La gestion financière d’un club professionnel est loin d’être un long fleuve tranquille. Entre une saison riche en événements et certaines activités venant fortement impacter les flux telles que les transferts de joueurs ; les services financiers manquent souvent de temps pour prendre du recul afin d’analyser et d’optimiser leurs process. Il est alors intéressant de faire appel à un DAF à temps partagé ou à un Copilote de Gestion pour structurer une feuille de route financière. Julien Delsenne, ancien Responsable du Contrôle de Gestion du Paris Saint-Germain et ayant dernièrement lancé sa propre activité de Copilote de Gestion 100% sport, a répondu à nos questions.
Dans quels cas un club professionnel peut-il avoir besoin d’un DAF à temps partagé ou d’un Copilote de Gestion ?
Il y a 3 principaux cas de figure où un club professionnel a recours aux services d’un Copilote de Gestion à temps partagé :
1 – Le club a besoin de renfort pour assurer son pilotage financier. Cette situation se produit généralement en cas d’absence longue de son responsable financier, ou face à un recrutement qui tarde à se concrétiser suite à un départ ou à une réorganisation interne. L’objectif de la mission de transition est alors de permettre une continuité dans le suivi financier, avec un haut niveau de qualité.
L’approche proposée à mes clients est « Plug & Play » :
- Je suis immédiatement opérationnel, grâce à mon expérience des sujets spécifiques au secteur du sport (réglementation, fonctionnement d’un club, aspects sportifs…) ;
- Je m’adapte aux priorités du moment, en m’appuyant sur une feuille de mission mise à jour régulièrement avec le client ;
- Je forme la future recrue afin de lui permettre de prendre en main son poste dans les meilleures conditions.
2 – Le club n’est pas en mesure de recruter un DAF-RAF ou un Contrôleur de Gestion, pour des raisons budgétaires ou car les besoins ne justifient pas une présence à temps plein. Mon intervention, sur un rythme part-time, consiste alors à poser les fondations du pilotage financier et à en assurer le suivi dans la durée.
3 – Le club a un besoin ponctuel d’accompagnement sur un sujet spécifique. Citons en exemples la simulation des impacts d’une promotion/relégation, la préparation des remontées aux instances de régulation type DNCG ou Fair-Play Financier ou encore l’élaboration de tableaux de bord financiers impactants.
En quoi la gestion financière d’un club professionnel diffère-t-elle d’une entreprise “classique” ?
A mes yeux, les clubs professionnels sont, à bien des égards, des entreprises comme les autres. En effet, leurs dirigeants ont des comptes à rendre à des actionnaires, emploient des salariés, se doivent d’œuvrer à l’équilibre financier de leur organisation…
Cependant, l’environnement spécifique dans lequel évoluent les clubs impacte leur gestion financière de différentes manières.
La place accrue de l’activité de transferts de joueurs dans le modèle économique des clubs implique une maîtrise des mécanismes financiers associés. Les périodes de mercato sont devenues des moments clés pour la survie de certains clubs. Et un mercato réussi se prépare, afin de pouvoir prendre des décisions de façon réactive et sur la base des données financières pertinentes.
La diminution drastique des revenus liés aux droits TV en France, combinée à l’aléa sportif inhérent aux compétitions sportives, oblige à un suivi très fin de la trésorerie et des besoins de financement.
Les instances de régulation financière, type DNCG ou Fair-Play Financier, imposent le respect d’indicateurs et d’un format de reporting spécifique.
La flexibilité de l’accompagnement par un Copilote de Gestion permet de renforcer la maîtrise de ces sujets clés, au moment où le club en a le plus besoin.
L’apport régulier d’un regard extérieur est-il nécessaire pour un club afin de solidifier ses process financiers ?
Très bonne question. J’ai pu constater que, bien souvent, les équipes en place sont accaparées par les travaux récurrents, du type clôture comptable ou reporting aux instances de régulation, et par la gestion des urgences du quotidien. Il ne reste ainsi que peu de bande passante disponible pour prendre du recul sur les éléments produits et améliorer les process financiers.
C’est pourquoi l’apport d’un regard extérieur me semble être un véritable atout pour de nombreux clubs, afin de :
- mettre en place des outils adaptés au suivi du budget des différentes activités du club ;
- fournir des analyses pertinentes aux décideurs ;
- faire avancer les projets structurants au sein d’une feuille de route Finance (outils, automatisation, recrutements).
Avec quels clubs avez-vous déjà collaboré depuis le lancement de vos activités ? Qui sont en général vos interlocuteurs dans les clubs ?