Interview

« Le rachat d’un stade fait peur aux clubs et aux collectivités »

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Montage plébiscité pour construire et exploiter la plupart des nouvelles enceintes sorties de terre pour l’EURO 2016, le modèle PPP – Partenariat Public Privé – se révèle être déficitaire pour les parties prenantes engagées dans de tels accords. La crise du Covid-19 peut-elle favoriser une réflexion sur la transformation du modèle d’exploitation des stades PPP ? Jérémy Moulard, Docteur en Management du Sport Professionnel et Consultant Stade, livre ses analyses sur ce sujet épineux. Entretien.

Avant même l’irruption de la crise, les concessionnaires gérant les stades construits pour l’EURO 2016 – à l’image d’ELISA concernant le stade Pierre Mauroy ou encore SBA pour le Matmut Atlantique – affichaient lors de chaque exercice un résultat déficitaire. La crise sanitaire ne risque-t-elle pas d’aggraver fortement le déficit de ces structures ?

C’est certain que cette année encore les déficits seront présents même si paradoxalement des économies de charges ont dû être réalisées sur certains flux – électricité, sécurité, nettoyage… – en raison de la fermeture des stades au grand public, notamment durant la période de confinement.

Néanmoins la suspension des activités liée au Covid-19 n’est pas la cause principale des déficits. Ils sont dus au choix du modèle économique des stades et à un manque d’études qualitatives et quantitatives en amont des constructions. Je rappelle que le mal est bien plus profond. Ainsi les déficits perpétuels des comptes de résultat à Lille ont déjà obligé Eiffage à injecter plus de 45 M€ dans sa filiale concessionnaire, ELISA, depuis le début d’exploitation du stade lillois pour éviter la faillite.

A Bordeaux, cela fait 3 ans qu’une révision du contrat de partenariat est demandée par l’exploitant du stade, Stade Bordeaux Atlantique (SBA), au vu des premières années d’exploitation déficitaires du stade – 8 M€ de pertes. Et des montants similaires sont annoncés à Nice.

Je pense que cette période incitera encore plus « les PPPistes » c’est-à-dire les sociétés exploitant ces stades à tenter de se retirer des projets et à confier l’exploitation au club résident à l’image du choix acté à Marseille. Au final, ces sociétés perdent dans l’exploitation des stades une partie de l’argent gagné dans la construction de ces derniers.

Des discussions ont régulièrement été avancées dans la presse au sujet d’un potentiel rachat du Matmut Atlantique par les Girondins de Bordeaux. L’occasion n’est-elle pas idéale pour le club aquitain d’acquérir à prix réduit le stade ? SBA et la Ville de Bordeaux ne vont-ils pas chercher à se désengager d’un projet qui représente un gouffre financier ?

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