Economie

Le projet de loi qui fait trembler le football espagnol !

fiscalité football espagnol
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Le projet de loi de finances 2019 qui doit être adopté prochainement par le parlement espagnol contient plusieurs dispositifs qui pourraient nuire à la compétitivité des clubs de Liga. Les différents acteurs du football professionnel espagnol se mobilisent pour tenter de trouver des aménagements. Décryptage.

Autrefois destination privilégiée des joueurs cherchant à alléger leur facture fiscale, l’Espagne cesse progressivement d’être un eldorado pour les footballeurs professionnels. Entre la fin de la « Ley Beckham » et les différentes enquêtes ouvertes par la justice espagnole à l’encontre de certaines stars ne s’acquittant pas correctement de leurs devoirs fiscaux ; le « paradis » pourrait même se transformer en enfer.

Et le durcissement devrait se poursuivre. En effet, la coalition de gauche PSOE – Podemos actuellement au pouvoir en Espagne projette d’augmenter le niveau d’imposition sur les très hauts revenus en Espagne. Selon les dispositifs inscrits dans le projet de loi de finances 2019, les salariés percevant une rémunération supérieure à 130 000 € brut par an subiront une hausse de deux points sur leur taux marginal d’imposition. Et la hausse ira jusqu’à 4 points pour les salaires supérieurs à 300 000 € par an. Un taux marginal d’imposition qui pourra aller alors jusqu’à 52% via la nouvelle réforme.

LaLiga a chiffré les effets d’une telle mesure

Alors que ligue espagnole – en accord avec les syndicats – a fixé le salaire annuel minimum à 155 000 € en Liga Santander et 75 000 € en Liga 1|2|3 ; une grande majorité des joueurs professionnels évoluant en Espagne seront concernés par cette augmentation de l’impôt sur le revenu sur les très hauts salaires.

Selon une étude produite par LaLiga, et à laquelle ont eu accès certains médias espagnols dont Palco23, l’impact d’une telle réforme provoquerait une surcharge fiscale de l’ordre de 80 M€ sur la seule saison 2018-19. Les impôts et autres taxes versés par les footballeurs professionnels franchiraient alors au cumulé la barre des 900 M€. Et ce montant pourrait même dépasser la barre du milliard d’euros sur l’ensemble de la saison 2019-20 selon les estimations réalisées par la ligue espagnole.

Pour de nombreux dirigeants de clubs, une telle réforme appliquée au football professionnel serait contreproductive. Négociant des rémunérations nettes avec leurs joueurs, les clubs seraient alors contraints de supporter un tel surcoût. Une mesure qui pourrait alors entraîner le départ d’une vingtaine de joueurs de Liga selon les estimations de la ligue espagnole.

LaLiga veut un régime d’exception pour les footballeurs

Sollicitant de nombreux rendez-vous avec des responsables politiques espagnols, Javier Tebas, patron de LaLiga, s’active en personne en coulisses pour obtenir un régime d’exception pour les footballeurs professionnels espagnols. Jamais à court d’arguments, le patron du football professionnel n’hésite pas à mettre en avant les chiffres issus d’une étude dernièrement produite par KPMG. Contribuant à 1% du PIB national, le football professionnel espagnol serait directement et indirectement responsable de 100 000 emplois dans le pays.

Si certains élus sont sensibles à ne pas casser la dynamique de LaLiga – dynamique déjà entachée de quelques départs retentissants au cours des dernières saisons – il est peu probable qu’ils acceptent la mise en application d’un régime d’exception pour les footballeurs. Outre l’image renvoyée auprès de l’opinion publique, cette mesure appliquée au football professionnel va rapporter sur un exercice entier plus de 100 M€ à l’Etat, représentant 12% des recettes supplémentaires générées par cette mesure.

Toutefois, le football professionnel espagnol pourrait obtenir d’autres contreparties. Alors que la majorité PSOE-Podemos projetait également d’interdire la publicité pour des opérateurs de paris en ligne à compter de 2019 ; des aménagements devraient être réalisés dans le texte de loi. L’interdiction devrait concerner un périmètre restreint auquel serait soustrait les accords de sponsoring noués entre les plateformes et les clubs de football.

Alors que le football espagnol perçoit quelques 20 M€ par saison de la part des bookmakers pour promouvoir leurs activités ; une telle mesure pourrait alors renforcer leur attractivité aux yeux des opérateurs de paris en ligne. De quoi récupérer quelques millions d’euros supplémentaires, réinvestis dans les salaires de leurs meilleurs joueurs…

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