Stratégie

Comment l’AS Monaco FF compte prochainement retrouver la D2 ?

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AS Monaco FF

Repartie sur un nouveau cycle en 2015, l’AS Monaco Football Féminin espère retrouver la D2 féminine d’ici 2019. Et le club travaille d’arrache-pied à tous les niveaux pour assouvir cet objectif. Décryptage…

« On n’a pas de pétrole mais on a des idées. » Cette célèbre phrase, prononcée en 1976 par Valéry Giscard d’Estaing pourrait être adoptée comme leitmotiv par l’AS Monaco Football Féminin. La section féminine de l’AS Monaco – qui est totalement indépendante de l’équipe professionnelle masculine – a lancé en 2015 un plan de développement sur 4 ans visant une remontée du club en D2 féminine à l’horizon 2019.

Et malgré ses faibles moyens, l’ASM FF devrait être en mesure de satisfaire ses objectifs. Evoluant au niveau district en 2015, l’ASM FF est parvenue depuis à se stabiliser en milieu de tableau de Division d’Honneur (3ème échelon du Football Féminin), en occupant actuellement le 8ème rang du championnat. Et le club ambitionne de remonter au classement en cette fin de saison pour préparer au mieux la lutte pour la montée pour la saison 2018-19.

En coulisses, le club n’a pas chômé pour accompagner cette ascension sportive. Un gros travail de restructuration, notamment au niveau de la préformation et de la formation, a été entamé pour permettre au club de gravir les échelons. Enregistrant 50 licenciées en 2015, l’ASM FF en compte aujourd’hui plus de 150 avec des équipes complètes allant des catégories U6 à U17 ! Et au niveau sénior, l’ASM FF dispose de deux équipes à 11 – évoluant respectivement en DH et au niveau district – et d’une équipe à 7, ce qui constitue un cas unique pour un club de football féminin de la Côte d’Azur !

« Dans notre région, plusieurs clubs masculins ont monté une structure féminine en complément. Mais ces structures n’ont pas toujours été maintenues. Aujourd’hui, à Monaco, nous sommes en capacité d’attirer des joueuses provenant des communes voisines, notamment de Cap d’Ail, de Beausoleil, de Roquebrune, de Menton… Elles sont attirées par une structure dédiée au football féminin » nous explique ainsi Thomas Martini, Responsable du Développement de l’AS Monaco FF.

Et les chantiers dans le domaine sportif ne sont pas encore terminés. Pour viser encore plus haut, l’AS Monaco FF cherche à optimiser ses méthodes pour détecter au mieux les joueuses talentueuses. A cet effet, le club dispose désormais d’un Responsable du recrutement. L’ASM FF compte également enrichir son réseau de clubs partenaires. Des premiers accords ont été signés avec des clubs de la région, notamment avec Draguignan, afin de permettre à l’ASM FF d’attirer les meilleurs jeunes éléments de la région. Parallèlement, le club aimerait également conclure un partenariat avec un club huppé européen afin de bénéficier de son savoir-faire tout en construisant des passerelles avec une entité aux moyens plus importants.

Dans son projet, l’AS Monaco FF n’omet pas la partie éducative. Le club compte nouer des accords avec les universités de la région, afin de fournir des parcours de formation aux jeunes pousses intégrant le club. Un premier partenariat en ce sens a été noué début février avec l’Université de Nice Sophia-Antipolis.

L’ASM FF intensifie son développement commercial

Les efforts menés par l’ASM FF n’ont pas exclusivement porté sur les aspects sportifs. Le club féminin de la Principauté a pour ambition de diversifier ses revenus – les subventions représentent aujourd’hui 60% du budget du fonctionnement du club – en développant ses recettes commerciales.

A ce niveau également, un très gros travail a été orchestré par les équipes du club. Outre la commercialisation des différents espaces de sponsoring sur les tenues officielles – l’équipe première compte notamment 5 sponsors sur sa tenue de compétition – l’ASM FF mène depuis plusieurs années un travail de fond pour accroître sa visibilité sur les canaux numériques. Au sein de l’association, une personne est notamment dédiée à l’animation des réseaux sociaux. Résultat : le club dispose aujourd’hui de communautés comparables voire légèrement supérieures à des clubs de bas de tableau de D1 féminine !

Une communauté importante et engagée sur les réseaux sociaux qui permet à l’AS Monaco FF de commercialiser des espaces sur les supports numériques. Le partenaire Sofinov est notamment mentionné dans les tweets annonçant les scores du club. Un partenaire du club est associé aux résultats envoyés par SMS à la base de données de l’ASM FF. A l’avenir, le club compte aller encore plus loin, en commercialisant un espace au sein de la signature de mail, conférant au futur sponsor une belle visibilité.

