Club emblématique de Premiership Rugby, les Chiefs ont accusé de lourdes pertes financières au cours des derniers exercices. Son propriétaire cherche à attirer de nouveaux investisseurs pour écrire une nouvelle page de l’histoire du club. Les futures réformes du championnat d’élite anglais pourraient l’aider dans cette quête de capitaux frais. Eclairage.
10,3 m£ (11,9 m€). C’est le résultat net déficitaire accusé par Exeter Chiefs au terme de la saison 2024-25 selon les comptes dernièrement publiés par la société Exeter Rugby Group, contrôlant le club de rugby ainsi que l’ensemble des activités organisées au Sandy Park.
Ces lourdes pertes sont notamment liées à la dépréciation de prêt à une société associée concernant l’acquisition d’un hôtel jouxtant Sandy Park. Une opération qui a entrainé une charge de 6,2 m£ (7,1 m€) dans les comptes du club.
Toutefois, en excluant cette dépréciation, Exeter Chiefs affiche tout de même une perte sèche avant impôt supérieure à 3 m£ (3,5 m€), dégradant ainsi son niveau de profitabilité par rapport à la saison précédente, à l’issue de laquelle club avait affiché des pertes de l’ordre de 0,9 m£.
Au niveau sportif, Exeter Chiefs a connu une saison difficile l’an dernier, terminant l’exercice à une peu envieuse 9e place. Des résultats décevants qui ont entrainé une (petite) érosion des affluences à Sandy Park. Et ont eu naturellement des conséquences sur les activités rugby du groupe : le chiffre d’affaires a reculé de 8% pour se situer à 17,6 m£ (20,3 m€). Les revenus hors rugby tirés de Sandy Park se sont, quant à eux, stabilisés autour de 2,5 m£.
Des difficultés économiques profondes en Premiership Rugby ?
Exeter Chiefs n’est évidemment pas le seul club de Premiership à accuser des pertes au cours des dernières saisons. Depuis la crise du Covid-19, l’ensemble de l’écosystème du championnat anglais souffre fortement, avec plusieurs formations ayant disparu pour des raisons économiques dont les Wasps, London Irish ou encore Worcester au cours des dernières saisons. L’élite a ainsi été resserrée à 10 clubs contre 13 formations en 2022.
« Pour faire simple, les coûts surpassent les revenus dans cette compétition » nous résume Dr Dan Plumley, Maître de Conférences spécialisé en économie du sport à Sheffield Hallam University. Pourtant, un plafond salarial strict, à hauteur de 6,4 m£, est en vigueur au sein du championnat. Mais son niveau et sa configuration – des exclusions et exceptions permettent aux clubs de dépasser ce seuil – rendent toujours extrêmement difficile l’atteinte du seuil de rentabilité.
« Malgré un plafond salarial, les clubs de Premiership ont du mal à contrôler leurs coûts. Les salaires des joueurs restent proportionnellement le poste de dépenses le plus important, et les revenus générés ne suffisent pas à tenir le rythme » analyse Dr Dan Plumley. Pour corroborer les dires de notre expert, la masse salariale chargée d’Exeter Chiefs a représenté l’an dernier 70% du chiffre d’affaires total du groupe et… 80% du CA rugby du club !
« Les contrats TV n’ont pas connu de forte croissance ces derniers temps. Cela met davantage la pression sur la hausse des recettes en jour de match mais la croissance des affluences n’est pas assez importante pour couvrir les coûts. Au final, ce sont les propriétaires qui doivent payer la note pour permettre aux clubs de continuer à fonctionner » poursuit notre expert.
Quels investisseurs pourraient être intéressés par Exeter Chiefs ?