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Droits TV internationaux : comment la Ligue 1 peut-elle enfin changer de dimension ?

Ligue 1 droits tv internationaux

Photo Icon Sport

Alors que la Ligue 1 est engluée dans une sévère crise des droits TV domestiques, le championnat semble en revanche avoir du potentiel pour développer ses recettes audiovisuelles à l’international. Certains indicateurs sont au beau fixe même s’il faudra un peu de temps – et de la persévérance – pour que cela se traduise réellement en croissance de revenus. Eclairage.

Voilà une sujet qui agace régulièrement Nasser al-Khelaifi. Lors d’un conseil d’administration de la LFP réuni fin avril, le président du Paris Saint-Germain n’a pas mâché ses mots au sujet du développement des revenus internationaux de la Ligue 1. Le dirigeant regrette que la croissance des recettes audiovisuelles internationales de la compétition ne soit pas plus vigoureuse.

A la lecture des chiffres bruts, il est difficile de donner tort au patron du club parisien. Alors que la Premier League encaisse désormais plus de 2 Md€ de revenus TV internationaux par saison, la Ligue 1 atteint tout juste la barre des 130 m€ par exercice. Des montants qui sont également éloignés des sommes perçues par la Liga – proche de 1 Md€ de recettes par saison – mais aussi par la Bundesliga ou encore la Serie A, deux championnats qui ont également franchi depuis longtemps la barre des 200 m€ de recettes internationales par saison.

Un retard qui ne s’explique pas uniquement par le manque d’attractivité sportive de la L1. « Il faut revenir sur le déficit historique de commercialisation pour expliquer les écarts. La Ligue 1 a perdu pas mal d’années via ses différents engagements précédents » nous explique ainsi un expert des droits TV préférant garder l’anonymat.

Ce dernier rappelle notamment le contrat précédent à long terme signé par la LFP avec… BeIN Sports concernant la vente et l’exploitation des droits TV internationaux de la Ligue 1. Un accord qui a été en vigueur jusqu’en 2024 et qui n’a pas permis un décollage de la compétition sur les marchés internationaux. Cet accord garantissait à l’époque un minimum financier relativement confortable mais limitait fortement la capacité de la LFP à développer activement son produit sur les différents marchés.

« Via cet accord, la LFP avait alors mis tous ses œufs dans le même panier. BeIN Sports n’a pas forcément mis le paquet pour développer les revenus internationaux de la Ligue 1 car ce n’est tout simplement pas son métier. La gestion sur le marché américain en est un bon exemple. Pendant ce temps-là, les autres grandes ligues ne cessaient de faire grossir leurs revenus avec de nouveaux accords » nous détaille notre expert.

Au-delà de cet héritage commercial, la Ligue 1 souffre également d’un positionnement plus complexe à défendre auprès des diffuseurs étrangers. Depuis plusieurs années, le championnat français est largement identifié comme une compétition formatrice, capable de révéler certains des meilleurs jeunes joueurs de la planète avant leur départ vers des championnats plus rémunérateurs. Une réputation valorisante sur le plan sportif, mais moins favorable lorsqu’il s’agit de vendre un produit audiovisuel premium. « Le championnat français est perçu comme la ligue des talents, mais des talents qui partent tôt et même de plus en plus tôt. Et cette perception est corroborée par les faits »souligne notre expert.

À cette difficulté s’ajoute un autre défi majeur : l’ultra-domination du Paris Saint-Germain. Paradoxalement, le club de la capitale constitue à la fois le principal moteur de l’attractivité internationale de la Ligue 1… et l’une de ses principales limites commerciales. Le récent doublé européen du PSG renforce naturellement la visibilité mondiale du championnat. Mais cette locomotive peine à générer des répercussions positives sur l’ensemble du produit.

« Le PSG, c’est la locomotive.  Mais c’est aussi une des raisons pour lesquelles le championnat a peu d’attrait à l’étranger. Derrière le PSG, il n’y a personne » décrypte notre expert. Si les grandes affiches du PSG continuent d’attirer les audiences, la faible intensité concurrentielle du championnat réduit l’incertitude sportive, pourtant essentielle à la valorisation d’une compétition. « Quand une ligue est trop prévisible, l’attrait s’en retrouve affaibli » confirme notre professionnel des droits TV.

Des signaux très encourageants depuis la réinternalisation de la commercialisation

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