Stratégie

Quelles sont les causes de la crise du « soccer » américain ?

crise soccer américain
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Alors que le championnat de Major League Soccer poursuit sereinement son expansion, le développement de la compétition nord-américaine ne profite pas à la sélection des Etats-Unis, grande absente du mondial russe. La fédération américaine (USSF) devra procéder à de nombreuses retouches dans son fonctionnement pour retrouver un cycle vertueux.

10 octobre 2017, un séisme s’abat sur la fédération américaine. Pour la première fois depuis… 1986, la sélection des Etats-Unis n’ira pas à la Coupe du Monde. La faute à une défaite surprise concédée sur la pelouse de… Trinité et Tobago alors que, dans le même temps, le Panama remportait sa confrontation face au Costa Rica.

Cette non-qualification a bien évidemment laissé des traces dans l’entourage de l’USSF. Le président sortant, Sunil Gulati – jouant pourtant un rôle moteur dans la candidature nord-américaine à l’organisation du Mondial 2026 – n’a même pas pu se présenter à sa succession lors de l’élection présidentielle de l’USSF du mois de février dernier. Il a depuis été remplacé par le profil plus financier de Carlos Cordeiro, diplômé d’Harvard et ancien de Goldman Sachs avant de rejoindre l’USSF.

Un changement de gouvernance qui n’a pas calmé les critiques émises à l’encontre du fonctionnement de l’USSF. S’exprimant dernièrement dans les médias américains, l’ancienne gardienne de la sélection féminine, Hope Solo, n’a pas épargné la fédération américaine en pointant du doigt certains dysfonctionnements ayant entraîné la non-qualification des Etats-Unis pour le Mondial russe.

« Le football aux Etats-Unis est mal géré actuellement » a ainsi indiqué l’ancienne gardienne de la sélection américaine. Pour l’ancienne joueuse de l’Olympique Lyonnais, l’un des principaux maux du football américain est le prix des licences bien trop élevé exigé par la fédération et les clubs pour pratiquer le ballon rond aux Etats-Unis. Une tarification élevée qui a dissuadé bon nombre de minorités de pratiquer le football en club. « Le football aux Etats-Unis est devenu le sport des riches enfants blancs » lance ainsi Hope Solo.

Hope Solo, une habituée des combats politiques !

Ecoutée pour ses prises de position tranchantes, Hope Solo compte faire bouger les lignes en interpellant la classe politique. L’ancienne sportive a notamment rencontré au cours des dernières semaines de nombreux députés américains afin de faire part de ses griefs à l’encontre de l’USSF. Son but : favoriser un meilleur encadrement des activités de la fédération américaine par le Congrès Américain.

Hope Solo n’en est pas à son coup d’essai concernant ses actions menées à l’encontre de la fédération. En 2016, accompagnée dans sa démarche par quatre autres joueuses de la sélection américaine, Hope Solo décide de déposer une plainte auprès de l’agence fédérale « Equal Employment Opportunity Commission » à l’encontre de l’USSF.

A travers cette action, Hope Solo va réclamer un traitement financier équitable de la part de l’USSF concernant les équipes féminines et masculines de la fédération. Un combat qui s’avèrera payant puisque l’USSF décidera de revaloriser de 30% les primes versées aux joueuses américaines. Insuffisant pour Hope Solo qui, à ce jour, maintient toujours son action menée auprès de l’EEOC.

 D’autres cadres pointent les dysfonctionnements de l’USSF

Outre Hope Solo, d’autres voix se sont dernièrement fait entendre pour critiquer le fonctionnement de l’USSF. Y compris en interne. C’est le cas notamment de Kevin Payne, ancien patron de Toronto FC et directeur de l’US Club Soccer, organisme au sein de l’USSF chargé du développement du football et des clubs aux Etats-Unis.

Pour Kevin Payne, le principal problème concerne le montant de la licence exigé par la fédération pour les entraîneurs de haut niveau souhaitant officier aux Etats-Unis. Pour le cadre de la fédération, ce montant trop élevé a entraîné une pénurie d’entraineurs de très haut niveau dans le pays.

« En Europe, les pays où les coûts sont les moins élevés pour obtenir la top licence en tant qu’entraîneur sont l’Espagne, l’Allemagne et la France. Et le pays où les coûts sont les plus élevés est le Royaume-Uni, avec un niveau similaire au nôtre. Si vous jetez un coup d’œil aux pays qui disposent du plus grand nombre d’entraineurs disposant de la licence A, on retrouve l’Espagne puis l’Allemagne et la France ! Il y a une corrélation directe entre le coût de la licence et le nombre d’entraîneurs de haut niveau » arguait ainsi au mois d’octobre dernier Kevin Payne.

Pour remédier à ce problème, Kevin Payne préconise des aides au financement des formations et des licences pour les entraîneurs de haut niveau aux Etats-Unis. Un dispositif qui pourrait être financé via les importantes réserves dont disposent l’USSF, évaluées aux alentours de 140 M$. Faire appel à des techniciens étrangers, notamment venus d’Europe, est une solution à court terme à ne pas négliger pour le dirigeant américain.

Le nouvel homme fort de l’USSF, Carlos Cordeiro, aura du pain sur la planche pour relancer la compétitivité de la sélection américaine. D’autant que les ambitions sont fortes : le pays souhaitera présenter une sélection de haut niveau pour « sa » Coupe du Monde qui sera organisée en 2026. Un défi de taille à relever.

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