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L. Schmitt : « Sur la durée, l’Olympique Lyonnais sera gagnant »

interview laurent schmitt
Marco Iacobucci EPP / Shutterstock.com

Quel club de Ligue 1 a mis en place la meilleure politique de recrutement ? Comment évolue la profession d’agent de joueurs en France ? Pour répondre à ces différentes questions, Ecofoot.fr a interrogé Laurent Schmitt, agent sportif FFF disposant d’une solide réputation dans le secteur. Propos recueillis par Pierre Nicouleaud.

Depuis combien de temps exercez-vous la profession d’agent sportif ? Comment avez-vous lancé votre carrière ?

J’ai commencé en janvier 2002 après avoir obtenu ma licence d’agent sportif à la fin de l’année 2001. Auparavant j’avais travaillé pendant une année, au recrutement, à l’EA de Guingamp, sous la houlette de Guy Lacombe notamment.

Quelles sont les qualités requises pour devenir un bon agent sportif ? Quels conseils prodigueriez-vous aux nouveaux agents ?

Tout dépend de la conception du métier. Je ferai la différence entre un agent de joueurs et un agent sportif. Le premier est au quotidien en contact avec son joueur. Il doit s’occuper de tout et avoir un suivi régulier de son joueur. Le second, et c’est plutôt dans cette catégorie que je me situe, est à l’écoute des besoins des clubs. Il est là pour aider les clubs à conclure un transfert. Cela veut dire qu’il est moins lié avec les joueurs qu’il fait signer.

Les jeunes agents doivent donc savoir ce qu’ils veulent faire. Je peux aussi me placer dans la première catégorie car j’ai le réseau et l’expérience pour moi. Après, c’est sûr que c’est de plus en plus difficile car il y a beaucoup de monde sur le marché. Pour démarrer le mieux est, à mon avis, de se créer un petit portefeuille de joueurs. Et surtout de bien les choisir et de bien les accompagner. C’est la meilleure carte de visite pour un agent.

Comment choisissez-vous les joueurs avec lesquels vous souhaitez collaborer ?

Je m’intéresse surtout à l’aspect sportif. Le joueur doit présenter un intérêt sur le marché. Il doit aussi et surtout avoir un état d’esprit irréprochable. Avoir des joueurs stables, c’est le plus important. J’essaie de faire correspondre un joueur avec un environnement.

Selon vous, quel club français met en application la politique sportive la plus cohérente ?

L’Olympique Lyonnais, car ils créent leurs propres ressources avec un centre de formation très performant. Même ceux qui ne réussissent pas forcément chez eux percent ailleurs (Pléa, Mounier, Rémy… par exemple). Les recrutements externes sont bons, sauf exception.

L’Olympique Lyonnais dispose d’un modèle économique pérenne, avec son propre stade. Et sur la durée, le club sera gagnant. L’OL réalise aussi de bonnes opérations en vente et en achat de joueurs. Pour preuve que ce modèle est le meilleur, c’est celui vers lequel tendent tous les clubs médians.

Ensuite le Montpellier Hérault SC travaille bien aussi. Car le club cible très bien les profils dont il a besoin. Et cela en amont de la concurrence, ce qui permet au MHSC de faire de bons coups.

Suite au vote de la Loi Braillard au mois de mars 2017, la DNCG sera désormais en mesure de contrôler les activités des agents sportifs sur le marché français. Que pensez-vous d’une telle mesure ?

C’est bien, car nous aurons un double contrôle, en plus de celui de la Fédération Française de Football. Après ils ne pourront jamais contrôler les agents étrangers. Cela va s’appliquer uniquement aux agents sous licence et français. Or le plus gros agent de joueurs français, ce n’est pas un Français, c’est Raiola. Quel sera l’impact pour lui ? Tout ce qui va vers de la transparence, c’est bien et je suis pour. Mais nous avons déjà des obligations envers la FFF.

Contrairement aux évolutions de la législation en France, la FIFA a décidé en 2014 de libéraliser le marché en substituant le statut d’agent licencié par celui d’intermédiaire (mesure qui ne s’applique pas dans l’Hexagone). Que pensez-vous d’une telle réforme ?

En France cela va être compliqué car il faut changer la loi du sport de 1984. Après il y a deux manières de voir les choses. Mon point de vue, c’est que l’ouverture n’est pas une menace. Des intermédiaires travaillent déjà très bien très bien sur le marché français. Cela mettra peut-être fin à une certaine hypocrisie.

Propos recueillis par Pierre Nicouleaud

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