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« La situation actuelle du supportérisme en France est assez paradoxale »

ludovic lestrelin interview
Vlad1988 / Shutterstock.com

Le football professionnel français cherche-t-il à chasser les ultras des enceintes françaises ou, au contraire, essaie-t-il de renforcer ses relations avec ses plus fidèles supporters ? Alors que certaines décisions politiques dernièrement prises tendent à mieux considérer le rôle du supportérisme dans la vie des clubs ; d’autres faits – dont la multiplication des interdictions administratives de déplacement ou l’absence de dialogue sur les fumigènes – cristallisent les relations entre supporters, pouvoirs publics et dirigeants de clubs. Pour faire le point sur l’évolution du supportérisme en France, Ecofoot.fr s’est entretenu avec Ludovic Lestrelin, Maître de Conférences à l’université de Caen Normandie et auteur de « L’autre public des matchs de football ».

De nombreux sociologues, ethnologues ou encore économistes ont pointé du doigt dernièrement une gentrification des tribunes des enceintes de Ligue 1, notamment au sein des gros clubs de l’élite française. Êtes-vous d’accord avec ce constat ? Quelles en sont les causes ?

Je crois qu’il faut être très prudent et savoir regarder avec finesse et le souci du détail. Parler de gentrification, c’est désigner à l’origine un processus de renouvellement à la fois matériel et sociodémographique d’un espace urbain : non seulement des bâtiments sont requalifiés, rénovés, mais la sociologie des habitants d’un quartier change aussi, au profit d’une population plus aisée.

On peut parler de gentrification des stades anglais sans faire d’erreur ou d’abus. En Angleterre, les stades se sont beaucoup transformés et la hausse des prix a été constante et significative depuis l’avènement de la Premier League au début des années 1990. La classe ouvrière a été poussée hors des tribunes au profit de spectateurs plus fortunés, issus des classes moyennes et supérieures.

Dans Looking for Eric, le film de Ken Loach, la scène où des supporters de Manchester United sont contraints de regarder le match dans un pub plutôt qu’au stade est très vraie. Aller un jour de match autour d’Anfield à Liverpool, une ville populaire, c’est faire l’expérience concrète de ce phénomène d’éviction. Cette politique tarifaire assumée a eu aussi pour conséquence un vieillissement généralisé des habitués des stades anglais. C’est quelque chose qui joue sur l’ambiance en tribunes d’ailleurs. Les billets vendus à l’unité peuvent être plus accessibles que les abonnements annuels, encore que ce constat est relatif.

À Liverpool, en 2016, plusieurs milliers de supporters ont quitté le stade à la 77ème minute d’une rencontre pour protester contre une nouvelle hausse des prix : les dirigeants entendaient fixer à 77 £ (100 €) le montant des tickets dans les tribunes dites « populaires » pour certains matchs de prestige. Il y a eu aussi un mouvement appelé « Twenty’s Plenty », lancé par les supporters et soutenu par certaines personnalités du football et du monde politique, pour que le prix des places dans les parcages visiteurs n’excède pas 20 £. Les supporters ont obtenu un plafond à 30 £… Ce n’est peut-être pas très visible, mais le football anglais est traversé par une critique profonde, souterraine mais bien réelle chez les passionnés de foot. Et cette attitude se comprend.

La hausse faramineuse des droits TV n’a pas signifié la baisse des prix d’entrée dans les stades. Au contraire, les dirigeants cherchent à maximiser leurs profits en jouant sur tous les leviers possibles. La Premier League est un produit mondial qui mise sur l’excellence et la rareté. La demande est en effet très forte pour assister aux rencontres, notamment parce que de nombreux clubs disposent d’un double marché : le marché local, constitué des supporters originaires de la ville ou de ses alentours, mais aussi le marché national et international, composé de supporters qui parcourent de grandes distances pour se rendre au match. Ceux que j’ai appelés les « supporters à distance » dans mes travaux.

