Interview

Fonds d’investissement et clubs de football sont-ils conciliables ?

REUTERS PASCAL ROSSIGNOL - stock.adobe

Le football n’est clairement pas une activité économique comme une autre. Un investisseur souhaitant opérer un premier mouvement dans ce secteur doit être conscient des nombreuses spécificités liées au ballon rond. D’où la nécessité pour les nouveaux entrants sur le « marché » footballistique, tels les fonds d’investissement, d’adapter au mieux leur approche pour atteindre leurs objectifs. Lors d’un entretien accordé à Ecofoot.fr, l’avocat d’affaires Me Didier Poulmaire livre ses précieux conseils pour que clubs de football et fonds d’investissement fassent bon ménage.

Au cours des dernières années, de plus en plus de fonds d’investissement, notamment américains, ont pris des participations dans des clubs européens de football. Un mouvement qui a également gagné la France avec notamment les exemples des Girondins de Bordeaux, du LOSC ou encore du TFC. Comment peut-on expliquer ce nouvel « appétit » des fonds pour le football professionnel européen ?

Le football européen a connu un incroyable essor ces dernières années, à tout point de vue et en particulier au niveau économique. À l’heure où les grands groupes de média se livrent une guerre commerciale impitoyable à l’échelle planétaire, le football est devenu un « spectacle » d’une puissance unique, susceptible de servir de produit d’appel pour ces grands groupes. Avec malheureusement les risques inhérents à toute surenchère commerciale, à l’image du cataclysme Mediapro en France.

Certains fonds d’investissement observaient attentivement cette évolution depuis plusieurs années, et il était évident qu’ils allaient tôt ou tard rentrer dans le jeu. Certains ont commencé dès les années 80-90 à s’intéresser à la spéculation que pouvaient générer l’achat et la revente des droits économiques attachés aux transferts des joueurs. Tout d’abord en Argentine et au Brésil, ce mécanisme de tierce propriété de droit économique des joueurs – dit « TPO » pour « third party ownership » – s’est ensuite rapidement propagé en Europe dans les années 2000-2010. Cette pratique a toutefois donné lieu à de multiples dérives et était susceptible d’impacter négativement le football, en transformant les joueurs en simple « produits de spéculation ». L’interdiction de la TPO par la FIFA le 1er mai 2015 est venue très justement stopper cette pratique dangereuse.

« Les fonds américains ont été très sensibles à la dimension globale et mondiale du football »

Certains fonds se sont alors intéressés à l’autre manière de spéculer sur les transferts des joueurs, c’est-à-dire en acquérant la propriété d’un club. Cette arrivée des fonds dans la propriété des clubs était d’autant plus simple que nombre d’entre eux se trouvaient dans une situation économique difficile, et qu’en parallèle la valeur des droits TV s’envolait. Les fonds américains ont été très sensibles à la dimension globale et mondiale du football. Ils ont réussi sur leur marché domestique à profiter du formidable essor du sport business. Ils pensaient alors que la puissance émotionnelle du football, son rayonnement mondial et la force de certaines marques – notamment des clubs historiques de Premier League – leur offriraient le même potentiel de plus-value que sur le marché US. Dès que le marché des clubs anglais s’est trouvé saturé, les fonds américains se sont naturellement tournés vers l’autre grand marché du football européen, à savoir la France.

Les fonds de capital-risque s’inscrivent généralement dans une logique de court-moyen terme (3 à 7 ans) pour atteindre le rendement escompté. Ce mode de fonctionnement est-il compatible avec la gestion d’un club de football professionnel ?

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