Interview

« Ma boussole politique c’est la protection de l’économie du sport français »

Jean-Luc Hauser - CC BY-SA 4.0

En plus de subir de plein fouet les conséquences économiques de la pandémie, le football professionnel français s’est retrouvé dernièrement empêtré dans une crise des droits TV suite à la défaillance de son ex-principal diffuseur pour la période 2020-24, Mediapro. Malgré un accord ficelé avec Canal + jusqu’à la fin de la saison en cours, les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 ne sont pas tirés d’affaire sur le plan économique. Et ses principaux dirigeants réclament urgemment de nouvelles aides à l’Etat pour surmonter cette période difficile. Cédric Roussel, Député LREM des Alpes-Maritimes et Président du groupe d’études sur l’Economie du Sport de l’Assemblée Nationale, nous livre ses analyses sur la situation en cours et formule des propositions pour venir en aide au football professionnel français. Entretien.

Quelles leçons le football professionnel français doit-il tirer du fiasco Mediapro ? Avez-vous des préconisations à formuler pour renforcer le contrôle de la solvabilité des acteurs engagés dans les appels d’offres émis par la Ligue de Football Professionnel ?

Lorsqu’un diffuseur achète 80 % des droits audiovisuels de la Ligue 1 et qu’il fait défaut c’est toute la chaîne économique du football qui est à l’agonie. Ce succès historique s’est transformé en une crise historique. Je souhaite à l’avenir que nous prévoyons des garde-fous pour éviter une affaire « Mediapro bis ».

Il faut que nous soyons plus exigeants avec les groupes audiovisuels qui diffusent la Ligue 1. Je parle ici des échéanciers de paiement et des niveaux de garanties. Je salue en ce sens les mesures prises par la Ligue de Football Professionnel (LFP) dans l’appel d’offres du 1er février 2021. Malgré le fait qu’il ait été déclaré infructueux, la LFP a, pour la première fois, intégré une garantie bancaire alors même que l’ancienne équipe dirigeante nous disait cette modalité impossible. La LFP a également exigé un paiement intégral de la saison en cours, ainsi qu’un versement anticipé de 34 % pour la saison suivante. Ces exigences sont de nature à rassurer les clubs. Néanmoins, ces renforcements, ces garde-fous financiers doivent faire l’objet d’une « consécration législative ».

Je souhaite en ce sens que la DNCG (ndlr : Direction Nationale du Contrôle de Gestion) prenne sa part dans ce contrôle. En tant qu’organe de contrôle, la DNCG veille à la pérennité des clubs professionnels et contribue à la régulation économique. En ce sens, elle pourrait vérifier régulièrement la solidité financière des sociétés attributaires des lots d’appel d’offres dont dépendent largement, par leur télédépendance, les budgets des clubs mais aussi évaluer en amont la cohérence économique de l’offre proposée par le diffuseur. Par ailleurs, à mon sens, le mécanisme de sous-licence doit être encadré car il fait courir un risque de dérive non négligeable.

La croissance économique des principaux championnats européens a été portée ces deux dernières décennies par une hausse ininterrompue des droits TV. Or, un plateau semble avoir été atteint. La LFP doit-elle conduire une réflexion sur les relais de croissance à activer pour développer ses recettes télévisuelles avant de lancer la commercialisation de ses droits TV pour le cycle démarrant dès la saison 2021-22 ? A-t-elle le temps de conduire cette réflexion dans la sérénité ? Quelles sont les pistes à explorer ?

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