Economie

Fair-Play Financier : les effets positifs se maintiennent dans le temps

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Dmytro Larin / Shutterstock.com

Le dernier rapport sur la santé des clubs européens de premières divisions, publié ces jours-ci par l’UEFA, est formel : ces derniers vont de mieux en mieux. Les résultats économiques des clubs continuent à s’améliorer. Et ce n’est pas un hasard si l’embellie coïncide avec la mise en place du Fair-Play Financier. Décryptage par Emmanuel Mériaux.

Le Fair-Play Financier a de beaux jours devant lui ! Contrairement à l’idée répandue, selon laquelle la récente inflation sur le marché des transferts pouvait remettre en question cette réglementation, celle-ci maintient son effet vertueux sur les finances des clubs européens.

Si les dépenses des clubs sur le marché des transferts ont effectivement augmenté de manière importante dernièrement, elles accompagnent la croissance des revenus constatée. Ainsi ces revenus ont repris un rythme de croissance de près de 10% par an, en 2016, pour les 700 clubs de premières divisions. Soit un rythme inégalé depuis 2002 !

Dans le détail, entre 2010 et 2016, les revenus de billetterie ont augmentés de 7%, le sponsoring de 59%, les droits télévisuels de 64% et les revenus en provenance de l’UEFA de 106%. Ces revenus dans leur ensemble ont plus que triplé en ce XXIème siècle. Ils ont également le mérite de croitre plus rapidement que les salaires reversés aux joueurs. Les masses salariales étaient ainsi maintenus en 2016 à 62,5% des revenus, nettement en-dessous des 70%, limite conseillée par l’UEFA dans le cadre du Fair-Play Financier.

Des revenus réinvestis sur le long-terme

Là encore, la réglementation en place peut se féliciter des résultats produits, poussant avec succès les clubs à investir dans leurs infrastructures. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, a ainsi déclaré : « Les clubs génèrent des revenus, mais ils investissent également dans leurs actifs, en partie grâce au Fair-Play Financier. Pour la première fois, les investissements des clubs dans les stades ou dans les actifs à long terme ont dépassé le milliard d’euros en 2016. »

Et le président de continuer : « Il n’est ainsi pas étonnant de voir un nombre grandissant de fédérations et de ligues, pas seulement en Europe, commencer à mettre en place leur propre version du Fair-Play Financier. »  La référence vaut notamment pour la Liga et la Premier League, ces deux grands championnats ayant mis en place des réglementations domestiques afin d’éviter les investissements hasardeux ou inconsidérés.

Vers la fin des pertes financières dans le football européen ?

En se penchant de plus près sur les finances des clubs européens, on constate qu’ils réalisent des bénéfices d’exploitation toujours plus importants. Alors qu’ils étaient repassés dans le vert à partir de 2013, soit deux ans tout juste après la mise en place du Fair-Play Financier, ils se chiffrent en 2016 à 832 M€ !

Alors que 9 ligues européennes sur 54 pouvaient se déclarer bénéficiaires en 2011, il y en avait 26 dans ce cas en 2016. Mais pour que le football de clubs européen passe définitivement dans le vert, un effort important reste à faire. Alors que les pertes nettes ont clairement diminué depuis 2011, puisqu’elles étaient alors à hauteur de 1670 M€, elles représentaient en 2016 moins d’un sixième de ce montant, soit 269 M€. Un montant donc en net recul, mais toujours négatif.

Parfois décrié pour ces effets pervers sur l’investissement, le Fair-Play Financier continue donc de remplir l’objectif principal pour lequel il avait été mis en place il y a quelques années, à savoir assainir les finances des clubs européens, qu’ils proviennent de grands championnats ou non. Des ajustements doivent être effectués afin de respecter au mieux l’équité sportive et les envies des nouveaux entrants, et l’introduction d’une « taxe de luxe » annoncée par Aleksander Ceferin semble aller dans ce sens. Elle permettrait de laisser plus de liberté aux investisseurs souhaitant faire grandir plus vite leur club, tout en gardant un effet dissuasif sur le dopage financier. Reste à savoir comment l’UEFA souhaite redistribuer les fonds récoltés à travers cette taxe. Quoiqu’il en soit, la réglementation voulue par Michel Platini porte donc ses fruits et ce n’est peut-être qu’un début.

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Par Emmanuel Mériaux 

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