Géopolitique

Gianni Infantino plaide pour une co-organisation de la Coupe du Monde 2022

Infantino co-organisation coupe du monde 2022
Alizada Studios / Shutterstock.com

Invité à prononcer un discours au G20, Gianni Infantino a relancé l’idée de jouer la Coupe du Monde 2022 dans l’ensemble du Golfe Persique. Un discours imminemment politique mais difficilement réalisable tant les tensions sont palpables dans la région. Décryptage.

« Si le football venait à transformer les rêves en réalité, nous pourrions, peut-être, vivre une Coupe du Monde 2022 au Qatar avec, pourquoi pas, quelques matchs disputés dans d’autres pays du Golfe Persique. Mais c’est une autre histoire avec, je l’espère, une fin heureuse. »

C’est en ces termes que le patron de la FIFA, Gianni Infantino, a évoqué la prochaine organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar lors d’un discours prononcé devant les dirigeants des différents pays invités au G20 en Argentine. Un discours qui a globalement valorisé les co-organisations des grands événements footballistiques, citant notamment les exemples de 2002 – Coupe du Monde organisée au Japon et en Corée du Sud – ou encore de 2026, avec une compétition qui, pour la première fois, sera organisée par trois nations (Etats-Unis, Mexique et Canada).

Derrière une telle idée, Gianni Infantino ne recherche pas exclusivement la paix des peuples, aussi noble cette idée soit-elle. Fervent partisan du Mondial à 48 nations, le patron de la FIFA aimerait instaurer ce nouveau format dès 2022, notamment pour favoriser la croissance des revenus de la fédération internationale. Un format qui serait extrêmement difficile à mettre en place si le Qatar venait à assumer seul l’organisation de cet événement.

Les considérations géopolitiques comptent également pour Gianni Infantino. Lors de son discours, le patron de la FIFA avait bien conscience que le seul pays du monde arabe représenté au dernier G20 était… l’Arabie Saoudite. Un pays avec lequel Infantino entretient d’étroites relations. Le boss de la FIFA était notamment en relations avec plusieurs fonds saoudiens dernièrement pour donner naissance à un nouveau mondial des clubs. Un projet qui est pour le moment rejeté par le monde du football malgré les potentiels revenus générés par une telle compétition.

Gianni Infantino vante la croissance économique du football

Au-delà de ses rêves de Coupe du Monde élargie, Gianni Infantino a également vanté les vertus du football, une discipline qui constitue un partenaire pour « construire des consensus afin de bâtir une croissance juste et durable qui favorise l’inclusion ».

Et parmi les 5 raisons permettant d’atteindre de tels objectifs via le football, le président de la FIFA est notamment revenu sur la croissance économique soutenue enregistrée par la discipline au cours des dernières années.

« Le football est synonyme de croissance économique. Au cours de la dernière décennie, le football a connu une croissance économique deux fois plus rapide que l’économie mondiale, dans un contexte de crise ! Avec des revenus bruts de 200 milliards de dollars, l’économie du football est aujourd’hui comparable à celle d’un pays de taille intermédiaire. Peut-être qu’un jour, nous rejoindrons également le G20 ! Aujourd’hui, 70% des revenus sont générés en Europe. Imaginez le potentiel de croissance du football si nous sommes amenés à prendre les bonnes décisions » a ainsi évoqué Gianni Infantino lors de son discours.

Une réduction du poids de l’Europe dans l’économie du football mondial qui ne s’effectuera pas sans créer de tension avec l’écosystème européen.  

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