losc
Interview

« Le LOSC a été performant dans le scouting ces dernières saisons »

Icon Sport

Quel rôle joue un scout dans la politique sportive d’un club professionnel de football ? Le métier a-t-il profondément évolué ces dernières saisons avec l’émergence de la data et des nouvelles plateformes numériques ? Lors d’un entretien accordé à Ecofoot.fr, Antonio Salamanca, ex-scout pour Tottenham, Liverpool, Villarreal ou encore Valencia CF, nous livre ses analyses sur les qualités requises pour exercer le métier de recruteur tout en commentant l’évolution de la profession. Propos recueillis par Anthony Alyce et Karim Ghariani.

Quelles compétences un scout doit-il réunir pour être performant dans l’exercice de ses missions ?

Cela peut paraître basique mais un scout doit absolument « avoir l’œil » pour repérer les joueurs au profil intéressant. Ce n’est pas la compétence la plus difficile à acquérir : en général, les bons joueurs sautent aux yeux des connaisseurs et amateurs de ballon rond. Mais il faut être suffisamment lucide pour se projeter, évaluer la marge de progression du joueur observé, imaginer son intégration au schéma de jeu de l’entraineur. Un scout doit évaluer à quel point le joueur convoité saura s’adapter aux exigences de son hypothétique futur club.

En tant que scout, on assiste parfois à certains matches sans avoir une cible précise en tête. C’est au fil du jeu qu’on identifie alors des joueurs potentiellement intéressants. Toutefois, ce mode de fonctionnement tend à disparaitre avec l’essor de la data. L’analyse de données permet de réaliser un travail préliminaire pour identifier des joueurs intéressants en fonction de caractéristiques précises.

En quoi la data a-t-elle profondément changé le métier de scout ?

L’analyse de données permet d’identifier plus facilement des cibles potentielles. Certains joueurs ne seraient jamais venus à l’esprit des décideurs sans avoir entrepris un minutieux travail de data-analyse. La data joue alors le rôle de « détonateur » pour identifier une cible qui correspond aux attentes.

Toutefois, il est indispensable de contextualiser les données analysées. La data joue désormais un rôle prépondérant dans le travail de détection des joueurs mais encore faut-il savoir bien la lire ! Par exemple, un défenseur central peut ressortir des analyses car il possède un taux de passes réussies très élevé, de plus de 98% ! Mais si toutes ses passes sont réalisées au gardien ou à son partenaire de défense centrale, c’est alors normal d’avoir un si haut taux de passes réussies ! De même, si les passes sont destinées à son milieu défensif, il est intéressant d’analyser la position du corps de ce dernier – s’il est dos ou face au jeu – lors de la réception du ballon. L’analyse brute des données ne suffit pas. C’est pour cela qu’il faut toujours confronter la data à un réel travail d’observation du joueur avant de valider une décision de recrutement. La data, c’est devenu un outil indispensable. Mais rien ne remplacera l’œil.

Comment les clubs coordonnent-ils les relations entre les data analysts et les scouts pour gagner en efficacité dans leur politique de recrutement ? Les deux fonctions peuvent-elles être remplies par un même collaborateur ?

L'accès à la totalité de l'article est réservé à nos abonnés Ecofoot Premium


Pas encore abonné à Ecofoot Premium ? S'abonner à Ecofoot Premium, c'est :

  • Accéder à 100% des contenus Ecofoot en ligne
  • Recevoir en avant-première nos magazines numériques
  • Soutenir le développement d'un média que vous appréciez


  • Magazine N°82


    « Le LOSC a été performant dans le scouting ces dernières saisons »
    To Top
    Send this to a friend