La gestion des réseaux sociaux est devenue une activité centrale et à forts enjeux pour les organisations sportives. Mais ont-elles un intérêt à externaliser sa gestion auprès d’agences ? Jordan Simon-Chopard, Fondateur de JumpStart Studio, agence Social Media & Contenus collaborant avec de nombreux grands acteurs du sport français dont la LNH, a répondu à nos questions. Entretien.
Quel est l’intérêt pour une organisation sportive d’externaliser la gestion de ses réseaux sociaux ? Existe-t-il des signaux faibles indiquant qu’une organisation gagnerait à se faire accompagner par une agence ?
Dans la réalité, les organisations sportives n’externalisent pas leurs réseaux sociaux par confort, mais par nécessité. Ce qu’on observe très souvent, c’est que la communication digitale repose sur une ou deux personnes qui font déjà beaucoup d’autres choses : événementiel, relations partenaires, communication institutionnelle, parfois même de l’opérationnel terrain.
Le premier intérêt d’externaliser, c’est donc la fiabilité. Être sûr que les réseaux sont animés correctement, régulièrement, même les soirs de match, les week-ends, sur des temps forts où l’interne n’est tout simplement pas disponible. Le sport ne s’arrête jamais, et la communication non plus donc il faut avoir le temps de créer du contenu, de capter.
Les signaux faibles sont très concrets : un manque de temps à allouer pour des publications créatives, des temps forts mal exploités, des photos ou vidéos qui restent dans un téléphone sans jamais sortir. Ce n’est pas un manque d’idées, mais l’activité d’un club est tellement importante que la plupart des équipes internes ont des difficultés à lever la tête du guidon.
Une agence comme JumpStart Studio vient résoudre ça très pragmatiquement : on structure, on anticipe, on capte sur le terrain quand il le faut, et surtout on transforme la matière brute du sport en contenus exploitables. C’est bien sûr une question de créativité mais aussi une question d’organisation et de méthode.
Comment concilier identité de l’organisation sportive et regard extérieur ? Quelle est, selon vous, la clé d’une collaboration réussie entre une organisation sportive et son agence ?
Si une agence arrive avec des idées sans comprendre le sport qu’elle accompagne, ça ne marche pas. Dans notre cas, le regard extérieur est utile parce qu’il est nourri par une vraie culture sport et une présence terrain.
Pour moi, tout repose sur une écoute mutuelle, très simple dans le principe, mais exigeante dans la pratique. Une organisation sportive a des enjeux : institutionnels, politiques, financiers… Une agence doit les comprendre et s’en imprégner.
Si une organisation fait appel à une agence, c’est aussi pour bénéficier d’un regard expert, d’une expérience terrain et d’une maîtrise des usages digitaux. Il faut accepter d’entendre des recommandations, parfois de remettre en question des habitudes ou des réflexes, surtout sur les réseaux sociaux où les codes sont particuliers.
La clé d’une collaboration réussie, c’est la clarté des rôles. L’organisation connaît son sport, ses enjeux humains, institutionnels. Nous, on apporte une vision éditoriale et créative, une exigence de qualité, et une capacité à produire dans des contextes complexes : événements, compétitions, contraintes horaires, pression du résultat. Quand chacun respecte le périmètre de l’autre, la collaboration devient fluide et efficace.
Comment mesurez-vous les retombées de votre collaboration avec la LNH ? Pouvez-vous nous partager quelques KPI ?