Parler de gentrification des stades français ne me semble pas adéquat. À Marseille par exemple, si l’on écarte les virages et les sièges à prestation en loges (car ce sont des zones avec des logiques spécifiques), on peut cette saison s’abonner à partir de 380 € en tribune Ganay et jusqu’à un peu plus de 1 000 €, en tribune Jean Bouin, avec une vue vraiment très bonne et un grand niveau de confort. 1 000 €, c’est moins que ce que le supporter d’Arsenal doit débourser pour s’abonner à l’Emirates Stadium dans la zone la moins bien située. Donc, on est bien dans un autre monde.

Alors bien sûr, il y a le PSG qui pratique une politique tarifaire qui tend à se rapprocher de ce qui se fait en Angleterre, avec une forte inflation depuis 2010. Le prix d’un abonnement allait de 420 € à 3 150 € la saison dernière. Je crois que c’est le tarif le plus élevé en Europe. Les classes populaires sont donc poussées hors du Parc des Princes, du moins c’est une hypothèse crédible. Il manque toutefois une enquête approfondie pour savoir dans quelle proportion la sociologie du Parc a changé. Mais la situation parisienne ne reflète pas ce qui se passe dans les autres clubs de L1, y compris au sein des grosses écuries suivies par de nombreux supporters. À Marseille, l’an passé, l’abonnement en virages, c’était moins de 200 €, à Saint-Étienne 160 €… Le prix moyen de l’abonnement le moins cher en L1 tournait autour de 180 €. À Montpellier, on pouvait s’abonner pour 80 €. Pour un billet simple, la fourchette des prix est large et on peut se rendre à certaines rencontres pour 10 € voire moins lors de certaines opérations commerciales, même s’il faut aussi souligner que généralement le stock de places à ce tarif là n’est pas très volumineux…

Pour être rigoureux, il faudrait par ailleurs mesurer l’évolution des tarifs sur une temporalité assez longue, à l’échelle d’une décennie au moins. Si on le faisait, on constaterait à coup sûr une inflation dans certains cas. Pour reprendre l’exemple marseillais, il y a eu une hausse de 9 à 25 % du prix des abonnements cet été. Il faut ainsi payer 10 € de plus en virages. À Lille, l’abonnement le moins cher est passé de 160 € en 2010 à 170 l’an dernier, de 130 à 160 à Bordeaux, etc. Mais parfois, on trouverait des cas de diminution. L’abonnement dans le kop au Stade d’Ornano à Caen était à 180 € en 2010 mais à 144 € l’année passée et même moins si on est adhérent au MNK 96.

Selon moi, parler de gentrification des stades français, c’est aller trop vite en besogne. Avancer qu’il y a une sélection par l’argent dans les stades français ou qu’il y a un remplacement d’une frange du public par une autre, c’est bien trop généralisant. De plus, le football en France n’a jamais été le sport de la classe ouvrière comme en Angleterre. Le public est plus diversifié qu’on le croit.

Je ne suis pas pour autant en train de dire que rien ne change dans le football français. Il y a bien des mutations importantes. La transformation des stades en est une : hausse généralisée du niveau de confort, développement des sièges à prestation, marchandisation à outrance, déplacement des nouvelles enceintes vers la périphérie des villes et donc changement dans les habitudes des spectateurs et travail de séduction en direction de nouveaux segments de clientèle…

L’évolution de la structure capitalistique des clubs est une autre mutation avec des investisseurs étrangers et des montages complexes, reflet de la financiarisation du football. Les relations entre dirigeants et groupes de supporters ont évolué aussi. Les groupes ultras se vivent comme un rempart, cherchant à préserver une histoire immatérielle, une forme de continuité face à des changements parfois brutaux. Ils peuvent agir tels des syndicats défendant des tarifs accessibles. Ils refusent d’être traités comme des clients.

Sur ces groupes pèse dans le même temps un climat sécuritaire. Les dirigeants veulent-ils malgré tout aseptiser les stades ? D’un côté, la tolérance est aujourd’hui bien moins importante qu’il y a 20 ans et les supporters sont frappés de nombreux interdits. De l’autre, les dirigeants veulent aussi des stades animés, qui vivent. Or ce sont ces groupes organisés, composés principalement de jeunes hommes qui produisent de l’ambiance. Tous ne sont d’ailleurs pas issus des classes populaires, loin s’en faut. C’est composite. Les cadres des groupes sont plutôt issus des classes moyennes ou des fractions supérieures des classes populaires.

