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« Dans le football actuel, les supporters sont devenus l’indispensable douzième homme »

interview nicolas hourcade supporters
katatonia82 / Shutterstock.com

La composition des tribunes de Ligue 1 a-t-elle évolué au cours des dernières années ? Assiste-t-on à un phénomène de gentrification des tribunes similaire à la Premier League ? Quelle place est désormais réservée aux groupes ultras ? Au cours d’un long et passionnant entretien, Nicolas Hourcade, Professeur Agrégé de Sciences Sociales à l’Ecole Centrale de Lyon et Membre de l’Instance Nationale du Supportérisme, nous livre ses analyses concernant l’évolution des tribunes de L1.

De nombreux clubs français ont cherché au cours des derniers mois à améliorer l’expérience spectateur, en offrant de nouveaux services en amont et en aval de leurs rencontres. Un développement qualifié par certains chercheurs de « disneylandisation » des stades et qui s’oppose à la culture ultra revendiquée par les groupes de supporters. Est-il possible de concilier tous les publics au sein d’une même enceinte de football ?

Oui, c’est possible, c’est d’ailleurs le cas en Allemagne depuis une quinzaine d’années et c’est aujourd’hui le modèle que suivent la plupart des grands clubs français. L’Angleterre et l’Allemagne ont été confrontées à de graves problèmes de violence et de racisme. Ces deux pays ne les ont cependant pas traités de la même manière. Ils ont chacun rénové leurs stades et intensifié leur lutte contre le hooliganisme. Mais les Anglais ont ratissé large pour être sûrs d’écarter tous les hooligans et les prix des places ont explosé. Les Allemands ont cherché, eux, à cibler les seuls fauteurs de troubles tout en préservant le supportérisme actif et en conservant des tarifs accessibles derrière les buts. Dans les stades anglais, les places assises ont été généralisées alors que les stades allemands ont gardé des gradins debout. Les grands clubs anglais accueillent ainsi un public relativement uniforme, c’est d’ailleurs ce que le PSG a cherché à faire entre 2011 et 2016, tandis que les stades allemands proposent divers espaces et sont ouverts à une pluralité de publics. Les classes populaires n’ont pas été évincées des stades en Allemagne, mais le public s’est élargi.

C’est le modèle de nombreux clubs français, comme l’Olympique Lyonnais. En changeant de stade, l’OL a cherché à conserver son public traditionnel en l’assurant de son importance. Les groupes de supporters ont toute leur place au Parc OL, les tarifs des abonnements en virages restent accessibles, les Bad Gones ont pris de l’ampleur dans leur nouveau virage nord qui est beaucoup plus adapté pour l’ambiance et les tifos, les coursives des deux virages ont été peintes par les groupes de supporters. Dans le même temps, l’OL s’est efforcé d’enrichir son expérience spectateur pour accueillir et fidéliser de nouveaux publics. Le prix des places au match est élevé pour les grandes affiches mais des efforts tarifaires sont faits pour les autres rencontres, notamment au troisième anneau. Les parkings sont payants, le merchandising omniprésent, la consommation encouragée, les services numériques développés, mais les supporters les plus actifs savent que c’est le prix à payer pour que le club reste performant et pour qu’ils bénéficient, eux, de tarifs plus accessibles.

Lors de l’inauguration du nouveau stade de Bordeaux, les responsables des Ultramarines…

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