Indicateur analysé avec précision pour évaluer la situation bilantielle d’une entreprise, un bon gearing peut permettre d’accéder à des conditions de financement plus favorables. Or, peu de clubs de Ligue 1 affichent un gearing satisfaisant en capacité de rassurer les établissements bancaires et autres financeurs. Décryptage.
« Je veux acheter le stade en inscrivant cet actif à notre bilan. Et je veux le faire avec des fonds propres plutôt que de la dette. » Voilà comment Joseph Oughourlian, président du RC Lens, formulait devant la presse son désir de devenir propriétaire du stade Bollaert-Delelis au mois de février dernier. Un désir devenu dernièrement réalité puisque le club artésien a acté le rachat de l’enceinte le 14 décembre dernier.
Cette nécessité de trouver le bon équilibre entre fonds propres et dettes n’est pourtant pas toujours présente à l’esprit des décideurs de Ligue 1. Alors que le ratio dettes financières nettes sur capitaux propres – appelé gearing par les experts de la finance – donne une bonne photographie de la structure de financement d’une entreprise et un premier aperçu de sa solidité financière ; très peu de clubs de L1 affichent un résultat satisfaisant.
« Le gearing est un ratio important qui est étudié par les banques, de futurs acheteurs ou encore certaines instances régulatrices. Il permet de voir en un coup d’œil si le club est bien capitalisé ou trop endetté » nous explique Mathieu Guyot, Consultant chez MG Impact et spécialiste des questions financières concernant les clubs professionnels.
Alors que dans des industries dites classiques, une entreprise doit afficher un gearing inférieur à 1 pour être considérée comme moyennement endettée ; très rares sont les clubs professionnels français à être en-dessous d’un tel ratio ! « Pourtant, plus un modèle économique est volatile, plus il faut être sévère dans l’appréciation du gearing. En théorie, un club doit présenter un bilan bien capitalisé et un niveau d’endettement relativement faible pour pouvoir faire face à d’éventuelles pertes. Mais les clubs sont généralement sous-capitalisés » observe Mathieu Guyot.
Un indicateur qui aurait même eu tendance à se dégrader au cours des dernières saisons. Bien que les clubs français aient encore difficilement accès aux prêts bancaires classiques ; ces derniers peuvent davantage recourir à l’endettement que par le passé pour financer leurs activités. « Des produits structurés ont été mis en place par certains acteurs. Les clubs ont désormais accès à un marché de la dette qui n’existait pas auparavant » poursuit Mathieu Guyot.
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