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Interview

« Le droit à l’erreur n’est pas permis dans un projet de refonte de logo ! »

Alors que plusieurs clubs européens ont pris des risques ces dernières années dans la confection de leur nouveau logo en s’écartant des codes classiques du football ; ces nouvelles créations sont parfois considérées comme un excès de modernisme par des supporters attachés aux signes héraldiques et autres emblèmes territoriaux. Mathieu Sakkas, Directeur Général Corporate, Service et Retail Branding chez Dragon Rouge, agence ayant conçu le dernier logo du PSG, du LOSC ou encore de la LFP, nous livre ses réflexions sur les changements de logotype au sein du football européen. Entretien.

De nombreux clubs européens ont adopté un nouveau logo au cours des dernières années. Comment expliquez-vous cette tendance au changement ?

C’est vrai. On observe une accélération des projets au sein du football européen. De nombreux clubs ont dévoilé un nouveau logotype au cours des deux-trois dernières saisons. Le travail mené par le Paris Saint-Germain puis la Juventus FC a fait prendre conscience aux clubs de l’importance de leur identité visuelle, pouvant servir de levier de croissance et de performance business.

Ancien vs nouveau logo – PSG

Si cette prise globale de conscience est vertueuse, tous les clubs n’ont pas forcément emprunté la bonne voie. On constate un flot important de critiques accompagnant certaines révélations de logos et nous les comprenons. Certains projets ont accordé une trop grande place à la modernisation du logotype. Les choix ont davantage été guidés par des considérations graphiques/esthétiques plutôt que stratégiques. On a alors tendance à oublier ce qui fait l’essence d’un logo et ce qu’il représente pour un club de football.

La tendance à la simplification des logotypes amorcée par la Juventus va-t-elle s’accélérer au sein du football européen lors des saisons à venir ?

Globalement, nous pensons que cette tendance va continuer à gagner du terrain lors des saisons à venir. Après le FC Nantes ou encore le Stade de Reims, d’autres clubs vont emprunter cette voie. Mais ce n’est pas forcément bon signe.

En adoptant un tel logotype, les clubs cherchent à rationaliser leurs attributs graphiques, notamment pour développer leurs activités de merchandising et de licensing, via par exemple du co-branding. Ils aspirent ainsi à devenir de véritables marques lifestyle en s’affranchissant des codes footballistiques.

A l’époque de la révélation de son nouveau logo, le parti pris de la Juventus était osé. Et il a été salué par de nombreux professionnels de l’industrie footballistique. Ce nouveau logo permet pour le moment au club de remplir ses objectifs de croissance. Mais, il faudra tout de même en mesurer les effets à terme. Car, en voulant trop lisser ses attributs de marque, on en perd une forme de singularité. Il est important pour un club de football de conserver ses codes traditionnels, liés à son territoire et à son passé. Notamment pour engager ses supporters. A quoi bon adopter un logo qui ressemble à celui d’autres clubs de football ?

« En voulant trop lisser ses attributs de marque, on en perd une forme de singularité »

La Juventus a également adopté ce nouveau logo pour renforcer son développement sur les marchés internationaux. L’adoption d’un logo épuré n’est-elle pas une stratégie risquée pour des clubs de niveau intermédiaire ?

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