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Premier League, une nouvelle ère financière favorable aux investisseurs ?

La Premier League vient de se doter d’un nouveau logiciel financier. En cette saison 2026-27, le Squad Cost Ratio (SCR) vient remplacer les Profitability and Sustainability Rules (PSR), régulièrement critiquées au cours des dernières années. La limite de 105 m£ (120 m€) de pertes sur trois exercices glissants disparaît au profit d’un ratio encadrant directement le coût des effectifs. Plus lisible et mieux alignée sur le cadre de l’UEFA, la réforme doit consolider la santé financière des clubs sans brider leur développement. Mais, en indexant les dépenses sportives sur les revenus, elle pourrait aussi figer la hiérarchie ou encore accélérer le développement du multi-club ownership (MCO). Décryptage.

Premier League nouvelle réglementation financière

Photo SPI – Icon Sport

Fini le PSR, bienvenu au SCR. En plus de s’habituer à ces sigles barbares, les fans de Premier League vont devoir jongler avec les concepts financiers pour mieux appréhender les stratégies déployées de développement de leur club. Car avec l’adoption du Squad Cost Ratio en cette saison 2026-27, la Premier League change de philosophie en matière de régulation financière.

Cadre fixant les principales règles de régulation financière jusqu’à l’an dernier, le PSR raisonnait en résultat comptable. Après plusieurs retraitements — notamment pour les académies, les équipes féminines, les infrastructures et les actions communautaires — un club ne pouvait pas enregistrer plus de 105 m£ (120 m€) de pertes cumulées sur trois ans. Plusieurs clubs ont subi des retraits de points pour avoir franchi cette limite à l’image d’Everton FC ou encore de Nottingham Forest. Ce dispositif avait également ses angles morts, encourageant notamment des cessions précipitées de joueurs ou encore d’actifs à l’approche des clôtures comptables pour rester dans les clous.

Le SCR, introduit en cet exercice 2026-27, limite, lui, les coûts sportifs à 85 % des revenus liés au football, augmentés du résultat net des cessions de joueurs. Sont concernés par cette limitation les salaires des joueurs et de l’entraîneur principal, les commissions d’agents ainsi que l’amortissement et les dépréciations des transferts. Les coûts administratifs, ceux des académies et des équipes féminines sont exclus. Le système libère donc les investissements dans le stade, l’expérience spectateur ou encore la formation. Le ratio sera contrôlé pendant la saison, avec un test principal au 1er mars.

Aligné sur le règlement de l’UEFA, le seuil anglais est néanmoins plus permissif car l’instance européenne a fixé son propre Squad Cost Ratio à 70% du chiffre d’affaires. Les 15 points supplémentaires doivent aider les clubs non-européens à viser une qualification continentale tout en amortissant les effets d’une non-qualification ponctuelle pour les cadors du championnat anglais.

Et la différence avec le mécanisme mis en place par l’UEFA ne s’arrête pas au niveau du seuil. La Premier League a introduit un dispositif offrant plus de souplesse aux clubs anglais dans la gestion de leurs dépenses sportives. Chaque club débute avec une tolérance pluriannuelle de 30 points de pourcentage : son « seuil rouge » est donc initialement fixé à 115 %. Cette marge n’est ni un nouveau plafond permanent ni une réserve annuelle renouvelée automatiquement. Lorsqu’une équipe dépasse 85 %, sa tolérance de la saison suivante est réduite du même nombre de points. Un club affichant un SCR de 100 % lors de la première saison consomme ainsi 15 points de marge et ne dispose plus que d’un seuil rouge à 100 % l’année suivante. Une saison conforme permet ensuite de reconstituer 10 points de tolérance, dans la limite de 30.

Entre les seuils vert et rouge, le dépassement peut entraîner un prélèvement financier — applicable à partir de 2027-28. Au-delà du rouge, la sanction devient sportive : six points de retrait, plus un point par tranche de 6,5 m£ dépensée en excès. La règle offre ainsi une tolérance temporaire, mais pénalise les dépassements répétés et vise des sanctions pendant la saison concernée. Les clubs anglais qualifiés pour les compétitions européennes sont évidemment tenus de respecter le règlement UEFA, plus strict dans son application, sous peine de sanctions prononcées par l’instance européenne.

Le SCR s’accompagne des règles de Sustainability and Systemic Resilience (SSR), qui testent le fonds de roulement, la liquidité et les capitaux propres. Des mécanismes additionnelles qui permettent de surveiller le bilan des clubs.

Plusieurs dirigeants de Premier League ont dernièrement salué l’introduction de telles règles. Parmi eux, on retrouve Billy Hogan, Directeur Général de Liverpool FC. Avant même la mise en place du SCR, il s’était déclaré favorable au passage à une règle de coût d’effectif. « Nous pensons que les clubs doivent être gérés de manière durable sans perdre d’argent » insistait-il alors pour défendre son point de vue.

Validée à l’automne dernier, cette réforme a néanmoins reçu le nombre minimal de votes requis (14) pour passer. Six clubs se sont opposés à cette mesure dont Bournemouth, Brentford, Leeds ou encore Crystal Palace selon la BBC. Des clubs qui redoutent qu’un tel mécanisme ne fige totalement la hiérarchie en Premier League.

Steve Parish, dirigeant de Crystal Palace, est à la tête de la fronde contre cette nouvelle mesure. Le président du club londonien estime que cette réglementation cible précisément les clubs ambitieux du milieu de tableau en les poussant à « dépenser moins ». Le dirigeant pointe également le potentiel de développement commercial et immobilier variant entre club en fonction de leur lieu d’implantation alors que ce paramètre n’est pas pris en compte dans le SCR.

Les investisseurs se bousculent pour entrer en Premier League

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