Politique / Droit

Italie : un gouvernement peu favorable au Calcio ?

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bestino / Shutterstock.com

Plusieurs décisions dernièrement prises par le nouveau gouvernement italien ont suscité le courroux des dirigeants de Lega Serie A. Des initiatives politiques qui ne devraient altérer la compétitivité du football italien qu’à la marge. Explications…

Alors que la surprenante coalition Ligue du Nord / Mouvement 5 étoiles dirigeant l’Italie suscite quelques inquiétudes à Bruxelles ; certains secteurs d’activité ont été directement impactés par les premières décisions prises par le nouvel exécutif italien.

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Et le football professionnel n’a pas été épargné. Alors que les dirigeants du football italien ont annoncé fièrement il y a quinze jours la signature de nouveaux accords de naming pour les différentes compétitions nationales ; certains membres du gouvernement ont dernièrement remis au cause deux des contrats signés.

Le principal protagoniste de cette volte-face est Danilo Toninelli, Ministre des Transports du gouvernement italien. L’homme politique issu du Mouvement 5 étoiles est parvenu à faire plier la direction de Trenitalia. Alors que l’entreprise ferroviaire publique avait au préalable signé un accord de 4 ans pour faire la promotion de son entité Frecciarossa à travers le naming de la Supercoppa et de la Coppa Italia ; cette dernière a renoncé à de tels accords sous la pression exercée par le gouvernement italien.

Un renoncement qui va provoquer un manque à gagner de l’ordre de 20 M€ pour le football italien. Les dirigeants du Calcio ont dernièrement relancé en urgence une campagne de prospection pour compenser la défection de Frecciarossa. Néanmoins, ils se réservent le droit de réclamer un dédommagement financier via une procédure judiciaire en raison du préjudice subi via ce désengagement.

Les clubs de Serie A ne peuvent plus conclure d’accords de sponsoring avec les opérateurs de paris en ligne

La remise en cause de l’accord de naming signé par Trenitalia n’est pas la première mesure prise par l’exécutif italien qui va à l’encontre des intérêts du football professionnel transalpin. Début juillet, à l’initiative du Vice-Président du Conseil des Ministres, Luigi Di Maio ; le gouvernement a décidé de signer un décret visant à interdire toute publicité réalisée pour les opérateurs de paris en ligne. Un décret qui s’applique également aux contrats de sponsoring.

Un décret qui a bien évidemment suscité la colère des différents dirigeants de Serie A. « C’est une folie » a tout simplement commenté Claudio Fenucci, Directeur Exécutif de Bologna FC. Chaque année, les opérateurs de paris en ligne dépensent une somme estimée à 120 M€ en sponsoring sportif, dont une bonne partie dans le football italien. Douze clubs de Serie A disposent actuellement d’un contrat de sponsoring avec un opérateur de paris.

Selon les éléments du décret publié, toute entité enfreignant cette interdiction s’exposerait à une amende de l’ordre de 50 000 €. Une amende qui pourrait tomber lors de chaque violation de la loi constatée, dissuadant alors tout club de braver une telle interdiction.

Face au mécontentement exprimé par les dirigeants de Serie A, le gouvernement a dernièrement décidé d’aménager l’interdiction. Cette dernière n’entrera en vigueur que le 1er janvier prochain. Et les clubs ayant signé des accords en amont de la mise en place de la nouvelle loi pourront l’exécuter jusqu’à l’échéance du contrat. Le nouveau gouvernement italien promet également d’exercer son pouvoir de lobbying au sein des institutions européennes afin de favoriser l’adoption d’une telle loi dans les autres pays membres de l’UE.

La Serie A plaide la distorsion de concurrence

Les dirigeants de clubs italiens n’ont pas manqué de faire remarquer au gouvernement que l’introduction d’une telle loi à l’échelle nationale va entraîner une distorsion de concurrence en défaveur du football italien. Les dirigeants de Serie A comptent d’ailleurs sur une remise en cause de la légalité d’un tel décret au regard du droit constitutionnel italien.

Cette mesure rappelle notamment la colère exprimée par certains dirigeants de Ligue 1 liée à l’interdiction des contrats de parrainage avec les opérateurs de trading en ligne, mise en place lors du vote de la loi Sapin II en 2016. Une mesure qui avait également dégradé à la marge la compétitivité du football français mais contre laquelle les patrons du ballon rond hexagonal n’étaient pas parvenus à s’opposer. Une mesure qui n’avait pas empêché, quelques mois plus tard, le Paris Saint-Germain de finaliser le recrutement de… Neymar Jr.

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