Economie

La proposition de taxe Cohn-Bendit ne plait pas au football français

Lors de l’émission TV diffusée dimanche dernier sur France Télévision en hommage aux victimes des terribles attentats perpétrés en France, l’ex-député européen Daniel Cohn-Bendit a proposé l’instauration d’une taxe sur le football professionnel français permettant notamment de financer des actions d’intégration dans les banlieues françaises. Une proposition qui n’a pas vraiment enchanté les dirigeants de clubs français. Explications…

Malgré l’émotion toujours palpable suite aux terribles attentats perpétrés en France au cours des derniers jours, l’ex-député européen Daniel Cohn-Bendit a tout de même profité de la soirée en hommage aux victimes pour réaliser des propositions concrètes afin de réduire le risque terroriste au sein de l’Hexagone. Parmi les propositions, l’ancien homme fort d’Europe Ecologie Les Verts a notamment demandé l’instauration d’une taxe à hauteur de 2% sur les recettes générées par les clubs professionnels français. Un prélèvement qui permettrait, toujours selon Daniel Cohn-Bendit, de financier des actions d’intégration au sein des banlieues françaises.

Une proposition qui n’a visiblement pas suscité l’enthousiasme au sein des présidents de club de Ligue 1. Invités à s’exprimer aujourd’hui dans le quotidien L’Equipe, ces derniers n’ont pas hésité à rejeter l’idée évoquée par Daniel Cohn-Bendit. Une réaction qui était prévisible étant donné le combat mené lors des derniers mois par l’UCPF au sujet de l’application de la taxe à 75% sur les revenus supérieurs à 1 M€.

Les présidents condamnent l’initiative de Cohn-Bendit

Le président du TFC, Olivier Sadran, pourtant toujours mesuré dans ses propos, a été l’un des dirigeants les plus virulents suite à l’idée émise par l’ancien député européen. « Avant de parler et de balancer ça en pâture à l’opinion, il faut connaitre ses dossiers » a ainsi commenté le dirigeant toulousain. De son côté, Jean-Louis Triaud, président des Girondins de Bordeaux, a montré un peu d’abattement à ce sujet. « Plus rien ne me surprend. A chaque fois qu’il y a besoin d’un peu d’argent, on pense au football français » a alors indiqué le président du club aquitain.

D’autres dirigeants ont préféré sourire en évoquant le football allemand, autre patrie de Daniel Cohn-Bendit. Ainsi, le dirigeant du LOSC, Michel Seydoux a mentionné le Bayern Munich dans sa réponse : « Comme Daniel est aussi Allemand, s’il veut vraiment taxer le football, qu’il commence par les bénéfices du Bayern Munich, qui est très riche. » Même discours du côté de la direction de l’ASSE : « M. Cohn-Bendit doit parler du football allemand, pas français. Pour être taxé, il faut avoir des résultats financiers » a alors indiqué le dirigeant forézien Bernard Caiazzo.

michel seydoux

Michel Seydoux se positionne contre la proposition de Daniel Cohn-Bendit.

Après s’être longuement battu contre la mise en place de la taxation à 75% – qui coûte au football professionnel français la somme de 80 M€ sur deux exercices – les dirigeants de club ne tolèrent plus de modifications fiscales en leur défaveur. Un nouveau durcissement de la fiscalité mettrait en danger un championnat de Ligue 1 qui a accusé plus de 77 M€ de pertes durant la période 2011-13.

Quel serait le montant de cette taxe proposée par Cohn-Bendit

Si cette taxe de 2% sur les revenus enregistrés par les clubs professionnels français était appliquée, elle aurait entrainé un versement de 25 946 580 € de la part des 20 clubs de Ligue 1 au titre des revenus générés lors de la saison 2012-13. Un calcul qui ne prend en compte qu’une taxation sur les revenus opérationnels des clubs. Cela représente une somme importante pour un championnat de Ligue 1 qui a accusé une perte nette de l’ordre de 17,5 M€ concernant l’exercice en question.

Enfin, le football professionnel français contribue déjà de manière significative à l’effort de solidarité. Il reverse chaque année plus de 120 M€ à ce titre via différents dispositifs tels que la taxe Buffet sur les droits TV, les contributions au football amateur ou encore les actions caritatives menées par les différents clubs.

Devant un tel effort de solidarité et face à une pression fiscale toujours plus oppressante, la Ligue 1 dit clairement non à la proposition de Daniel Cohn-Bendit. Une réaction qui n’a pas surpris l’ancien député européen qui maintient sa volonté de créer une telle taxe en France.

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