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Interview

« Les conséquences de cette crise seront durables pour le sport français »

Photo Régis Juanico

Le gouvernement se montre-t-il à la hauteur des enjeux pour épauler le mouvement sportif en cette période de crise aigüe ? Si les mesures de droit commun ont permis aux différents acteurs du secteur de surmonter les difficultés – notamment durant la première période de confinement – en revanche les dispositifs spécifiquement dédiés au sport se sont révélés décevants jusqu’à présent. Lors d’un entretien accordé à Ecofoot.fr, Régis Juanico, Député Génération.s de la Loire, livre son sentiment sur le soutien apporté par l’Etat au monde du sport en cette période de fortes turbulences.

Alors que le sport français est très impacté par la crise sanitaire, il semble être l’un des grands oubliés du plan de relance présenté par le gouvernement au mois de septembre dernier. Partagez-vous ce sentiment ? Les mesures destinées à soutenir le mouvement sportif professionnel et amateur sont-elles à la hauteur des enjeux ?

Il y a en effet un décalage important entre les discours et les actes. Si nous retranchons les aides dites de droit commun, le sport français ne représente qu’une infime fraction des crédits débloqués par le gouvernement via le plan de relance ! Lors de l’annonce initiale, seulement 37 M€ étaient dédiés au sport. Face au tollé suscité par l’étroitesse de cette enveloppe et grâce à une intervention du Premier Ministre, Jean Castex, les crédits ont été réévalués deux jours plus tard à 122 M€ sur deux ans. D’autres mesures ont depuis été intégrées avec, par exemple, une enveloppe supplémentaire de 36 M€ destinée aux Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV). Le sport va finalement bénéficier de 150 M€ sur deux ans à travers les mesures intégrées au plan de relance.

Les sommes supplémentaires débloquées via ce plan de relance sont-elles suffisantes pour soutenir le sport français ?

Au-delà de la somme, qui semble très faible par rapport à l’enveloppe globale de ce plan de relance (100 Mds€) ; ces crédits exceptionnels ne collent pas avec la nature de cette crise. Les conséquences financières et sociétales de cette pandémie seront durables pour l’ensemble du sport français. Le mouvement sportif ne retrouvera pas du jour au lendemain tous ses licenciés et bénévoles. Dans le secteur marchand, de nombreuses salles de sport et de fitness ont déjà mis la clé sous la porte. Les incertitudes sont grandes.

« Le mouvement sportif ne retrouvera pas du jour au lendemain tous ses licenciés et bénévoles »

Or les crédits exceptionnels du plan de relance n’ont été débloqués que pour deux ans. Seront-ils reconduits au-delà de cette période ? Pour le moment, ce n’est pas prévu. Et cela serait un bien mauvais signal que de couper de tels crédits à deux ans de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

Vous défendez régulièrement un déplafonnement des taxes dédiées au financement du sport pour accroître de manière durable les crédits alloués à l’Agence Nationale du Sport. Les choix dernièrement opérés à ce sujet sont-ils satisfaisants ?

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