Ayant dernièrement publié ses comptes à l’issue de la saison 2025-26, le Borussia Dortmund présente toujours une assise financière appréciable, mais enregistre une nette dégradation de ses performances économiques. La contraction des recettes audiovisuelles fait basculer le groupe dans le rouge, malgré la résistance du sponsoring et une progression des recettes issues du marché des transferts. Décryptage.

Felix Nmecha lors de la victoire du BvB en championnat face à Paderborn. Photo : PictureAlliance – Icon Sport
« Nous avons activement profité de cette saison compliquée et particulièrement exigeante pour travailler sur nos déficits structurels, mieux identifier nos importants relais de croissance et rendre le BvB moins dépendant des opérations de transferts tout en le préparant mieux pour l’avenir. »
Voilà comment Carsten Cramer, Président du Borussia Dortmund, a introduit la présentation des états financiers du club allemand à l’issue de l’exercice 2025-26. Il faut dire que les chiffres ne sont pas véritablement au vert. Le chiffre d’affaires consolidé du BvB, hors produits de cession de joueurs, recule de 12,5% par rapport à la saison précédente, à 460,5 m€ contre 526 m€ un an plus tôt. L’indicateur élargi intégrant les recettes brutes des transferts s’établit à 537,2 m€, contre 589,6 m€ un an auparavant.
L’essentiel du décrochage provient des droits audiovisuels, qui diminuent de 58,8 m€, à 168,4 m€. Les recettes UEFA passent de 103,4 m€ à 72,1 m€, conséquence d’une élimination précoce en phase de barrages de Ligue des Champions après avoir terminé au 17e rang de la phase de ligue, face à l’Atalanta Bergame. S’ajoute un effet de calendrier : disputée à cheval sur deux exercices, la Coupe du monde des clubs FIFA 2025 contribue à hauteur de 11,2 m€ en 2025-26, contre 33,9 m€ un an auparavant. Les droits domestiques hors Coupe d’Allemagne baissent également, de 89,3 m€ à 83,7 m€.
Malgré une saison sportive moins aboutie, conséquence principale de la baisse des recettes TV, le stade continue de faire le plein. Les 17 rencontres de Bundesliga ont été disputées à guichets fermés, renforçant la réputation de Mur Jaune associée aux kops du BvB. Les recettes de billetterie en championnat progressent légèrement, à 33 m€, grâce aux ajustements tarifaires. Mais le recul du nombre de rencontres européennes ramène les revenus totaux de billetterie à 50,3 m€, contre 55,2 m€ en 2024-25. Un excellent remplissage ne suffit donc pas à neutraliser la volatilité du calendrier liée aux performances sportives.
Le principal amortisseur du modèle économique du Borussia Dortmund demeure commercial. Les recettes publicitaires, qui incluent la commercialisation des espaces d’hospitalité, progressent de 2,8 %, à 157,9 m€, malgré de moindres primes européennes. Les contrats avec Vodafone jusqu’en 2030, Signal Iduna jusqu’en 2031 et Puma jusqu’en 2034 apportent de la visibilité. En revanche, le merchandising recule à 38,7 m€. Le lancement plus tardif du maillot domicile et les éliminations en coupes ont pesé sur cette activité. La puissance de marque protège partiellement le BvB, sans l’affranchir totalement de ses résultats sportifs.
Les économies et les transferts ne suffisent pas à préserver les bénéfices
