Interview

« Les ultras sont des acteurs prépondérants de la vie des clubs »

REUTERS Regis Duvignau - stock.adobe

Excédés par un arsenal répressif rognant leurs libertés depuis plusieurs années, les associations de supporters saluent les avancées obtenues ces derniers mois grâce à l’intense travail mené par l’Association Nationale des Supporters. Néanmoins, elles restent prudentes quant à la mise en application concrète des mesures actuellement discutées, notamment au sujet d’une utilisation encadrée des fumigènes ou encore un encadrement plus strict des restrictions/interdictions de déplacement des supporters prononcées par les préfets. Florian Brunet, Porte-Parole des UB87, nous livre son sentiment sur l’évolution globale des questions liées au supportérisme en France tout en revenant sur le cas particulier des Girondins de Bordeaux. Entretien.

Les députés Marie-George Buffet et Sacha Houlié ont dernièrement présenté un rapport d’information sur le supportérisme. Un rapport qui contient une trentaine de propositions visant à faire avancer certaines causes défendues par les supporters depuis plusieurs années (utilisation des fumigènes, encadrement des interdictions administratives de stade, réduction des interdictions de déplacement…). Que pense votre mouvement de ce rapport ?

Saluons les avancées notables obtenues par l’Association Nationale des Supporters ! Des premières concessions commencent à être accordées par les autorités et la LFP. Cela va dans le bon sens. Car la situation a longtemps été tendue voire bloquée sur de tels sujets. Et nous sommes bien placés pour en parler car, à l’époque, nous nous étions beaucoup investis dans la CNU (ndlr : Convention Nationale des Ultras), ancêtre de l’ANS. Nous avions alors rencontré de nombreux dirigeants tels que Frédéric Thiriez, alors président de la LFP ou encore Rama Yade, Secrétaire d’Etat chargée des Sports, sans obtenir des avancées concrètes.

Le boulot accompli ces dernières années par l’ANS est remarquable. L’intense travail de lobbying exercé auprès des instances et du milieu politique porte ses fruits. L’ANS est parvenue à interpeller et sensibiliser des acteurs politiques de premier plan aux problématiques rencontrées par les ultras. Cela permet d’obtenir des premières victoires, comme la réintroduction des tribunes debout par exemple. Rendons également hommage à Marie-George Buffet et à Sacha Houlié qui ont réalisé un travail sérieux et bien documenté sur le supportérisme français.

Maintenant, ce n’est pas un rapport qui va résoudre tous les problèmes. Il faut désormais des avancées concrètes sur le terrain, avec une mise en application des mesures. Car il existe encore de nombreux problèmes. Même si le Ministre de l’Intérieur a signé une circulaire au mois de novembre dernier permettant de mieux encadrer les interdictions de déplacement prononcées par les préfets, on n’en a pas encore réellement perçu les effets.

Le rapport ouvre également une porte à une utilisation encadrée des fumigènes. C’est un bon début. Mais il faudra voir comment cette mesure sera ensuite appliquée. On ne passe pas d’une situation de clandestinité et de répression à outrance à un climat apaisé en un claquement de doigts. Tous les ultras ne tireront pas une croix sur les allumages sauvages du jour au lendemain. Il faudra du temps.

Comment expliquez-vous ces premières avancées concrètes obtenues par l’ANS ? L’ANS s’y prend-elle différemment de la CNU pour faire avancer la cause du supportérisme en France ?

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