atteint 59,5 millions d’euros contre 43,2 millions d’euros en Ligue 1.

Conscients de ce problème, les clubs de Serie A ont entamé un travail de réduction de leur masse salariale depuis déjà plusieurs années. Pour l’exercice 2013-14, la masse salariale des vingt formations de Serie A devrait passer sous la barre du milliard d’euros pour la première fois depuis 2009-10. L’Inter Milan, particulièrement concerné par le problème avec une masse salariale de 128 millions d’euros en 2012-13, a réalisé de gros efforts en parvenant à descendre sous la barre symbolique des 100 millions d’euros pour l’exercice en cours.

La Serie A doit accroitre ses ressources de billetterie

Au niveau des revenus, la Serie A a pendant de longues années accumulé un retard conséquent en matière de politique commerciale. Paradoxalement, alors que les résultats européens sont nettement moins performants ces dernières saisons, les clubs de Serie A ont compris qu’ils avaient besoin d’accroitre leur notoriété dans de nouvelles zones géographiques afin de bénéficier de nouveaux marchés. La Juventus Turin (68 millions d’euros de revenus commerciaux) ou encore l’AC Milan (94 millions d’euros) y parviennent très bien en réformant leur stratégie de transferts. L’arrivée d’investisseurs étrangers au sein de l’actionnariat de certaines formations (Inter Milan, AS Roma) permet également de développer les revenus commerciaux en provenance de nouvelles régions.

En revanche, la Serie A accuse toujours un retard important en termes de revenus de billetterie. Lors du dernier exercice, seulement cinq clubs sont parvenus à engendrer plus de 15 millions d’euros de recettes en provenance de cette source. Il s’agit de la Juventus (38 M€), l’AC Milan (34 M€), l’AS Roma (21 M€), l’Inter (19 M€) et le SSC Napoli (15 M€). Hormis la Juventus, les clubs italiens bénéficient d’enceintes vieillissantes qui n’encouragent pas les spectateurs à se rendre au stade. De plus, la politique coercitive exercée envers les ultras ne favorise pas l’augmentation de l’affluence moyenne au stade.

Pour les saisons à venir, les clubs de Serie A doivent poursuivre la réforme de leurs structures financières car les efforts effectués pour le moment ne sont pas encore satisfaisants. En plus de réduire les masses salariales, les clubs devront chercher à accroitre leurs recettes sous peine de perdre en compétitivité sportive par rapport aux voisins européens. De gros défis attendent le football italien…

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