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Le football européen à la merci des tensions géopolitiques ?

Photo PA Images / Icon Sport

Au cours des dernières décennies, de nombreux clubs européens ont connu une profonde transformation de leur actionnariat, accueillant à bras ouverts des investisseurs internationaux afin de satisfaire leur développement économico-sportif. La montée des tensions géopolitiques et la progression de politiques souverainistes peuvent-elles interrompre cette dynamique ? Les principaux acteurs du football européen doivent-ils prendre des mesures pour mieux anticiper l’évolution des relations internationales et les décisions qui en découlent ? Robin Souclier, Associate Managing Director chez Kroll, nous livre ses analyses. Entretien.

L’actionnariat des clubs européens de football s’est considérablement internationalisé ces dernières années. La montée des tensions géopolitiques et des politiques souverainistes peuvent-elles mettre à mal cette tendance ?

Depuis 2018, le bouleversement de l’actionnariat des clubs européens est porté par l’arrivée massive de capitaux privés injectés par des acteurs de private equity, de venture capital, par des fonds de dettes, et des HNWI (ndlr : High Net Worth Individual), indépendamment de motivations idéologiques, identitaires, et nationalistes. Ces investissements sont motivés par des promesses de rentabilité et de retour sur investissement et le marché se structure en fonction des mêmes impératifs : les clubs sont des actifs premium jugés sur leur valeur financière intrinsèque et leur potentiel de développement.

« Le marché se structure autour de la multipropriété des clubs »

Aujourd’hui, le marché se structure autour de la multipropriété des clubs, promesse de synergies et de rationalisation des coûts. La multipropriété est majoritairement le fait de fonds américains à l’instar de RedBird Capital. Les freins principaux à l’internationalisation de l’actionnariat des clubs européens sont peut-être la méfiance et l’hostilité persistante des bases populaires des clubs à l’arrivée d’acteurs étrangers, illustrées par la règle du « 50 +1 » en Bundesliga, et le renforcement des réglementations au sein des instances européennes face à la mise en péril de l’intégrité sportive et de l’équité des compétitions.

En 2022, le club de Chelsea FC a été dans l’obligation de changer de propriétaire dans l’urgence en raison de la situation géopolitique. A l’avenir, d’autres clubs européens pourraient-ils connaître une situation similaire ?

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