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Comment Newcastle United compte-t-il devenir un géant du football européen ?

Photo PA Images / Icon Sport

Bien qu’il ait été un des principaux animateurs du dernier mercato hivernal, Newcastle United ne s’est pas laissé aller à des folies dans sa stratégie d’investissement. Malgré la prise de contrôle par le fonds souverain d’Arabie Saoudite, la nouvelle direction des Magpies semble vouloir prendre son temps en déroulant pas à pas sa feuille de route pour orchestrer l’ascension du club. Une stratégie aux antipodes des recettes appliquées jusqu’à présent par les « nouveaux riches » du football européen. Eclairage.

Alors qu’une pluie de stars était attendue sur les rives du Tyne au mois de janvier dernier, aucun joueur majeur du football international n’a débarqué à Newcastle United lors du dernier mercato hivernal. Les supporters des Magpies ont dû se contenter d’un recrutement « british » pour corriger les faiblesses immédiates d’un effectif en difficulté avec, tout de même, en guise de cerise sur le gâteau, la signature dans les derniers jours de la fenêtre des transferts de l’international brésilien Bruno Guimarães en provenance de l’Olympique Lyonnais contre un investissement de 42,1 m€ plus 8 m€ de bonus.

Si la puissance de son nouvel actionnaire majoritaire – le fonds souverain d’Arabie Saoudite PIF – a permis à Newcastle United de dégainer une centaine de millions de livres sterling pour attirer de nouveaux joueurs ; aucun achat compulsif n’a été entrepris pour assouvir des désirs (prématurés) de grandeur. La nouvelle équipe de direction ne s’est pas adonnée à une politique de surinvestissement généralement mise en place par les clubs qualifiés de « nouveaux riches » pour attirer leurs premières stars.

« Les clubs vendeurs ont tendance à tirer les prix vers le haut quand ils sont sollicités par des formations disposant d’un puissant actionnaire à leur tête. Des clubs comme le Paris Saint-Germain ou encore Manchester City FC ont été confrontés à cette situation. Lors du dernier mercato hivernal, Newcastle United est parvenu à échapper à cette réalité. Le club s’en sort très bien en payant les joueurs nouvellement acquis au prix du marché. Le club n’a pas cherché à se mettre en position de surinvestissement pour attirer absolument des stars. De toute évidence, la situation sportive ne s’y prêtait pas » analyse ainsi Me Badou Sambagué, Avocat Mandataire Sportif. « Au cours des derniers mois, la direction de Newcastle United a sans doute reçu des centaines de propositions provenant d’agents et autres intermédiaires. Plutôt que de se jeter immédiatement dans la gueule du loup, le club a préféré passer par une phase d’observation du marché sans se mettre de pression » abonde dans le même sens Olivier Jarosz, membre du Board de LTT Sports, cabinet de conseil en stratégie et management du football professionnel.

Rationalité économique et maintien en Premier League

Newcastle United a également pu profiter d’un contexte économique favorable aux investisseurs pour réaliser ses emplettes sans subir la traditionnelle « inflation » des prix imputée à un nouveau riche du football européen. En raison de la crise du Covid-19 et de certains soubresauts économicopolitiques, les clubs européens se sont livré une concurrence moins féroce sur le marché des principaux talents. « En cette période de sortie de crise du Covid-19, le prix des joueurs sur le marché des transferts a même eu tendance à baisser pour la première fois depuis plusieurs décennies. Cela constituait alors une bonne fenêtre de tir pour investir » avance ainsi Olivier Jarosz.

« Newcastle United s’en sort très bien en payant les joueurs nouvellement acquis au prix du marché »

Me Badou Sambagué – Avocat Mandataire Sportif

Si l’approche relativement prudente adoptée par Newcastle United lors du dernier mercato a été facilitée par le contexte économique, elle répond néanmoins à un plan pensé en amont par ses nouveaux décideurs pour répondre aux défis du moment. « Dans le mode opératoire mis en place par Newcastle United, on observe une sorte de convergence entre ambitions sportives à court terme et volonté politique de ne pas se livrer immédiatement à une stratégie ostentatoire d’investissement. La nouvelle direction cherche à faire profil bas pour se faire accepter au sein de l’écosystème du football anglais et européen. N’oublions pas que les tractations ont duré plus de 18 mois avant que la vente ne soit bouclée. De nombreuses réserves ont été exprimées concernant l’identité du repreneur au sein du football anglais » indique ainsi Renaud Régner, Managing Director chez Kroll. « Par ailleurs, Newcastle United a voulu sécuriser des recrues pour répondre à son objectif numéro un à court terme : assurer le maintien du club en Premier League. Newcastle United a essentiellement misé sur des joueurs connaissant très bien le championnat anglais » poursuit alors notre expert habitué des transactions au sein du football européen.

Une politique qui n’est pas circonscrite aux joueurs. Au niveau de l’encadrement sportif, les premières décisions prises par Amanda Staveley, nouvelle patronne opérationnelle du club, ont aussi pu surprendre. Alors que la nomination d’un entraineur de classe internationale sur le banc des Magpies était attendue par les observateurs ; la direction a préféré introniser… Eddie Howe, ex-coach de Bournemouth FC, au mois de novembre dernier. Concernant le poste de directeur sportif, le choix devrait également se porter sur un fin connaisseur du football anglais puisque Dan Ashworth, ancien directeur technique de Brighton & Hove Albion FC, est pressenti pour occuper le poste.

« Dans le mode opératoire, on observe une convergence entre ambitions sportives à court terme et volonté politique de ne pas se livrer immédiatement à une stratégie ostentatoire d’investissement »

Renaud Régner – Managing Director – Kroll

D’autre part, certains collaborateurs de première importance, déjà en place avant la prise de contrôle de Newcastle United par PIF, ont été maintenus dans leurs fonctions malgré les changements actionnariaux. C’est le cas par exemple de Steve Nickson, patron du recrutement des Magpies, qui a conservé ses prérogatives. « Steve Nickson connait parfaitement le fonctionnement et l’environnement de Newcastle United. Amanda Staveley a besoin de s’appuyer sur de tels profils pour mettre en place son projet. Tout dépendra ensuite de l’urgence ou non à obtenir des résultats à la hauteur des nouvelles ambitions du club » nous précise ainsi Me Badou Sambagué.

PIF veut-il transformer Newcastle United en cador européen ?

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