Interview

« Le potentiel d’internationalisation des clubs français est important »

REUTERS / GONZALO FUENTES - stock.adobe.com

Malgré le contexte économique difficile, plusieurs clubs professionnels français sont parvenus au cours des derniers mois à attirer de nouveaux investisseurs internationaux au sein de leur capital social, à l’image du Toulouse FC, du SM Caen, de l’ESTAC ou encore du Paris FC. Si la capacité du football français à former les pépites de demain – et à engranger les plus-values sur le marché des transferts – se révèle être un atout déterminant, d’autres caractéristiques propres au marché hexagonal aiguisent l’appétit des investisseurs internationaux. Lors d’un entretien accordé à Ecofoot, Pr Simon Chadwick, Directeur du Center for Eurasian Sport Industry de l’EM Lyon et Spécialiste des questions liées à la géopolitique du sport, nous livre ses analyses.

Malgré la crise sanitaire doublée d’une crise économique, plusieurs clubs français sont parvenus dernièrement à attirer des investisseurs étrangers à l’image du Paris FC, du SM Caen, du Toulouse FC ou encore de l’ESTAC. Comment expliquez-vous de telles transactions ? Comment le football professionnel français parvient-il à attirer les investisseurs internationaux ?

La France est perçue comme un marché intéressant par les investisseurs internationaux. Elle dispose d’une population relativement importante et dotée d’un fort pouvoir d’achat. Et malgré des performances sportives en-deçà de ses voisins européens, la Ligue 1 est tout de même considérée comme l’un des cinq principaux championnats du Vieux Continent.

Par ailleurs, par rapport aux clubs de Premier League, de Liga voire de Bundesliga, les formations françaises sont perçues comme des clubs « sous-développés » d’un point de vue commercial. En menant une politique d’investissement, tout en y associant de nouvelles compétences dans le management, les investisseurs pensent pouvoir créer de la valeur à partir de leur nouvelle acquisition. D’où leur intérêt pour les clubs de Ligue 1.

De plus, les opportunités au sein des principaux championnats européens se raréfient avec le temps. Les clubs de Premier League sont devenus extrêmement chers. Par exemple, le prix de vente de Manchester United est estimé à plus de 3 milliards de dollars ! Un montant qui est jugé prohibitif, même par de puissants investisseurs. Il est alors très difficile d’obtenir un retour sur investissement rapide en acquérant un actif sportif d’une telle nature. En Espagne, les prix ont quelque peu flambé également ces dernières années. Et, en Allemagne, la règle du 50+1 freine considérablement les investisseurs issus de l’étranger. En revanche, en France, le ratio qualité/prix est jugé bon par les investisseurs. Des investisseurs internationaux qui sont d’ailleurs plutôt bien accueillis par l’écosystème du football professionnel français.

Enfin, et c’est sans doute l’argument décisif, les clubs français bénéficient d’une très solide réputation en matière de formation. Un très grand nombre de joueurs de classe internationale ont été formés ou révélés par le football professionnel français. L’Olympique Lyonnais constitue sans doute l’un des meilleurs exemples en la matière : le club a cédé plusieurs des pépites de son centre de formation pour plusieurs dizaines de millions d’euros aux plus grands clubs européens à l’image d’Alexandre Lacazette, de Samuel Umtiti ou de Corentin Tolisso. Suivant un autre modèle, un club comme l’AS Monaco est également capable de générer d’importantes plus-values sur le marché des transferts grâce à un gros travail de détection et de post-formation auprès des jeunes pépites européennes. Les clubs français ont cette capacité à enregistrer d’importantes plus-values sur le marché des transferts et cette caractéristique attire particulièrement les investisseurs.

Comment se fait-il que la crise économique n’ait pas freiné les investissements étrangers dans le football professionnel français ?

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