Economie

La chute inexorable du titre OL Groupe

En février 2007, Aulas décidait de faire entrer l’Olympique Lyonnais en bourse en mettant en vente des titres d’OL Groupe. Cette titrisation d’une partie de l’actionnariat du club permettait de faire rentrer de l’argent frais afin de constituer un début de financement au projet OL Land avec la construction du Stade des Lumières. Aujourd’hui, les porteurs du titre OL Groupe n’ont pas le sourire…

Le 09 février 2007 était un grand jour pour l’OL : le club rhodanien faisait son entrée en bourse, une première pour un club français. La valeur du titre OL Groupe s’échangeait alors à 24,20 € l’unité. L’OL était à son apogée sportif avec la quête d’un sixième titre de champion de France d’affilée à l’issue de la saison. L’OL en remportera même un septième titre consécutif lors de la saison 2007-08.

Le président du club, Jean-Michel Aulas, a alors des ambitions folles pour son club. Il souhaite absolument se doter d’un nouveau stade dont l’OL en serait le propriétaire à l’image d’Arsenal ou du Bayern Munich. Selon lui, il s’agit du seul moyen pour l’OL d’atteindre la victoire en Ligue des Champions et de rejoindre le gotha européen.

L’OL rentre en bourse pour financer son nouveau stade

Afin de bénéficier de fonds propres suffisants pour la réalisation d’un nouveau stade, Jean-Michel Aulas décide d’introduire le club en bourse. Ainsi, la titrisation représente 28% du capital et 17% des droits de vote au conseil d’administration du groupe. Les petits porteurs représentent 10% des actions mises en vente par le club.

Les dirigeants de l’OL décident de mettre en vente les actions suivant une fourchette haute. Le cours de l’action démarre donc à 24,20 €. Plus de 30% des titres sont achetés par des investisseurs britanniques qui croient au projet de l’OL avec la construction du nouveau stade des Lumières.

Le cours de l’action OL Groupe ne cesse de baisser

Malheureusement, le succès de l’entrée en bourse ne sera que de courte durée.  Les investisseurs qui ont cru au projet de l’OL sont rapidement déçus par la tournure des événements. Dès la saison 2008-09, le club ne parvient pas à imiter les succès précédents. L’OL n’obtient plus de titre de champion de France et hormis une demi-finale de Ligue des Champions, les différents parcours européens ne sont pas à la hauteur des attentes. Depuis deux saisons, le club ne parvient même plus à se qualifier pour la plus prestigieuse des compétitions européennes et doit s’asseoir sur une rentrée de 20 millions d’euros.

D’autre part, le projet de nouveau stade a subi de nombreux retards dus aux oppositions locales qui ont mené à de nombreux recours en justice. La confiance s’est évanouie et les différents investisseurs n’ont pas hésité à vendre massivement leurs titres sur les différents marchés financiers.

Valant 24,20 € à son introduction, le titre OL Groupe a clôturé vendredi dernier à 2 €. Le cours de l’action a ainsi été divisé par douze en six ans et demi. Et les résultats sportifs actuels de l’Olympique Lyonnais ne rassurent pas d’avantage les marchés financiers.

L’action OL Groupe n’est pas prête à retrouver sa valeur initiale

Les dirigeants de l’OL ne cessent de rappeler que les investisseurs pourront réaliser un premier bilan en 2016, quand le nouveau stade sera enfin livré et exploité. Mais aujourd’hui, ils restent globalement pessimistes et ils n’imaginent pas le titre revenir à sa valeur initiale à moyen terme.

Les mauvais choix stratégiques de l’OL ont également pénalisé son titre boursier. Au lieu de financier son nouveau stade, l’OL a utilisé ses fonds propres pour éponger les différents déficits à la fin de chaque saison. Par exemple, sur l’exercice 2011-12, le club a accusé un déficit de 28 millions d’euros. Celui-ci devrait encore atteindre près de 20 millions d’euros pour la saison 2012-13. Ainsi, l’argent récupéré de l’introduction en bourse a servi à financier un train de vie trop élevé du club. Les retards du projet OL Land ont également créé un décalage entre les investissements sportifs et les rentrées d’argent. Désormais, le club doit de nouveau emprunter pour financer son stade.

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Ces derniers temps, Jean Michel Aulas n’annonce pas beaucoup de bonnes nouvelles aux investisseurs d’OL Groupe

Enfin, malgré les bons résultats sportifs du club durant la décennie précédente, le club n’est pas parvenu à engendrer des revenus de merchandising aussi élevés que l’OM ou encore le PSG. La marque OL possède encore un déficit d’image qu’elle n’est pas parvenue à combler. Aujourd’hui, l’écart ne cesse de croitre et le club de Jean-Michel Aulas souffre même de l’émergence du rival stéphanois.

Si la confiance était de mise lors de l’introduction en bourse, le titre OL Groupe ne devrait pas atteindre sa valeur initiale avant un bon moment. Actuellement, la tendance ne semble pas s’inverser et le titre devrait poursuivre sa chute jusqu’à la livraison du Stade des Lumières.

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