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Lucarne Opposée ou l’art du récit

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Voyager à travers le football. C’est le défi que relève avec brio le média Lucarne Opposée depuis 2008, proposant des contenus inédits sur le football américain, asiatique et africain. Outre le site, Lucarne Opposée a lancé il y a un peu plus d’un an son propre magazine pour continuer à conter de belles histoires autour du ballon rond. Pour mieux comprendre le fonctionnement de ce média devenu incontournable pour tous les adeptes de « culture foot », Ecofoot.fr est parti à la rencontre de Nicolas Cougot, Fondateur et Rédacteur en chef de Lucarne Opposée. Propos recueillis par Pierre Nicouleaud.

Comment est né le projet Lucarne Opposée ?

Au départ c’était un blog personnel que je tenais en parallèle de mon ancien métier. J’étais chercheur en biologie, passionné de football sud-américain. J’ai démarré en fin d’année 2008, on a donc fêté les 10 ans du site en fin d’année dernière. J’ai commencé à m’y consacrer pleinement en début d’année 2015. Le but est de professionnaliser le site tout en gardant notre ligne éditoriale.

Combien de personnes contribuent au développement de Lucarne Opposée ?

Nous sommes une vingtaine de personnes à travailler sur le site. La plupart sont des rédacteurs. Nous avons tous des profils différents. Certains sont, comme moi, pigistes pour d’autres médias. D’autres sortent d’école de journalisme. Enfin, certains rédacteurs ont un métier qui n’a aucun lien avec le monde du football. Chaque rédacteur a sa spécialité et son pays de prédilection. Cela nous permet de couvrir un territoire très vaste, avec des yeux d’experts ou de spectateurs très attentifs.

« Nous préparons actuellement une campagne de levée de fonds »

Avez-vous réussi à professionnaliser le fonctionnement de Lucarne Opposée ?

Non pas encore. C’est l’objectif depuis 2015. Pour nous aider dans notre développement, nous préparons actuellement une campagne de levée de fonds. On compte la lancer prochainement.

Quelle est aujourd’hui l’audience de Lucarne Opposée ?

Je ne sais pas, je ne regarde pas les chiffres. Nous sommes conscients que nous sommes sur une niche, sans en connaître précisément sa taille. Les chiffres nous importent peu. L’important est de rester fidèle à notre ligne éditoriale.

Quelles sont les rubriques qui fonctionnent le mieux ?

Je n’ai pas de chiffres précis à vous donner. Mais ce qui fait notre spécialité, c’est la rubrique Culture Foot. C’est-à-dire tous les sujets relatifs au football abordés sous un angle social et politique. Dans les pays où nous sommes présents, le football joue un rôle qui dépasse le cadre sportif. Il convient donc d’en décrypter tous les aspects. C’est ce que nous faisons, en mettant régulièrement en avant de belles histoires.

Obtenez-vous régulièrement des accréditations pour couvrir les différents tournois ?

Disons que nous avons la chance de ne pas travailler sur le marché français. Malheureusement, nous n’obtenons aucune accréditation en France car nous n’avons pas de carte de presse.

En Amérique Latine, du Mexique jusqu’au fin fond de la Patagonie chilienne, nos demandes d’accréditation sont, à chaque fois, acceptées. Dernièrement, par exemple, nous étions présents au match de Copa Libertadores entre le club chilien de Palestino et l’Internacional Porto Alegre. Au Pérou, nous sommes accrédités par la fédération pour couvrir le championnat de première division 2019. En Afrique, nous ne rencontrons également aucun problème pour les accréditations. En Asie, c’est plus difficile de couvrir en direct les événements. Non pas à cause d’un problème d’accréditation mais en raison de contraintes logistiques. C’est plus difficile pour nous de nous rendre dans les pays concernés.

« Dans les pays où nous sommes présents, le football joue un rôle qui dépasse le cadre sportif »

Comment avez-vous eu l’idée de lancer un magazine ?

Nous avons fait mûrir notre réflexion. Sur le net, nous écrivons régulièrement de jolies histoires, mais elles sont rapidement remplacées par d’autres articles et sont ainsi oubliées. Leur « durée de vie » est courte et c’est bien dommage.

Grâce au magazine, on conserve une trace physique de toutes nos histoires. Par le passé, nous avions reçu plusieurs demandes pour publier au format papier certains de nos articles. Nous avons alors poussé l’idée un peu plus loin en choisissant de publier des articles originaux qui n’étaient pas présents sur le site.

Au départ, je considérais que lancer un magazine, cela représentait une grosse prise de risque. Finalement, le pari est gagnant : nous vendons quasi-exclusivement des formats papier. Le support ressemble davantage à un petit livre plutôt qu’à un magazine classique. Il est à l’image de ce que nous voulions proposer, un recueil d’histoires à emporter partout.

Quels sont vos objectifs concernant la vente des abonnements ? Ont-ils été atteints ?

Nous n’avions pas d’objectif précis en termes de ventes. Nous voulions simplement ne pas perdre d’argent. Nous avions également pour objectif de constituer une petite cagnotte pour acquérir du matériel et financer nos voyages pour nos futurs projets. Et cet objectif a été atteint. C’est une vraie satisfaction pour nous !

Quels sont les futurs projets de Lucarne Opposée ?

Au niveau éditorial, nous prévoyons prochainement de réaliser des reportages sur des compétitions en Martinique puis de couvrir la Copa America et la Gold Cup.

Nous menons également des réflexions concernant nos contenus. Nous réfléchissons notamment à des pistes d’amélioration pour nos podcasts tout en nous interrogeant sur le type d’émission à produire dans le futur.

Enfin, nos derniers projets concernent le développement de notre magazine et d’autres idées dans l’édition. Bref, plein de belles choses à venir !

Propos recueillis par Pierre Nicouleaud

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