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Ballon d’Or : comment rendre le trophée plus « juste » ?

L’édition 2026 du trophée a donné lieu à une campagne médiatique quasiment inédite : Kylian Mbappé et Lamine Yamal ont fait la tournée des médias pour défendre leur candidature. Le plan a failli fonctionner, puisque selon France Football le Français a mené la danse jusqu’à très récemment. C’est finalement Harry Kane, le plus discret des trois, qui l’a emporté. Par Tancrède Thiellay, Consultant en stratégie et auteur de la note pour Terra Nova, Le football européen : un marché sans arbitre.

Ballon d'Or - Kane

 Harry Kane recevant son Ballon d’Or. Photo : Xinhua – Icon Sport

Yamal assurait sur Movistar+ que « Mbappé et moi sommes les deux meilleurs joueurs du monde » ; Mbappé, dans l’Equipe, qu’ « il n’y a pas un seul joueur qui a fait une meilleure saison que moi ». Kane, lui, est resté plus en retrait. Après son sacre, un seul message sur X : « travailler dur, en silence, et laisser le succès faire le bruit ». Les votants lui ont donné raison. Le Ballon d’Or n’est pas – encore – devenu le concours de la plus grande star.

Le Ballon d’Or reste en revanche le concours des buteurs. Michael Olise, meilleur passeur du Mondial et meilleur joueur de Bundesliga, n’est que 9e. Vitinha, homme du match de la finale de la Ligue des Champions, doit se contenter de la 14e place. Aucun défenseur dans le top 10, et pas un gardien dans les nommés.

Le mode de vote explique largement ces « oublis ». Cent journalistes, un seul par pays des 100 premiers du classement FIFA, classent leurs dix meilleurs joueurs parmi trente nommés. Ils décident selon trois critères, théoriquement hiérarchisés mais dans les faits assez flous : la performance individuelle, décisive et impressionnante ; les résultats collectifs et les trophées ; la classe et le fair-play. Surtout, la saison évaluée s’est arrêtée mi-juillet quand les votes couraient jusqu’à fin septembre, en pleine campagne des joueurs et une fois les compétitions reprises.

Résultat ? On vote sur des images, un but imprimant plus qu’un tacle ou qu’une passe. Les premiers matchs de la nouvelle saison brouillent par ailleurs les souvenirs d’une saison qui paraît déjà loin.

Cinq idées pour un vote plus juste

Plusieurs jurés par pays. Aujourd’hui, un pays n’est représenté que par un journaliste, avec ses biais et ses angles morts. Faire voter plusieurs journalistes et retenir la moyenne de leurs points limiterait le risque de votes saugrenus.

Voter à la fin de la saison. Fermer le vote début août, avant que les championnats ne reprennent et que les campagnes puissent battre leur plein.

Un trophée par poste. Un trophée du meilleur défenseur et du meilleur milieu, comme il en existe déjà pour les gardiens, rendrait justice aux Vitinha, Cubarsi et consorts.

Justifier ses choix. Chaque juré ou jury national pourrait expliquer son podium en quelques lignes, au regard notamment de sa lecture des critères.

Pas de vote pour ses compatriotes. Comme à l’Eurovision, interdire de voter pour les siens limiterait (un peu) le chauvinisme.

Le vote parfait n’existe par définition pas. Un vote moins sensible au bruit et moins favorable aux buteurs, si.

Par Tancrède Thiellay, Consultant en stratégie et auteur de la note pour Terra Nova, Le football européen : un marché sans arbitre.

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