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Interview

« Nous sommes prêts à jouer dans cette nouvelle PRO D3 »

Photo Stéphane Laurencin - USBPA

Cette période inédite pour le sport professionnel sera-t-elle propice à des changements de format des compétitions ? Alors que les débats font rage au sein des principales ligues et fédérations françaises ; des discussions concernant une reconfiguration des différents échelons des championnats nationaux ont actuellement lieu au sein des institutions du rugby français. Plusieurs locomotives de Fédérale 1 – Bourg-en-Bresse, Narbonne et Dijon notamment – ont initié un projet de création de PRO D3 à 12 clubs qui verrait le jour dès la saison 2020-21. Une idée qui a depuis été reprise par la Fédération Française de Rugby. Nicolas Grisoni, Responsable Evénementiel, Billetterie & Communication de l’USBPA Rugby et fervent défenseur de la PRO D3, nous expose son point de vue sur les potentiels bienfaits de la création de ce nouvel échelon entre la PRO D2 et la Fédérale 1. Entretien.

La Fédération Française de Rugby a dernièrement indiqué son intention de créer un niveau intermédiaire entre la PRO D2 et les poules de Fédérale 1, intitulé PRO D3. En quoi ce projet constitue-t-il une bonne idée ?

Le paysage du rugby français a beaucoup évolué au cours des 4-5 dernières années. Aujourd’hui, en Fédérale 1, il y a 4 à 5 clubs qui ont le potentiel de retrouver rapidement la PRO D2 et surtout de s’y installer. Je pense notamment à Albi, Massy, Narbonne ou bien évidemment Bourg-en-Bresse. Mais, derrière les « locomotives » de Fédérale 1, il existe une kyrielle de clubs qui mettent progressivement en place des projets structurés. Par exemple, Chambéry évolue depuis une dizaine d’années en Fédérale 1 et franchit des étapes pas à pas. Le club s’est engagé dans un projet ambitieux de rénovation de stade et est en train de construire son centre de formation. Dijon monte également un projet très intéressant. L’Union Cognac Saint-Jean-d’Angély était leader de sa poule avant l’interruption du championnat. Enfin, malgré la concurrence du Stade Français ou encore du Racing 92, le Rugby Club Suresnes a également du potentiel. Le club dispose déjà de son centre de formation.

Par ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’un projet d’échelon intermédiaire entre la PRO D2 et la Fédérale 1 est évoqué. Par le passé, il y a même déjà eu deux versions « bêta » avec notamment l’introduction de la Poule Elite entre 2016 et 2018. Une période qui a coïncidé avec… l’accession en PRO D2 de clubs à fort potentiel ! Par exemple, le club de Nevers, qui est monté via la Poule Elite, a su s’installer confortablement en PRO D2 et était même en position de barragiste au moment de l’interruption de la saison 2019-20. Le club de Provence Rugby est également confortablement installé au deuxième échelon du rugby français. Quant à notre club, l’USBPA, il est redescendu l’an dernier avec… le plus grand nombre de points inscrits pour un 15e (60 points) ! L’instauration de la Poule Elite avait ainsi permis aux clubs accédant à la Pro D2 d’être mieux armés pour affronter la concurrence.

Enfin, le championnat de Fédérale 1 a la chance de pouvoir compter sur un diffuseur comme la chaîne L’Equipe, qui retransmet une rencontre en direct par journée sur ses antennes. Et, pour avoir travaillé sur ce dossier lors de mon passage à la FFR, j’ai conscience que notre diffuseur est particulièrement intéressé par la retransmission d’affiches typées « Poule Elite », c’est-à-dire des derbys qui sentent bon le rugby ou encore des « anciens » classiques comme Albi – Tarbes par exemple. Nul doute que L’Equipe serait intéressée par la naissance de ce nouvel échelon.

Cela signifie-t-il que le championnat de Fédérale 1 est aujourd’hui trop hétérogène pour bien préparer les clubs à la PRO D2 ?

Aujourd’hui, le championnat de Fédérale 1 est composé de 48 clubs répartis dans quatre poules. Et les écarts de budget sont très conséquents : ils varient de 1 à… 9 ! Les effectifs de clubs comme Albi ou le nôtre sont composés 30 à 35 joueurs professionnels. Or, dans cette même division, certains clubs alignent des joueurs pluriactifs. Et cela se ressent sur la qualité du spectacle offert tout au long de la saison.

Si la LNR n’est pas fermée à la création d’une PRO D3, elle ne semble pas en mesure d’accorder un soutien financier dans l’immédiat à ce nouvel échelon. Cette hypothétique PRO D3 peut-elle exister sans le soutien financier de la Ligue ?

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