Enceintes Sportives

Comment réussir un projet de nouveau stade ?

Jérémy Moulard interview ecofoot

Photo Jérémy Moulard – MatchDay

Un projet de construction ou de modernisation d’un grand équipement sportif est rarement simple à mener. Or, une enceinte mal adaptée aux besoins de son territoire peut rapidement devenir un gouffre financier pour toutes les parties prenantes gravitant autour de cette dernière. Fort heureusement, acteurs privés comme publics peuvent désormais se faire accompagner par des cabinets spécialisés pour affiner de tels projets. Jérémy Moulard, Co-Fondateur de MatchDay, a répondu à nos questions.

À quels besoins répond précisément le cabinet Matchday ?

À la nécessité de disposer d’une expertise adaptée aux enjeux micro-localisés des territoires, ainsi que de retours d’expérience concrets sur trois segments essentiels de l’écosystème sportif :

➡️ Les politiques publiques : Nous accompagnons les élus des collectivités dans la définition et le déploiement de leur plan directeur des sports.

➡️ Les organisations sportives : Nous réalisons des études d’impacts variées sur les événements et les clubs sportifs.

➡️ Les infrastructures sportives : Nous conseillons les porteurs de projets publics et privés dans la programmation sportive et économique des stades, des arénas, des centres de formation, des piscines, des patinoires…. Sur ce segment, nous démontrons que la réussite d’un projet se joue avant tout sur la qualité de la programmation des espaces et de la projection économique.

Sur ce secteur des infrastructures sportives, nous avons mis en place une méthodologie singulière qui croise une approche de recherche académique, des données comparatives ainsi que des retours d’expérience de terrain. L’objectif est de nourrir le plus précisément possible les cahiers des charges et d’anticiper toutes les questions liées à la responsabilité de l’exploitation ainsi qu’aux flux financiers, tant en phase de construction qu’en phase d’exploitation. Selon nous, tout doit être anticipé avant la pose de la première pierre.

Cette méthodologie s’appuie notamment sur mes travaux de thèse de doctorat portant sur la programmation économique des stades de l’Euro 2016 et de la Coupe du monde 2006 en Allemagne. La compréhension des échecs français et de la réussite allemande en matière de programmation des stades constitue une réelle valeur ajoutée pour les clients et les projets que nous accompagnons.

Qui sont les clients de Matchday ? Sont-ils exclusivement basés en Suisse ? Partagent-ils des caractéristiques en commun ?

Matchday est soutenue par le Hub Entrepreneuriat de l’Université de Lausanne, en Suisse. La Suisse constitue un écosystème sportif unique au monde, avec la présence de plus de 60 organisations sportives internationales.

Nos clients sont aujourd’hui majoritairement basés en Suisse, mais nous commençons à accompagner des projets en France, notamment sur les questions de modèles économiques et de gouvernance des stades et des arénas.

Ce qui intéresse nos clients, qu’il s’agisse de villes, de régions, de clubs ou de fédérations, c’est notre expérience de terrain au sein de clubs, fédérations et de collectivités publiques, croisée avec notre approche issue des sciences sociales, fondée sur la co-construction des politiques publiques et des infrastructures directement avec les utilisateurs et les bénéficiaires. Les deux outils privilégiés du cabinet sont, à ce titre, l’entretien individuel et la rigueur académique de notre formation, appliquée à l’exploitation et à l’analyse des données et des benchmarks.

La caractéristique principale de nos clients réside dans leur volonté de programmer durablement des politiques et des infrastructures sportives ayant un impact sur le territoire à long terme. On (re)construit un stade de football environ tous les 20 à 30 ans, une piscine tous les 30 ans. Or, peu d’élus disposent d’une expérience multiple en matière de réalisation de tels projets.

Nous apportons ainsi une expertise rare : celle d’un acteur ayant eu l’opportunité d’analyser ou de programmer plus d’une vingtaine de stades et centres d’entrainement en Europe, une dizaine d’arénas, ainsi que de nombreuses piscines et patinoires, mais également de piloter une dizaine de plans stratégiques des sports sur une diversité de territoires.

Mon associé, Olivier Mutter, dispose en effet d’une expérience significative en gestion des politiques publiques en Suisse, adossée à des recherches académiques sur la durabilité des événements sportifs. Ces expertises se complètent et nous permettent de créer des passerelles entre secteurs public et privé, en facilitant le dialogue entre acteurs politiques et clubs, tout en clarifiant les enjeux de chacun — un dialogue qui, aujourd’hui encore, peine souvent à émerger. Nos profils hybrides nous permettent très souvent de faire le lien entre les acteurs, les utilisateurs et les territoires, et même entre la recherche académique et l’écosystème sportif.

En France, plusieurs clubs professionnels ont amorcé, voire concrétisé, des projets visant à récupérer la propriété de leurs infrastructures sportives. Ce mouvement va-t-il perdurer selon vous ?

Oui, la tendance va se poursuivre — sous forme de propriété ou, au minimum, de maîtrise de l’exploitation. La question de la vente du Parc des Princes devrait d’ailleurs apporter des éléments de réponse. Je me souviens de nos échanges il y a deux ans : nous anticipions que les municipales de 2026 seraient décisives. Finalement, on constate qu’un projet d’infrastructure sur un territoire repose souvent sur la rencontre et le dialogue entre deux acteurs clés : l’élu et le président du club. Sans alignement entre eux, rien n’aboutit.

La véritable problématique en France, et c’est l’une des conclusions de ma thèse publiée dès 2018, réside dans le virage manqué de la programmation sportive et économique des stades de l’Euro 2016. Cette situation impacte les clubs professionnels pour plusieurs décennies.

Même si une meilleure maîtrise de l’exploitation permet aux clubs de renforcer leur contrôle sur leur stade, les 2,3 milliards d’euros d’argent public investis dans la construction ou la rénovation des enceintes françaises depuis 2013 n’ont pas été suffisamment orientés vers la création d’outils économiques durables. Dans de nombreux cas, les clubs n’ont pas eu la maîtrise de la programmation de leur stade. De fait, sans un nouvel investissement significatif dans la programmation, la seule volonté ne suffit pas.

Après la construction ou la rénovation de 13 stades en France, certains clubs semblent avoir tiré des enseignements. À ce titre, le projet du Stade Brestois me paraît particulièrement cohérent et bien pensé. Il s’inscrit dans une logique proche de celle observée en Allemagne, où la programmation des stades a été plus rigoureuse, collective et donc plus efficace.

Les collectivités (en France et/ou en Suisse) prennent-elles de plus en plus en compte les considérations environnementales dans le développement de leur politique sportive ?

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