Au passage, je trouve que les chercheurs français se sont trop focalisés sur une sociologie du supportérisme au détriment d’une sociologie des supporters, ce qui n’est pas la même chose. C’est dommage. Il faudrait faire une sociographie plus fine des stades pour savoir qui va au stade précisément. Donc à la limite le terme de « disneylandisation » est plus adapté : l’expression est plus juste dans la mesure où elle désigne un glissement dans l’expérience du match, dans les usages, ce qui est admis et non admis au stade, l’accent mis sur la consommation de produits et de services variés, le divertissement, la transformation du supporter en client.

Du côté des clubs de Ligue 1, on parle plutôt de segmentation des tribunes pour pouvoir attirer différents profils et optimiser le taux de remplissage des enceintes. Mais est-il possible d’attirer tout type de public dans une enceinte sportive ? Et une telle segmentation ne nuit-elle pas à la mixité sociale ?

En effet, la segmentation est devenue une pratique caractéristique des clubs et c’est vrai à la fois pour les abonnements annuels comme pour les places pour une rencontre sèche. L’éventail des prix s’élargit, notamment vers le haut de la gamme tarifaire. Ça vaut particulièrement pour les clubs qui ont rénové ou changé de stade à l’occasion de l’Euro 2016. Les « nouveaux stades » sont faits pour maximiser les revenus tirés de la billetterie via les sièges à prestation, les loges, les VIP, etc.

À la limite, les virages des supporters ne sont pas un enjeu économique direct : ce n’est pas là qu’on génère des recettes « matchday » et ce n’est donc pas dans cette direction que se situent les plus gros efforts marketing et commerciaux. C’est toutefois un enjeu économique indirect. À travers ce qui se déroule dans les tribunes des supporters, c’est une certaine image que le club renvoie. Y a-t-il une grosse ambiance lors des matchs à domicile ? Est-ce qu’il y a des débordements verbaux ou physiques récurrents ? Ces aspects sont importants car on ne va pas seulement au stade pour voir des buts et une performance sportive, on y va aussi pour vivre une expérience collective dont les supporters sont une composante essentielle.

À côté de l’effet nouveau stade, l’internationalisation du football et la façon dont se sont professionnalisés les clubs français depuis une quinzaine d’années ont joué un rôle dans l’application de ces méthodes marketing. Il existe désormais un marché européen des hauts managers, des directeurs commerciaux et marketing. Le tout nouveau directeur général de l’OM est par exemple un ancien du Barça et de l’AS Roma. Cela signifie qu’au-delà des acteurs, ce sont aussi des modèles, c’est-à-dire des pratiques, des manières de penser et de faire qui circulent et qui se déploient dans les championnats européens, avec des emprunts réciproques.

Cela ne se joue pas seulement qu’au niveau des clubs d’ailleurs, mais aussi des ligues professionnelles : la LFP regarde ce qui se fait ailleurs, l’Angleterre en particulier. La façon d’envisager le travail en direction du public s’en trouve impactée. Cela s’uniformise dans une certaine mesure. À cela s’ajoute le fait que les clubs ont aussi recruté des cadres venus d’autres secteurs d’activité, l’industrie du divertissement ou les médias par exemple, et à des niveaux hiérarchiques moindres des diplômés d’écoles de commerce, de formations en management du sport. Il faudrait affiner en menant des enquêtes précises. Mais je crois pouvoir avancer qu’il y a aujourd’hui dans les clubs des salariés et des dirigeants rôdés au raisonnement marketing et qui peuvent importer dans le football des recettes mises en œuvre ailleurs. L’application des principes du Yield management à la billetterie en est une illustration.

