fédération française d'escrime interview
Interview

« Inscrire la question de l’innovation et du digital au cœur du fonctionnement de la FFE »

Photo Abaca / Icon Sport

Réactivité est le maître-mot qui caractérise le mieux le fonctionnement de la Fédération Française d’Escrime de ces derniers mois. Face aux dégâts économiques causés par la crise sanitaire, la FFE a très rapidement dégainé un plan d’accompagnement de ses clubs affiliés pour leur permettre de rebondir en cette période de rentrée. Associé aux bons résultats obtenus lors des Jeux Olympiques de Tokyo, ce plan doit permettre à la FFE de relancer sa croissance de licenciés. Lors d’un entretien accordé à Ecofoot.fr, Bruno Gares, Président de la Fédération française d’escrime et Jean-Denis Gitton, Responsable de la Communication, reviennent sur les différentes mesures fédérales dernièrement mises en place pour relancer les activités de l’escrime française.

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur les activités de la Fédération Française d’Escrime lors de l’exercice 2020-21 ?

Bruno Gares : Nous avons enregistré sur la saison 2020-21 une baisse du nombre de licenciés de l’ordre de 24%. Nous comptons à ce jour environ 43 000 licenciés. Cette baisse s’inscrit dans la moyenne des fédérations dimensionnées comme la nôtre. A la FFE, nous avons cherché à être très réactifs pour préparer au mieux cette rentrée 2021 afin de faire revenir les licenciés perdus dans nos clubs et séduire de nouveaux publics.

Existe-t-il des disparités en termes de baisse des licenciés en fonction des territoires ou des classes d’âge ?

Bruno Gares : Forcément. La crise sanitaire a touché le territoire français de manière relativement homogène en Métropole, différemment dans les DOM. Malgré une saison 2020-21 très compliquée, quelques-uns de nos clubs ont su tirer leur épingle du jeu, en parvenant à augmenter leur nombre de pratiquants ! Ils ont réussi cette prouesse grâce à de l’inventivité et beaucoup de réactivité. Par exemple, proposer des cours d’escrime en extérieur au lieu de la pratique en salle d’armes, difficilement accessible il y a encore peu de temps pour les raisons qu’on connaît. Certains d’entre eux bénéficient également d’une solide réputation : ils peuvent ainsi compter sur la fidélité de leurs licenciés en toutes circonstances.

Dès le mois d’avril dernier, la Fédération Française d’Escrime a présenté son plan d’accompagnement pour venir en aide aux clubs en difficulté et préparer au mieux la rentrée 2021. Pouvez-vous revenir sur la philosophie de ce plan ?

Bruno Gares : Ma volonté était de frapper fort et très rapidement pour épauler les clubs après avoir traversé plus d’un an de crise sanitaire. Nous avons ainsi présenté un plan d’accompagnement budgétisé à 1,3 M€ pour soutenir notamment la reprise d’activité en cette rentrée 2021.

Des mesures avec des fléchages spécifiques ont été proposées pour répondre à des objectifs précis. Par exemple, tout pratiquant ayant pris une licence au cours de la saison 2020-21, fortement perturbée par la crise Covid-19, bénéficiera d’une rétrocession de 10€ prise en charge par la FFE sur sa nouvelle licence. Cela ne s’arrête pas là : les licences Dirigeant, Secrétaire Général et Trésorier bénéficieront quant à elles d’une exonération exceptionnelle de la part fédérale. Nous avons également mis en place des mesures dédiées aux clubs en détresse économique. Par exemple, tout club ayant accusé une baisse de son nombre de licenciés d’au moins 30% sur la saison 2020-21 est éligible à un prêt fédéral à taux zéro débloqué par la FFE.

FFE

Toutefois, notre volonté n’est pas uniquement d’aider les clubs sur le plan financier comme le font les banques par exemple. Ce plan, c’est une vraie mobilisation quotidienne de nos services dans le but d’accompagner au mieux les clubs en cette période de reprise des activités. Cette partie est très importante pour nous, une fédération sportive a avant tout un rôle de services, un rôle de proximité. En accompagnant les clubs, nous resserrons les liens avec l’ensemble des acteurs de notre écosystème. La réponse de nos clubs est globalement très positive, ils sont demandeurs de conseils sur leur communication ou encore les nouvelles règles à respecter dans le cadre des protocoles sanitaires. Par exemple, nous organisons un à deux webinaires par mois sur des thématiques précises pour qu’ils puissent bénéficier des informations les plus fraiches et les plus importantes pour leur fonctionnement. Nous profitons également de ces instants d’échanges pour prendre le pouls et détecter d’éventuelles nouvelles problématiques. Nous avons par exemple largement communiqué sur des questions de promotion comme l’escrime à l’école, sur les nouveaux dispositifs d’aides à la prise d’une licence…

« Nous avons présenté un plan d’accompagnement budgétisé à 1,3 M€ pour soutenir la reprise d’activité en cette rentrée 2021 »

Comment la Fédération Française d’Escrime a conçu sa campagne de communication pour aider les clubs à attirer de nouveaux pratiquants en cette rentrée 2021 ?

Jean-Denis Gitton : Nous avons conçu notre stratégie de communication autour des bonnes performances obtenues lors des Jeux Olympiques de Tokyo. C’est LE marronnier, évidemment. Nous avons ainsi articulé notre campagne autour du slogan « Du jeu aux… Jeux ». Nous avons construit notre storytelling autour d’un thème fort : tout est possible à l’escrime, du divertissement à la haute compétition.

Nous avons volontairement mis de côté les termes « rentrée », « reprise » ou encore « retour à la normale ». Car nous ne souhaitons pas faire référence à la crise sanitaire. Pour nous, cela ne doit pas être un sujet central dans la reconquête des licenciés. Les Français veulent désormais passer à autre chose après avoir connu plus d’un an de crise sanitaire. Et, à la FFE, notre message est celui de la positivité.

Nous avons bien entendu conçu un certain nombre de supports de communication pour faire vivre notre campagne dans les médias et sur les canaux digitaux. Mais nous avons également développé un volet événementiel en adéquation avec notre stratégie. Par exemple, nous allons mettre en place les « Mardis de l’Equipe de France ». Plusieurs tireurs de l’équipe de France vont régulièrement se rendre dans des clubs basés à Paris ou en Province pour rencontrer les licenciés. A cette occasion, ils organiseront des démonstrations et des exercices ludiques. Ces rendez-vous constitueront également d’excellents temps d’échanges entre nos sportifs de haut niveau et les pratiquants, bénévoles et dirigeants des clubs. Notre président aime bien rappeler que tous les champions naissent dans les clubs. Et il a raison !

Les premiers indicateurs sont-ils au vert concernant le recrutement de licenciés en cette rentrée 2021 ?

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