Economie

La structure financière d’Arsenal pose question

Alors que le club londonien d’Arsenal FC affronte en huitième de finale de la Ligue des Champions le Bayern Munich ; les associations de supporters des Gunners reprochent à leur direction le manque d’investissement financier pour améliorer l’équipe. Ont-ils raison ? Ecofoot.fr a enquêté…

Lors du dernier mercato hivernal, le club d’Arsenal FC n’a pas investi un seul euro dans le recrutement de joueurs. Pourtant, un avant-centre international était attendu pour épauler Olivier Giroud après l’échec du dossier Suarez l’été dernier. Au final, seul Kim Kallstrom a débarqué en prêt (et blessé…) en provenance du Spartak Moscou.

Cette prudence financière agace les supporters d’Arsenal. Les Gunners n’ont plus remporté de titre majeur depuis 2005 et une coupe d’Angleterre. Alors que le club est régulièrement félicité pour sa bonne gestion, les supporters ne souhaitent plus payer les abonnements les plus chers d’Europe (tarif minimum de 989£) alors que leur équipe ne remporte plus aucun trophée.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est survenue le mois dernier. La direction commerciale d’Arsenal a fait savoir que les abonnements n’incluaient pas les places pour assister au huitième de finale de Ligue des Champions face au Bayern Munich. Les supporters devront débourser au minimum 62£ et jusqu’à 132£ pour détenir le précieux sésame. Après les remous causés, la direction a accepté de réduire le premier tarif à 37£.

Les supporters d’Arsenal ne veulent plus être pris pour des vaches à lait

Les revendications des supporters d’Arsenal sont-elles recevables ? A première vue, la réponse semble positive. Le club entrainé par Arsène Wenger dispose de 120 millions de livres de fonds propres. En plus de cette somme, le club dispose également de « fonds de sécurité » évalués à 22 millions de livres. En tout, le club possède donc de 142 millions de livres d’argent frais. De plus, depuis 2007, le club ne cesse de boucler ses exercices avec un bénéfice net supérieur à 20 millions de livres.

Les excédents d’exploitation sont en partie réalisés grâce à la complicité des supporters. Parmi le top 20 des clubs européens générant le plus de revenus sur la saison 2012-13, Arsenal occupe la quatrième place concernant les rentrées de billetterie avec plus de 108 millions d’euros de revenus générés. Les revenus de billetterie représentent 38% du revenu total d’Arsenal sur la saison 2012-13. Il s’agit du pourcentage le plus élevé d’Europe parmi le top 20.

Arsenal suit un exemple très différent du Bayern Munich

Les supporters d’Arsenal ont donc raison de protester contre la politique financière menée par la direction du club. D’autant que l’adversaire du soir, le Bayern Munich, réalise également des exercices excédentaires tout en investissant sur le marché des transferts et en maintenant une politique de tarification de billetterie relativement basse.

En effet, sur l’exercice 2012-13, le club bavarois a réalisé un bénéfice de 14 millions d’euros tout en recrutant pour plus de 70 millions d’euros (Javi Martinez, Xherdan Shaqiri, Mario Mandzukic, Dante…). De plus, malgré une demande très importante, la billetterie n’a rapporté que 87,1 millions d’euros au club bavarois à cause d’une politique de tarification basse. Cette somme ne représente que 20,2% des revenus totaux du club sur la saison.

Pourquoi les deux clubs qui possèdent une structure financière saine, connaissent de telles divergences en matière de management ? L’explication se trouve essentiellement au niveau de l’actionnariat et la méthode de gouvernance du club.

A Arsenal, la majorité des actions du club sont détenus par quelques actionnaires qui siègent au conseil d’administration. On y retrouve notamment Stan Kroenke qui détient près de 30% des actions du club ou encore l’homme d’affaires russe Alicher Ousmanov avec 25% des actions. Ces actionnaires gèrent le club en financiers : ils optimisent toutes les sources de revenus possibles (dont la billetterie) tout en limitant les coûts. Une gestion qui leur permet de maximiser leurs actions. Mais elle a l’inconvénient de mépriser les supporters du club et de ne pas toujours tenir compte de la logique sportive (la qualification pour la Ligue des Champions suffit aux actionnaires).

Du côté Bavarois, l’actionnariat est très différent. Le club est constitué sous forme d’association. Trois grandes entreprises détiennent au total 25% du capital (Audi, Adidas et Allianz). Les 75% des actions restantes sont détenues par plus de 187 000 membres qui sont généralement des supporters. Les dirigeants du club bavarois ne sont pas les actionnaires majoritaires du club et ils doivent rendre des comptes autant sur le plan financier que sportif. Sans cesse, ils doivent gérer le club en trouvant le meilleur compromis entre équilibre financier et bons résultats sportifs afin de contenter les gros actionnaires et la masse de petits porteurs. Une différence très importante par rapport à Arsenal où les actionnaires sont également les principaux décideurs.

Pour la direction d’Arsenal, la double confrontation opposant leur club au Bayern Munich revêt un caractère important. En cas de défaite, nul doute que la politique mise en place depuis 2005 visant à maximiser les profits du club sera très sévèrement remise en cause par des supporters sevrés de titre, devant dépenser de plus en plus d’argent pour voir évoluer leur club à l’Emirates…

Google Plus

Articles populaires

To Top
Tweetez
Partagez6
Partagez

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer