williams f1 interview
Economie

« Nous assistons à la fin d’un modèle économique en F1 »

Ev. Safronov / Shutterstock.com

La pandémie de Covid-19 a très fortement impacté la Formule 1. Si les écuries dites « constructeurs » – notamment Mercedes et Renault – ont dernièrement réaffirmé le maintien de leur programme dans la discipline ; d’autres équipes ont effectué des annonces trahissant une recherche d’argent frais pour maintenir leur développement. A quelques semaines du démarrage de la saison 2020 en Autriche, Marc Limacher, grand spécialiste de l’économie de la F1 et auteur du Business Book GP 2020, revient en détail sur les conséquences de la pandémie sur l’économie de la discipline. Entretien.

Comment les écuries de Formule 1 ont-elles traversé économiquement cette longue période sans compétition en raison de la pandémie de COVID-19 ? Les avances versées par Liberty Media suffisent-elles à tenir le choc ?

La plupart des équipes ont vécu difficilement cette situation. Elles étaient prêtes pour le premier Grand Prix en Australie et il a finalement été annulé au dernier moment. Ferrari a été obligé de fermer son usine pour des raisons sanitaires, Mercedes AMG et Red Bull ont tenté une reconversion dans les masques durant la première partie de la crise. D’autres ont baissé de 20% les salaires des pilotes. Les avances de Liberty Media ont été bénéfiques à court terme. Mais les aides de l’Etat britannique, concernant notamment les dispositifs de chômage partiel, ont permis aux écuries d’amortir le choc.

Toutefois le souci de Liberty a surtout été de redessiner le futur (proche) de la compétition avec l’introduction du plafond budgétaire prévue dès 2021. Cela a été une séquence politique de haute lutte qui a permis de sauver deux catégories d’écuries – les équipes clientes et les indépendantes. Néanmoins, une écurie comme McLaren cherche plusieurs centaines de millions de dollars pour rebondir. Et Williams a dernièrement perdu son sponsor principal et a mené plusieurs opérations pour refinancer sa dette. Nous assistons actuellement à la fin d’un modèle économique dans la discipline.

L’écurie Williams F1 a dernièrement annoncé officiellement être à la recherche d’investisseurs voire d’un repreneur pour maintenir ses activités dans la discipline. L’avenir de l’écurie est-il réellement menacé ?

Williams est dans une situation critique car l’écurie a réalisé deux très mauvaises saisons d’affilée. Cela a affaibli la structure et rend difficile le recrutement d’un pilote et de partenaires solides. L’équipe dépend beaucoup de l’apport financier de ses pilotes. Et son sponsor principal, Rokit, malgré une prolongation de contrat jusqu’en 2022 contre 30 M€ (25 M€ + 5 M€ de primes) actée en juillet dernier, n’a pas honoré deux paiements d’un montant global de 12 M€. Un premier versement, correspondant à une avance sur la saison 2020, aurait dû être réalisé au mois de novembre dernier. Et une deuxième traite correspondait au premier trimestre 2020. Deux paiements non-honorés qui ont provoqué une rupture entre les deux partenaires. Chacun reprochant à l’autre de ne pas avoir rempli sa part du contrat.

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