Economie

Les subventions publiques dans le football professionnel français

L’opinion publique s’offusque régulièrement des subventions publiques accordées au football professionnel français. Désormais très encadrées par la loi depuis une vingtaine d’années, les subventions publiques ne représentent qu’un faible montant par rapport aux  impôts versés par les clubs professionnels à l’Etat français. Explications…

Lors de l’exercice 2011-12, l’ensemble des clubs de Ligue 1 ont perçu directement 17 millions d’euros de subventions publiques. Ce montant ne représente que 2% des revenus des 20 clubs de Ligue 1 et une somme moyenne avoisinant les 850 000 € par club. Pour comparaison, les subventions publiques au sein du TOP 14 (rugby) représentent 6% des revenus cumulés des clubs et une somme moyenne de 1,1 million d’euros par club. D’autres sports dépassent le football en matière de subventions publiques par club d’après la mission d’évaluation de la politique de soutien au sport professionnel et des solidarités avec le sport amateur publiée en novembre 2013 : la Pro A (1,3 million d’euros par club) ou encore la D1M de handball (1,1 million d’euros par club). Pour ces deux derniers sports mentionnés, le montant des subventions publiques représente respectivement 31% et 41% des revenus des clubs du championnat.

Thiriez

Frédéric Thiriez, président de la LFP, défend bec et ongles dans son dernier livre intitulé Le Foot mérite mieux que ça que la Ligue 1 ne vit pas aux crochets de l’argent public.

En comparaison d’autres sports collectifs français, le football est loin de vivre aux crochets de l’argent public. D’autant que le football professionnel français paie chaque année près de 700 millions d’euros de taxes et autres impôts. L’addition risque d’ailleurs d’augmenter de 6% avec la mise en place de la taxe exceptionnelle à 75% sur les très hauts revenus.

Le football perçoit beaucoup d’argent de la part du CNDS

Dans le calcul réalisé précédemment, de nombreux experts de l’économie du sport soulignent que les montants accordés par le Centre National pour le Développement du Sport ne sont pas pris en compte et peuvent constituer des subventions déguisés car il s’agit d’investissements publics.

Il est vrai que le football est le principal bénéficiaire de ces aides. Entre 2008 et 2012, la discipline a reçu 131,4 millions d’euros d’aides dont 40 millions d’euros accordés pour la rénovation des stades en vue de l’organisation de l’Euro 2016. A titre de comparaison sur la même période, le tennis n’a perçu que 53,1 millions d’euros ; le handball a reçu 35,9 millions d’euros ou encore le rugby n’a bénéficié que de 24,9 millions d’euros. Seule la natation suit de loin la cadence du football avec l’obtention de 89,7 millions d’euros d’aides sur la période 2008-12.

Cependant, en ramenant le montant de ces aides au nombre de licenciés, le football ne fait pas pâle figure par rapport aux autres sports. Avec une subvention de 13,2€ accordée par le CNDS par licencié, le sport le plus pratiqué en France se rapproche de la moyenne établie à 12,8€. Le volleyball (25,8€), le handball (16,3€) ou encore le basket (14,7€) sont largement au-dessus du football.

Enfin, sur la période 2008-2012, le football est le seul sport auprès duquel le CNDS est en excédent. En effet, le Centre National pour le Développement du Sport reçoit plus de recettes qu’il n’accorde d’aides au football. Sur la période étudiée, il a accordé 131,4 millions d’euros d’aides alors qu’il a reçu en retour 183,1 millions d’euros de recettes. Les recettes proviennent essentiellement de la taxe Buffet sur les droits TV et des prélèvements sur les paris physiques et en ligne. A titre de comparaison, le rugby a perçu sur la même période 24,9 millions d’euros d’aides alors qu’il n’a généré que 9,5 millions d’euros de recettes pour le CNDS, soit un déficit supérieur à 15 millions d’euros.

Contrairement aux idées reçues, le football professionnel français ne vit pas sur le dos des subventions publiques. Sur la période 2008-12, la discipline a généré un bénéfice net pour le CNDS de l’ordre de 51,7 millions d’euros. De plus chaque année, la Ligue 1 perçoit un peu moins de 20 millions d’euros de subventions publiques directes contre un paiement d’impôts de l’ordre de 700 millions d’euros. Il est alors difficile de reprocher au football professionnel français de ne pas contribuer à l’effort de redressement des finances publiques…

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