Des revenus en progression, des investisseurs toujours prêts à payer plus pour entrer au capital des clubs et… des pertes qui s’accumulent. La puissance économique de la Premier League peine à se traduire en bénéfices. Le nouveau cadre financier suffira-t-il à corriger ce déséquilibre ? Décryptage.

Photo SUSA – Icon Sport
« La plupart des clubs perdent des sommes considérables. » Voilà comment Tony Bloom, propriétaire de Brighton & Hove Albion, décrivait dernièrement de manière peu flatteuse l’économie de la Premier League. Ce dernier pointait notamment l’augmentation des dépenses nettes de ses concurrents. Lui-même reconnaissait que son club pouvait alterner exercices lourdement déficitaires et saisons bénéficiaires, tout en visant la rentabilité dans la durée.
Les comptes des clubs de Premier League confortent ce diagnostic. Sur les vingt clubs engagés en Premier League en 2026-27, quatorze d’entre eux ont enregistré un résultat net négatif lors des derniers états financiers publiés ! Le déficit cumulé atteint 645,5 m£ (750 m€), soit une marge nette globale de −10,5 %. Un taux de marge négatif qui constitue une constante, saison après saisons.
Chelsea concentre à lui seul 262,6 m£ de pertes. Tottenham suit avec 94,7 m£, devant Nottingham Forest, à 78,9 m£, et Aston Villa, à 73,3 m£. L’appartenance au cercle des grandes marques du football anglais protège donc bien peu du déséquilibre financier.
Même chez les clubs bénéficiaires, les marges restent étroites. Arsenal dégage 24,8 m£ (29 m€) de résultat net pour 642,8 m£ de revenus, soit 3,9 % de marge. Liverpool, malgré 702,7 m£ de chiffre d’affaires, ne conserve que 8,3 m£ de bénéfice, correspondant à 1,2 % de ses recettes.

Seuls Bournemouth et Newcastle United dépassent les 5 % de marge nette, avec respectivement 8,2 % et 5,6 %. Le constat prête à sourire pour Newcastle, contrôlé par le fonds souverain saoudien PIF : un club adossé à une puissance financière considérable figure parmi les rares bons élèves. Ces bénéfices annuels ne démontrent toutefois pas, à eux seuls, l’existence d’une rentabilité récurrente, tant les cessions de joueurs peuvent faire varier les résultats.
Des charges qui galopent plus vite que les revenus ?