Economie

A quoi sert le « Transfer Matching System » mis en place par la FIFA ?

Fin 2010, la FIFA a officialisé la mise en place du « Transfer Matching System » permettant de rendre plus transparent les flux financiers circulant autour des transferts internationaux. Pourquoi l’institution internationale a-t-elle décidé de mettre un tel système en place ? Quel est son bilan après près de 4 ans d’utilisation ? Ecofoot.fr fait le bilan.

Afin de favoriser sa réélection, l’actuel président de la FIFA Sepp Blatter s’appuiera très certainement sur la mise en place du Transfer Matching System (TMS) pour démontrer sa lutte implacable contre la corruption et le blanchiment d’argent dans le milieu footballistique. Ce système, dont le projet a été initié en 2007 et mis en place officiellement en octobre 2010, est salué comme une grande réussite auprès des différentes fédérations.

Sous les recommandations d’un audit mené en 2007 afin de lutter efficacement contre le blanchiment d’argent dans les circuits financiers footballistiques, la FIFA prend l’initiative de lancer le projet TMS. Voté par une grande majorité de fédérations lors du 57ème Congrès en mai 2007 (199 membres se sont exprimés pour l’adoption du système, seuls 3 membres ont voté contre), le système a pu être mis en place en trois ans. Entre-temps, une première phase pilote avait vu le jour, concernant 18 pays, entre février 2008 et octobre 2009.

Ce système a clairement pour but de rendre plus transparent les échanges financiers dans le cadre de transferts internationaux de joueurs de football. Face à l’accroissement des montages financiers opaques lors des opérations de transferts, la FIFA a décidé de réagir en souhaitant reprendre le contrôle des informations.

Comment fonctionne le TMS ?

Mais en quoi consiste exactement le TMS ? Il s’agit tout simplement d’une base de données informatique au sein de laquelle les clubs doivent mentionner tous les détails concernant les transferts internationaux. Depuis le 1er octobre 2010, date d’entrée en vigueur officielle du système, les 6500 clubs professionnels des 209 fédérations affiliées à la FIFA sont dans l’obligation de rentrer les données concernant leurs transferts internationaux dans le système.

Une trentaine de champs ont été prévus permettant à la FIFA de récupérer un maximum de données sur les transferts internationaux. Ainsi, tous les détails concernant la transaction, le nouveau contrat du joueur ou encore les différents agents ou intermédiaires mandatés pour le transfert sont renseignés et connus de la FIFA. Des champs supplémentaires sont requis dans le cadre de transfert de joueurs mineurs. Si toutes les informations sont en règle, le système autorise alors la fédération du club vendeur à émettre un ITC (International Transfer Certificate) délivré à la fédération du club acquéreur. Sans ce certificat, le club acheteur ne peut inscrire son nouveau joueur aux compétitions officielles.

Le TMS permet de mettre en évidence certaines anomalies

Le dispositif se veut simple d’utilisation tout en permettant un maximum de transparence lors des mouvements financiers liés à des transferts internationaux. Au bout de quatre ans de fonctionnement, il est salué comme un réel succès dans la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent.

Grâce à l’utilisation de ce système, la FIFA a pu mettre en évidence des pratiques anormales chez certains clubs. C’est notamment le cas au FC Barcelone : par le biais du TMS, la FIFA s’est rendue compte que le club catalan ne respectait pas les règles en vigueur en matière de formation de jeunes joueurs étrangers. Le club Blaugrana a ainsi subi une lourde sanction de la part de la FIFA, qui a pour le moment été suspendue par l’appel réalisé par le club catalan.

La mise en place du TMS permet également de mettre en évidence le rôle croissant joué par les fonds d’investissement dans les transferts sud-américains et européens. Ainsi, grâce au TMS, il a été facile de contraindre la direction du FC Barcelone à divulguer la vérité au sujet du transfert de la pépite brésilienne Neymar. Une mise en place plus précoce aurait pu également éviter l’affaire Tevez lors de son tranfert à Manchester City.

Le TMS constitue un véritable outil de reporting

Outre la transparence favorisée par le TMS, la FIFA a également récupéré le contrôle des informations concernant les transferts internationaux. Ainsi, le TMS est utilisé comme un véritable outil de reporting par la FIFA. Différents rapports sont produits chaque année par la FIFA et vendus aux différents acteurs intéressés (actionnaires, sponsors, agents de joueurs…). Lors du rapport concernant l’année civile 2013, la FIFA a ainsi enregistré 11 938 transferts internationaux générant 3,7 milliards de dollars d’indemnités. Cela constitue une hausse de 40,1% par rapport à l’année 2012.

montant transferts internationaux

Le TMS met également en évidence le comportement des nouveaux riches de Ligue 1 qui n’investissent pas forcément leur argent au sein du championnat national. En effet, deux formations du championnat français se retrouvent parmi les cinq plus gros investisseurs sur les marchés étrangers pour l’année 2013 : le PSG et l’AS Monaco sont accompagnés par Manchester City, Tottenham Hotspur et le Real Madrid. Les cinq clubs ont investi plus de 500 millions de livres sur l’année civile dans les marchés internationaux. Enfin, le TMS confirme le poids de plus en plus important pris par les pays du Moyen-Orient et la Chine qui se situent dans le top 20 des marchés internationaux.

Aujourd’hui, la limite du TMS concerne sa mise en place exclusivement dédiée aux transferts internationaux. Le système ne s’applique pas aux transferts au sein d’un même pays. Paradoxalement, la mise en place est plus difficile car elle doit s’adapter aux spécificités législatives des différents pays en matière de collecte de données et aux processus déjà mis en place par certaines Ligues. Mais la FIFA travaille actuellement sur un projet pilote qu’elle espère déployer au cours de l’année 2015. Une mise en place qui constituerait une bonne nouvelle dans la campagne de Sepp Blatter…

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