La segmentation marketing part finalement d’un constat simple : dans un stade, il n’y a pas un mais des publics. On le sait depuis pas mal de temps maintenant. Christian Bromberger l’a mis en évidence dans les années 1980 au cours de ses enquêtes menées à Marseille. Le Stade Vélodrome est à l’époque une sorte de décalque assez fidèle de la ville qui reflète sa diversité sociodémographique. Il a montré qu’il y avait des phénomènes de territorialisation : les jeunes ne se placent pas aux mêmes endroits que les pères de famille, les jeunes des quartiers populaires du nord n’occupent pas les mêmes zones que ceux des quartiers sud plus aisés, etc. Chaque tribune et même chaque partie de tribune renvoie presque à un univers socioculturel propre. Donc rien de nouveau.

Ce que veulent faire les clubs via la segmentation, c’est tenter d’élargir les profils des spectateurs, travailler au-delà des connaisseurs et des passionnés de football et bien « gérer leur relation client », pour reprendre une expression.

Les enjeux sont alors multiples. J’en vois au moins trois : il faut déjà attirer. Donc construire un récit que l’on va raconter aux gens pour leur donner envie de venir au stade. Il faut ensuite fidéliser, parce qu’il ne suffit pas que les gens viennent une fois. Il faut les faire revenir. Sur ces deux aspects, puisqu’il y a segmentation, donc diversité des profils, dans l’idéal il faut être en mesure de produire un récit adapté à chaque segment de clientèle, de proposer des services personnalisés, etc. C’est une entreprise délicate… Le troisième enjeu que je vois, c’est celui de faire cohabiter en une même enceinte sportive des usages pluriels, des publics variés qui vont vivre le match de façon différente.

Or, qui dit diversité d’usages, dit éventuels conflits d’usages… Le risque dans tout ça c’est de se focaliser sur les nouvelles cibles (pour des raisons économiques en particulier) et d’oublier le public traditionnel, des connaisseurs de football et des supporters, ce qui serait une erreur majeure. Le football de haut niveau est certes un spectacle. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’a plus de lien avec la pratique. Au contraire, le cercle des pratiquants et anciens pratiquants de foot est selon moi le socle fondamental, la base de tout l’édifice.

Depuis l’adoption de la loi Larrivé en mai 2016, les clubs professionnels français sont obligés de nommer un intermédiaire – un Supporter Liaison Officer – chargé des relations avec les groupes de supporters. Plus de deux ans après son introduction, quels sont les effets notables de cette mesure ? Les problématiques des groupes de supporters sont-elles mieux comprises par les clubs et les instances (FFF et LFP) ?

Le SLO est appelé  « référent supporters » en France. C’est une fonction nouvelle dans l’organigramme des clubs. Quelques-uns n’avaient pas attendu la loi Larrivé pour embaucher du personnel dédié à la relation aux supporters. Mais ce texte a poussé tous les autres à œuvrer en ce sens. C’est une avancée significative, même s’il y a encore beaucoup à faire et que cela va prendre du temps.

Il faut déjà que le référent supporters ne soit pas juste un prête-nom, pour se mettre en conformité avec la loi. Il faut aussi faire comprendre que le référent supporters n’est pas un directeur de la sécurité bis. Il intervient sur d’autres problématiques, même si les liens existent bien entendu avec les enjeux de sécurité. Le Ministère des sports a mis en place au printemps la première session de formation des référents supporters, qui a plutôt bien marché. Les clubs ont répondu présent et ont envoyé leur référent. Je crois que beaucoup ont alors pris la mesure que c’est un vrai métier, pas simplement une vague fonction couchée sur un papier pour faire joli.

C’est un métier relationnel. Pour moi, le référent supporters est à la fois un intermédiaire, un traducteur et au final un facilitateur. Il est salarié du club généralement. Mais il reste tout de même un intermédiaire dans la mesure où il doit se situer à l’interface du club (les hauts dirigeants mais aussi les divers services tels que la billetterie, la sécurité, le marketing, la communication, etc.), des autorités publiques (préfecture, police) et des supporters, dans toute leur diversité, les groupes ultras bien sûr mais pas seulement.

