Bon nombre de clubs de Ligue 1 ont recours massivement au marché des transferts pour combler leurs pertes d’exploitation. Un phénomène qui pourrait encore se renforcer avec la chute drastique des revenus audiovisuels. Eclairage.
« Le modèle économique sur lequel nous reposons depuis plusieurs décennies, avec les deux piliers des droits audiovisuels et du système des transferts, est questionné. Il faut que nos clubs puissent intégrer cette donnée pour que nous adaptions notre modèle. » C’est en ces termes que Philippe Diallo, Président de la FFF, décrivait au mois de mars dernier les difficultés économiques rencontrées par le football professionnel français et la nécessité de changer de modèle, dans les colonnes du Monde.
En effet, avant même l’effondrement spectaculaire des droits audiovisuels, la plupart des clubs de Ligue 1 avaient pris pour habitude de compenser en grande partie leurs (importantes) pertes d’exploitation par la vente de joueurs sur le marché des transferts. Sur la période 2022-24, les plus-values enregistrées sur les cessions de joueurs ont ainsi représenté environ 20% du total des produits encaissés par les différentes formations de l’élite.
Cette activité a pris une telle ampleur que certains clubs ont d’ailleurs décidé comptablement d’intégrer les plus-values sur cession de joueurs directement aux produits d’exploitation. Alors que ces dernières étaient traditionnellement considérées comme des produits exceptionnels. « Le trading de joueurs a pris une place importante ces dernières années. C’est devenu un véritable moyen de financer les activités. Les transferts sont ainsi devenus des opérations courantes dans de nombreux clubs » analyse Julien Delsenne, ancien Responsable du Contrôle de Gestion au PSG et accompagnant désormais de nombreux clubs professionnels français dans leur gestion financière.
« Sur le plan comptable, depuis deux ans maintenant, nous intégrons la vente de joueurs à l’exploitation » nous renseignait dernièrement Grégory Ursule, Manager Général du Rodez Aveyron Football, club qui a pourtant durant longtemps cherché à limiter sa dépendance au marché des transferts pour équilibrer ses comptes.
Du côté de la DNCG, depuis de nombreuses années déjà, on reclasse dans une catégorie à part les plus-values sur cession de joueurs afin d’obtenir une meilleur lisibilité des comptes des différents clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. « Ce reclassement permet de visualiser très précisément le résultat ou la perte d’exploitation des différents clubs. On peut comparer les différentes formations de manière iso, peu importe si elles classent les plus-values en produits exceptionnels ou dans les opérations courantes » décrypte Julien Delsenne.
Qui sont les rois du trading en Ligue 1 ?