Stratégie

Vers la fin des quotas de joueurs étrangers en Super Lig turque ?

Alors que plusieurs championnats européens se posent la question d’insérer de nouveaux quotas de joueurs étrangers afin de favoriser la formation, la Super Lig turque va procéder à une manœuvre inverse visant à redonner de la compétitivité aux clubs de son championnat. Explications…

N’étant pas membre de l’Union Européenne et ne faisant pas partie de l’espace Schengen, la Turquie peut appliquer des lois contraires aux principes édictés par l’UE. Les dirigeants de la Super Lig turque – championnat de football de première division en Turquie – ont profité de cette liberté pour appliquer des quotas de joueurs étrangers au sein de son championnat.

Actuellement, les effectifs des clubs évoluant en première division turque ne peuvent pas contenir plus de huit joueurs étrangers. De plus, lors de la composition des groupes de 18 joueurs, les formations ne peuvent pas aligner plus de six éléments étrangers. Une restriction contre laquelle les grands clubs turcs manifestent depuis longtemps afin d’accroître leur compétitivité sportive au niveau européen.

La direction de la Super Lig turque assouplit la réglementation

Devant les protestations d’une multitude de dirigeants, la direction de la Super Lig turque a décidé de procéder à des modifications d’envergure. A partir de la saison 2015-16, les clubs pourront désormais posséder dans leurs effectifs jusqu’à 14 joueurs étrangers. Et 11 éléments étrangers pourront être inclus sur la feuille de match. Une décision qui permettra ainsi aux clubs de pouvoir composer une équipe composée exclusivement de joueurs non-issus de Turquie.

Les derniers résultats du football turc ont convaincu la direction de la Super Lig d’un nécessaire changement de stratégie. Devant encourager le football national turc, la stricte réglementation en matière de signature de joueurs étrangers n’a pas permis d’éviter la dégringolade de la sélection au classement FIFA. Située au 10ème rang du classement à la fin de l’année 2008, la sélection turque se retrouve désormais à la 48ème place mondiale. Quatrième de son groupe de qualification pour l’Euro 2016, la sélection turque a déjà hypothéqué une partie de ses chances de disputer le tournoi continental en France.

Beaucoup de clubs turcs sont soulagés par cette décision

En plus des problèmes de la sélection nationale, le championnat de Super Lig a subi un léger décrochage au cours des dernières années. Classé au 10ème rang à l’issue de la saison 2012-13 au classement des coefficients UEFA, le championnat turc se situe actuellement en 12ème position, menacé par le championnat grec. Une majorité de dirigeants de clubs turcs n’ont pas hésité à dénoncer la stricte réglementation en matière d’engagement de joueurs étrangers comme la responsable de cette baisse de compétitivité sportive.

Ces derniers ont ainsi indiqué que la restriction en matière de recrutement de joueurs étrangers a provoqué une vague inflationniste au sujet des joueurs nationaux. Ces derniers sont alors devenus trop chers par rapport à leur niveau de jeu. Un phénomène qui entraine une perte de compétitivité importante pour les grands clubs du pays. Les derniers bruits de transferts ne peuvent que donner raison aux dirigeants des clubs turcs : Bursaspor a dernièrement fixé un prix de 12 M€ pour vendre son jeune milieu défensif de 19 ans Ozan Tufan selon les médias locaux.

Cette libéralisation du marché turc a été saluée par de nombreux dirigeants. « Je ne pense pas que cela soit juste de limiter la présence des joueurs étrangers dans le championnat turc à travers des quotas » a ainsi affirmé Duygun Yarsuvat, président de Galatasaray. Même son de cloche du côté de Karabukspor : « Je supporte la décision de ne plus avoir de limite de joueurs étrangers. Ces dernières années, nous avons dépensé trop d’argent sur des joueurs nationaux à cause de la restriction » a ainsi commenté Tolunay Kafkas, manager de Karabukspor.

Les dirigeants de la Super Lig turque espèrent que l’arrivée de joueurs étrangers de renom dans le championnat permettra d’améliorer le niveau des joueurs nationaux en apprenant à leurs côtés. De plus, la Super Lig espère également combattre la vague inflationniste concernant les salaires distribués aux joueurs turcs. Une vague qui a occasionné des dégâts au sein de certaines formations : Galatasaray a accumulé plus de 80 M€ de pertes au cours des deux derniers exercices, contribuant à un alourdissement important de sa dette, dépassant désormais la barre des 100 M€.

niveau d'endettement galatasaray sk

Enfin, cet assouplissement de la restriction pourrait avoir des conséquences immédiates sur le marché européen.  Cherchant à enrôler un défenseur central lors de ce mercato hivernal, le Toulouse FC aurait jeté son dévolu sur le défenseur de la Lazio Michael Ciani. Malheureusement, le club de la ville rose doit affronter sur ce dossier la concurrence de nombreux clubs turcs…

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