interview arnaud simon
Droits TV

« La LFP doit être actrice de sa stratégie de création de valeur »

REUTERS / BENOIT TESSIER - stock.adobe.com

Embourbée à l’automne dernier dans le dossier Mediapro, la nouvelle direction de la LFP a su finalement éviter l’écran noir pour cette fin de saison 2020-21 en concluant, après un appel d’offres infructueux, un accord avec Canal +. Le football professionnel français n’est pas pour autant tiré d’affaire puisqu’il devra lancer d’ici quelques semaines une nouvelle procédure pour commercialiser ses droits TV domestiques pour les prochaines saisons. Comment la LFP doit-elle s’y prendre pour vendre au mieux ses droits TV ? Quel montant peut-elle espérer ? Arnaud Simon, ex-Senior Vice President Sport Europe du groupe Discovery et désormais Fondateur d’IN & Out Stories, distille ses conseils pour initier une croissance durable des recettes audiovisuelles. Entretien.

Globalement, le marché des droits TV domestiques des principaux championnats européens semble avoir atteint un plateau. Avant même l’irruption de la crise, la Premier League a connu une légère baisse de ses droits domestiques pour le cycle 2019-22. La Bundesliga a depuis suivi la même tendance. Que peut attendre la LFP de sa prochaine négociation TV ? Si la LFP était amenée à remettre en jeu l’ensemble des droits (ndlr : deux procédures ont été lancées par Canal + et BeIN Sports pour obtenir la remise en jeu du lot 3), ne devrait-elle pas profiter de cette « opportunité » pour reconfigurer complètement ses lots ?

En effet, nous observons un léger recul du montant des droits TV domestiques pour la plupart des principaux championnats européens. Néanmoins, à la différence de la Ligue 1, les autres compétitions n’ont pas subi de crash industriel ces derniers mois. La Ligue de Football Professionnel doit désormais gagner en anticipation pour mieux rebondir après le fiasco Mediapro.

La question des lots est intéressante mais il est grand temps de la poser différemment. Lors des derniers appels d’offres menés par la LFP, les questions prioritaires tournaient autour du jour et de l’horaire de planification des matches. Avec, par exemple, la principale affiche positionnée sur la case du dimanche soir ou encore le déplacement du multiplex du samedi soir au dimanche après-midi pour le cycle 2020-24. Plusieurs détenteurs de droits, dont la LFP, se sont aussi essayés à l’organisation de rencontres à 13h, notamment pour attirer le public chinois. Or cela ne donne pas de résultats probants.

Eriger les problématiques de planification des matches en priorité est désormais un raisonnement dépassé ! Aujourd’hui, les enjeux essentiels concernant les droits audiovisuels se situent au niveau de la distribution. Les ayants-droit doivent absolument réfléchir à la meilleure manière d’introduire une dose de flexibilité et de personnalisation pour réussir leur appel d’offres. Les jeunes générations de fans sont réfractaires aux abonnements rigides avec engagement. Et ce n’est pas qu’une question de moyen mais aussi de principe ! Le téléspectateur veut désormais payer pour ce qu’il consomme.

Ne faudrait-il pas alors reconfigurer les prochains appels d’offres en fonction des canaux de distribution plutôt que de procéder à un découpage classique en lots en fonction des affiches et de la programmation des rencontres ?

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