Le référent est ainsi un point de passage par lequel transite de l’information. Il a donc aussi un travail de « traducteur » car il agrège en permanence des demandes : il doit par exemple traduire la voix des supporters auprès du club et réciproquement. Son rôle est donc fondamental. C’est un travail exigeant, très prenant et assez usant. Les clubs ont intérêt à accorder une vraie place à ce nouveau métier car travailler avec les supporters en nouant un dialogue constant, c’est se donner la capacité d’anticiper, de rendre intelligible certaines décisions pour qu’elles soient mieux acceptées, d’alerter sur des risques, de désamorcer des tensions et d’œuvrer à la désescalade. C’est aussi s’appuyer sur l’expérience et l’expertise des groupes de supporters pour aménager au mieux une tribune, bien préparer un déplacement, etc. Il faut donc convaincre les clubs de s’investir mais aussi les groupes, dont certains peuvent être méfiants voire réticents… Beaucoup de problèmes pourraient être évités s’il y avait de l’interconnaissance entre toutes les parties prenantes. C’est le rôle du référent d’aller dans cette direction.

La situation actuelle du supportérisme en France est donc assez paradoxale. La mise en place des référents supporters au niveau local va dans le sens d’un travail collectif où les gens s’écoutent et discutent. L’Instance nationale du supportérisme au niveau national offre par ailleurs un vrai cadre de dialogue qui réunit autour d’une même table tous les acteurs concernés : Ministères, police, LFP, représentants des supporters… Les choses progressent. Dans le même temps, il y a des arrêtés qui tombent régulièrement pour interdire de déplacement les supporters, des matchs à huis clos sont prononcés, des tensions et des points de friction existent, par exemple autour de l’usage des fumigènes.

Des expérimentations concernant la réintroduction des tribunes debout auront lieu à partir de cette saison 2018-19. Les exigences des groupes de supporters sont-elles aujourd’hui mieux prises en compte par la classe politique française ? Est-ce le résultat du travail mené par l’ANS ?

La demande d’expérimentation des tribunes debout a été poussée par des parlementaires auprès du Ministère des sports. Avant cela, l’ANS avait produit un livret complet sur cette problématique, très sérieux et bien documenté qui a servi de base de discussion avec des élus. On verra bien le bilan qui sera tiré de cette expérimentation. Mais on peut déjà dire que cette réintroduction est le fruit d’un travail collectif.

Les dirigeants du football ont pu regretter à une époque le manque d’organisation des supporters, l’absence d’instance représentative. L’ANS en est une, et elle joue son rôle depuis sa création en 2014. Elle travaille les dossiers sur le fond et c’est un interlocuteur qui a prouvé sa crédibilité. Je pense que c’est une vraie avancée.

Une des caractéristiques du supportérisme en France, c’est que c’est un milieu qui a longtemps été coupé des institutions et des élus locaux comme nationaux. Sauf en de rares cas où il a pu exister des formes de clientélisme politique donc une relation pervertie. Mais les choses tendent à changer. Il y a des partis politiques qui observent ce qui se joue en tribunes. Il y a des élus qui sont mieux sensibilisés aux problématiques des groupes de supporters, qui comprennent mieux les enjeux dont certains dépassent les frontières du football. Deux exemples. Le débat autour du projet de YelloPark à Nantes : savoir s’il faut rester à la Beaujoire ou s’il faut un nouveau stade, c’est une question éminemment politique qui touche à la question des partenariats public-privés, aux finances publiques, etc. La Brigade Loire et À la nantaise développent une vision très pointue sur ce dossier.

Autre exemple, le projet de reprise des Girondins de Bordeaux. À qui confie-t-on les clefs du club ? Les Ultramarines sont contre l’arrivée des nouveaux investisseurs. Ils ont épluché le montage financier, questionnent le modèle économique. C’est un sujet politique. À travers le foot, ils mettent le nez dans la matrice du capitalisme financier et ils alertent. Ils rencontrent des élus locaux. Ce travail relationnel vers la sphère politique nécessite du capital culturel et du capital social : il faut savoir construire un dossier, exposer oralement, argumenter, débattre, donner des interviews à la presse, trouver des relais, etc. Ça suppose des compétences… Certains acteurs du supportérisme en France sont aujourd’hui dotés de telles ressources.

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