Interview

« Le papier reste apprécié, surtout sur une thématique précise comme le sport business »

interview lesportbusiness mathieu poplimont
Le Sport Business

Sortir un magazine papier en 2018 est un pari audacieux. C’est pourtant le défi que tente de relever Mathieu Poplimont, Dirigeant de MP Communication, en lançant le nouveau magazine Le Sport Business. Un pari qui pourrait bien s’avérer payant. Interview.

Mathieu, vous avez lancé au mois de janvier dernier un nouveau magazine intitulé Le Sport Business. Comment avez-vous décidé de vous lancer dans une telle aventure ?

J’avais cette idée en tête depuis plusieurs années mais je me suis vraiment consacré à fond au projet à partir d’octobre 2017. Avec les quelques mois de recul, je me demande encore comment j’ai pu faire cela tout seul. A part une graphiste qui m’accompagne pour la maquette et quelqu’un pour les bandes annonces vidéo, je fonctionne entièrement seul et c’est très formateur, j’apprends tous les jours. Un fils de coiffeur qui se lance là-dedans, c’est plutôt original. J’avais déjà tout de même quelques années d’expérience dans le monde du sport et de la communication, des contacts, mais il y avait tout à faire. Avec de la motivation, on y arrive.

Pour ce qui est de l’idée du magazine, j’ai simplement fait le constat qu’il y avait une place à prendre. Les quelques titres qui existent sont chers, je voulais apporter un peu de fraicheur et de nouveauté. Face à l’information en masse sur internet, le papier reste apprécié, surtout sur une thématique précise comme le sport business. La presse papier généraliste est en recul, la presse spécialisée tient bon.

Quel est le modèle économique du magazine ? Vous êtes-vous fixé un objectif chiffré en termes d’abonnements à atteindre d’ici la fin de l’année ?

Je compte sur les abonnements et sur la publicité, comme tous les acteurs de la presse. En début d’année, un nouvel hebdomadaire a d’ailleurs vu le jour (Ebdo) en revendiquant le fait qu’il n’y aurait aucune publicité. Résultat : ils n’ont pas assez d’abonnés et vont déposer le bilan… En 3 mois, j’ai réussi à rentabiliser la production, l’impression et la diffusion, c’est encourageant.

La presse est un secteur compliqué. Si vous tendez un journal ou un magazine sympa à quelqu’un, la personne le prendra sans hésiter. Il y a encore un vrai plaisir sur le papier, le défi aujourd’hui c’est de faire passer le lecteur à l’acte d’achat. Acheter un magazine, s’abonner, c’est aussi un engagement, un soutien. Produire un magazine représente un coût, sans argent, sans abonné, sans annonceur, ça ne peut pas durer, c’est impossible.

A la fin de l’année, j’aimerai pouvoir compter sur 1 000 abonnés, c’est réalisable. Je dois vous avouer que je suis sidéré à chaque fois que je vois des pros qui me contactent, me relancent, pour être mis en avant et qui ne font même pas la démarche de s’abonner et de soutenir un projet du secteur, qui peut leur profiter.

En parallèle, vous animez depuis plusieurs années le site éponyme, Lesportbusiness.com. Comptez-vous réorienter la ligne éditoriale du site suite à la sortie du magazine ?

Le site est un peu une vitrine avec des brèves et des interviews. Le magazine est davantage premium avec des contenus exclusifs, des personnalités, des marques, des startups… Le confort de lecture est différent, selon moi. Un magazine, on peut le lire, le poser, le reprendre, la durée de vie est plus longue. C’est quand même plus sympa que d’avoir le nez dans son téléphone, non ? Il faut trouver du temps pour lire, je le reconnais.

Quels sont les prochains projets de développement ?

Renforcer l’équipe de rédaction sur le web, tout seul je ne peux pas tout faire, c’est normal.

L’objectif est aussi d’élargir la diffusion papier. Le numéro de mars était distribué lors du SPORTEM, au Parc des Princes. J’étais content car tous les participants sont repartis avec le magazine, il ne m’en restait aucun. En plus des abonnés, je l’ai aussi envoyé à 1 000 professionnels du secteur. La version numérique était encore en libre accès, dans le but de faire connaitre le titre.

Les bandes annonces vidéo (à la U Arena et à L’Equipe) ont très bien fonctionné sur Linkedin, que j’utilise beaucoup car c’est le réseau qu’utilise principalement mon audience. J’aimerai vraiment développer ce genre de contenu. Si une chaîne ou une radio est intéressée, je suis disponible (rires). Ma voix passe bien, je réfléchis à lancer quelque chose dans ce format.  Avec le soutien, la puissance et le réseau d’un investisseur, je suis convaincu que je pourrai accélérer le développement du magazine et d’autres projets.

Pouvez-vous nous donner un indice sur la personnalité qui fera la couverture du prochain numéro ?

La couverture est stratégique car c’est ce qui donne le ton, ce qui accroche le regard. Je suis content car je pars de zéro et j’ai déjà deux belles personnalités qui m’ont fait confiance. Le fondateur et président de Direct Energie puis Cyril Linette, le directeur général de L’Equipe. Je ne vais pas m’avancer car c’est en discussion mais il se pourrait bien que cela soit un très gros acteur du football au mois de mai.

Si vous souhaitez vous abonner au magazine Le Sport Business : https://lesportbusiness.com/magazine/

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