Le cycle positif sportif dans lequel s’inscrit actuellement l’AS Monaco Football Féminin et son développement sur les canaux numériques permet au club de fidéliser ses partenaires. « Cette saison, nous avons renouvelé 95% des accords de sponsoring par rapport à la saison dernière. Seul un sponsor a décidé de nous quitter, en raison de ses liens avec notre ancien entraîneur. Désormais, nous comptons au club entre 25 et 30 entreprises partenaires » précise ainsi Thomas Martini.

Prochain axe de développement : recruter des acteurs ciblant prioritairement une clientèle féminine. L’ASM FF a déjà entamé ce travail en nouant une collaboration avec Ladies Drivers, une société de VTC n’employant que des chauffeurs féminins. Le club aimerait désormais attirer des salons de beauté ou de coiffure au sein de son réseau, à l’image de ce qui se fait déjà au sein des équipes de handball et de volleyball féminins.

La marque AS Monaco : un gros atout qui présente néanmoins quelques inconvénients

Même si l’association AS Monaco Football Féminin est indépendante de l’ASM FC, la référence à la marque ASM constitue un atout très important pour le développement du club féminin. « Cela représente une belle vitrine, il ne faut pas s’en cacher ! L’AS Monaco FC jouit d’une très belle cote de popularité en Europe. De plus, le club omnisport de l’ASM bénéficie d’une très bonne réputation dans l’ensemble de la région, voire au niveau national. Le club obtient de très bons résultats dans de nombreuses disciplines » nous a ainsi confié Thomas Martini.

L’AS Monaco FF échange régulièrement avec leurs homologues de la section professionnelle masculine. Les responsables de l’ASM FC se tiennent au courant du développement de la section féminine et quelques passerelles existent entre les deux entités au niveau commercial. Les deux clubs possèdent notamment certains partenaires en commun, dont notamment la firme Orezza.

Néanmoins, le fait d’être une association régie par la loi monégasque présente également quelques inconvénients pour l’ASM FF. En effet, le club de la Principauté ne peut notamment avoir accès aux différents mécanismes d’aide mis en place par la Fédération Française de Football, contribuant au développement de la discipline. Le club ne peut également bénéficier de certains dispositifs, à l’image des contrats de service civique. Mais le club tente, petit à petit, de faire évoluer cette situation.

Autre handicap pour l’AS Monaco FF : le manque d’infrastructure ! L’espace étant rare à Monaco, l’ASM FF est obligée d’évoluer sur cinq terrains différents pour l’ensemble de ses équipes. Lors des rencontres officielles, l’équipe première doit recevoir ses adversaires à Menton ou à Blausasc, commune située à une trentaine de kilomètres de Monaco. Cette rotation des stades entrave également le développement commercial du club de la Principauté, qui ne peut commercialiser des espaces en bord de terrain lors de ses rencontres officielles.

Vers un rapprochement avec l’ASM FC pour viser à terme la D1 ?

Si l’objectif à court terme de l’ASM FF est de monter en D2, en revanche, le club monégasque ne vise pas une montée en D1 dans un futur proche. Une montée dans l’élite qui nécessiterait la mise en place d’une structure professionnelle, étant donné les budgets nécessaires pour pérenniser un club dans cette division.

« A une époque, il était possible de jouer les premiers rôles avec un budget inférieur à 1 M€. Désormais, les grosses structures comme le PSG, l’OL ou Montpellier bénéficient de budget de fonctionnement compris entre 5 et 10 M€. Les enjeux financiers ne sont plus les mêmes » précise ainsi Thomas Martini.

Mais alors que plusieurs clubs féminins parisiens de premier plan ont décidé de s’adosser à une structure masculine pour faire face aux nouveaux enjeux financiers – Juvisy a fusionné avec le Paris FC tandis que le club d’Issy avait initié des discussions avec le Red Star avant de se rétracter – pourquoi l’ASM FF n’entamerait pas une stratégie similaire avec l’ASM FC pour professionnaliser son fonctionnement ?

Pour la direction de l’ASM FF, des discussions de ce type ne sont pour le moment pas à l’ordre du jour avec l’ASM FC. Avant de songer à une éventuelle montée en D1, le club souhaite avant tout accomplir une belle saison 2018-19, qui doit permettre au club d’accéder à la D2. Un championnat au sein duquel l’ASM souhaite s’installer avant d’imaginer une potentielle accession en D1. Construire son développement par étape : c’est une recette qui réussit plutôt bien à l’ASM FF…

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