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Comment un fonds choisit-il les dossiers dans lesquels il investit ?

Financer la diversification économique des clubs professionnels : c’est le pari de Source Private Assets, qui fait du sport son principal terrain d’investissement. Pour répondre aux besoins de capitaux des organisations sportives et convaincre ses investisseurs, la boutique mise sur le développement de nouvelles sources de revenus, l’ancrage territorial et l’impact social et environnemental des projets accompagnés. Guillaume-Olivier Doré, Président de Source Private Assets, et Jean-François Puech, Managing Partner, détaillent leur stratégie et livrent leur lecture des opportunités d’investissement dans le sport professionnel français. Entretien.

Source Private Assets interview

Jean-François Puech & Guillaume-Olivier Doré

Quelles sont les thèses d’investissement de Source Private Assets dans le sport ? Quelles sont vos premières prises de participation ?

Source Private Assets est une boutique d’investissement, fondée par des vétérans du financement des entreprises de petite et moyenne capitalisation en France. Nous disposons de l’ensemble de l’infrastructure réglementaire – gestion de fonds, crowdfunding, conseil – pour mener des opérations de bout en bout de manière autonome.

Nous investissons dans 3 secteurs : la santé, les projets d’infrastructures (hors immobilier), et évidemment le sport, qui est désormais notre activité principale, et irrigue les autres expertises. Nous gérons environ 200 m€ sur ces 3 verticales et les fonds encore en cours de levée Sport6 (100m€ pour la diversification des clubs pros et les PME) et Valens (50m€ dédiés au Sport Santé) devraient accroître significativement ce montant dès leur closing effectué en 2027.

Nos premières opérations, sans distinction des modalités de financement, sont la reprise de la licence des Barbarian Français, et l’accompagnement de Marseille Basketball dans une opération Socios Capital.  C’est un métier qui crée plus d’inimitiés que d’amitiés puisque nous disons beaucoup plus souvent non que oui…

Au-delà de l’apport en capital, comment Source Private Assets entend-il accompagner concrètement les clubs et entreprises dans lesquels il investit ?

Source Private Assets ne se contente pas d’investir dans le sport : nous avons structuré une branche dédiée, Sport6 Events & Conseils, chargée d’accompagner les clubs entrant dans son portefeuille. Nouvelles sources de revenus, expérience des supporters, diversification des activités : le périmètre couvre l’ensemble des leviers de croissance d’un club professionnel.

Mais l’ambition de la branche conseil dépasse ce cadre. Pour SPA, le sponsoring de demain ne se décidera plus seulement sur les résultats sportifs. Il sera de plus en plus conditionné par les engagements sociaux et environnementaux des organisations, et en particulier par l’adoption du statut de club ou de fédération à mission. Le mouvement est déjà engagé : l’Aviron Bayonnais a fait figure de précurseur, le CSP Limoges et la Fédération Française de Tennis de Table ont franchi le pas, et la Fédération Française de Rugby devrait suivre sous l’impulsion de son président.

Comment parvenez-vous à convaincre les LPs de vous suivre dans vos projets dans le sport ?

C’est précisément la réunion des deux mondes, entre expertise du secteur du sport en France et savoir-faire d’investissement et d’accompagnement des entreprises des territoires, qui séduit nos LPs. Ajoutez à cela la culture de l’impact à travers les services de RSE, ancrée dans notre ADN depuis toujours, et vous avez le combo gagnant.

D’autant que nous n’investissons jamais directement dans les SASP, mais dans le cadre d’une diversification économique du club, souvent rendue nécessaire par la stagnation des revenus de partenariats ou la baisse des droits TV.  Cela rassure nos LPs et offre des perspectives de liquidité plus aisées à 5/7 ans.

Source Private Assets s’était associé à un projet de reprise du Clermont Foot 63 – qui n’a finalement pas été retenu. Pourquoi le fonds était-il enclin à s’associer à ce projet ?

Le projet se distinguait d’abord par la qualité des associés réunis autour de la table et par la solidité de son contenu. SPA n’entendait pas diriger le club, et moins encore s’immiscer dans sa gestion sportive. Son ambition était ailleurs : ancrer pleinement le club dans son territoire grâce à Socios Capital, développer l’ensemble des revenus additionnels sur le modèle de ce qu’a bâti le RC Lens, et surtout en faire le premier club à mission du football professionnel français. L’issue n’a pas été celle espérée, et la déception est réelle, mais le groupe en retire des enseignements précieux pour la suite.

Le sport professionnel français va-t-il continuer à attirer des fonds de Private Equity ? Quelle est votre analyse à ce sujet ?

Oui le sport professionnel se professionnalise aussi désormais dans sa stratégie financière. La raréfaction des grands mécènes,  la volatilité des droits sportifs, et les nouveaux modèles économiques importés des US, qui ont largement inspiré le PSG par exemple, créent des besoins nouveaux de capitaux pour financer les diversifications, mais aussi de meilleures perspectives de création de valeur et de liquidité pour les investisseurs. 

Le mouvement, commencé en Europe avec l’arrivée des grands fonds au capital de grandes équipes, est en train de s’accélérer sous l’impulsion d’une nouvelle génération de dirigeants qui veulent rendre leurs clubs plus indépendants financièrement. C’est particulièrement vrai dans l’univers des clubs professionnels des territoires, parfois à la merci budgétaire d’une suppression de subvention et qui ne disposent pas d’assez de capitaux propres.

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