
Photo Jean-Baptiste Durand
L’irruption des plateformes d’IA Générative transforme de manière significative tous les secteurs de l’économie. Les acteurs du sport ne peuvent passer à côté de cette révolution sous peine de disparaitre à terme. Mais l’appréhension de ce sujet protéiforme exige méthode et planification pour en tirer le plein potentiel et suivre ses (rapides) évolutions. Jean-Baptiste Durand, Fondateur d’EDMO, cabinet spécialisé en IA ayant déjà accompagné de nombreuses organisations sportives, nous livre ses conseils et retours d’expérience.
À quels besoins répondent vos formations sur l’IA dans le sport ? La demande est-elle forte de la part des organisations sportives françaises ?
Sur la partie formation, on a lancé il y a un an avec Fyve Akademy une offre dédiée IA & sport car on a soit des acteurs généralistes qui ne connaissent pas les spécificités du sport soit des personnes qui se sont mis à l’IA il y a 1 an sans réelle compétence sur le sujet.
Concrètement, nos formations couvrent trois besoins :
➡️ Comprendre l’impact réel de l’IA – On est face à une technologie qui suit des lois exponentielles dont les conséquences sont presque incompréhensibles pour un cerveau humain.
➡️ Faire gagner du temps en apprenant les bonnes pratiques – Les gens doivent comprendre comment on prompte une IA, quelles tâches peuvent être traitées, lesquelles restent complexes à automatiser. Et enfin identifier leurs propres usages.
➡️ Apprendre en testant leurs propres cas d’usage – Plus de la moitié de la formation est consacrée à ça : les participants travaillent sur leurs vrais sujets avec l’IA. Sans cette mise en pratique, la théorie atteint très vite ses limites.
La demande est très forte, surtout côté fédérations et ligues, plus que côté clubs, pour l’instant. En un an, on a formé des comités directeurs et des équipes opérationnelles de plusieurs fédérations, ligues et clubs dans à peu près tous les sports : foot, tennis, basket, sports individuels.
Quels clubs / organisations sportives avez-vous déjà accompagnés dans leur feuille de route IA ? Partagent-ils des caractéristiques en commun ?
Côté formation, on travaille avec tous types d’acteurs : des agences, des fédérations de toutes tailles, des ligues pros et des clubs. Côté déploiement opérationnel, c’est-à-dire au-delà de la sensibilisation, c’est la suite naturelle : plusieurs des structures qu’on a formées passent ensuite à un déploiement structuré d’IA comme Claude par exemple pour chacun de leurs services – juridique, compétition, contrôle de gestion, communication, contenu / média…
Les organisations qui passent à l’acte font appel à nous quand elles ont compris deux choses :
➡️ leurs équipes utilisent déjà l’IA “en cachette”. Selon YouGov, 61 % des employés utilisent l’IA via un compte personnel au moins une fois par semaine)
➡️ personne en interne ne sait quoi prioriser ni quel cadre poser. 80 % des organisations n’ont pas de vision claire de leurs usages IA selon le baromètre Privacy 2026 publié par EQS Group
Quels sont aujourd’hui les cas d’usage de l’IA les plus pertinents et les plus rapidement activables pour un club, une fédération ou une ligue sportive ?
Dans les feuilles de route, je distingue toujours deux types de cas d’usage :
➡️ Les usages prêts à l’emploi : ceux pour lesquels des outils sont déjà opérationnels, comme la rédaction de comptes rendus de réunion. On les active vite souvent avec des IA génératives classiques comme Chat GPT, Gemini ou Claude. Le ROI est immédiat.
➡️ Les usages plus évolués qui demandent plus de temps, plus de maturité, et surtout de revoir des process métiers entiers.
La plupart des études récentes sur le sujet (HelloWork, BCG…) et ce que j’observe convergent : sur les usages prêts à l’emploi, on peut espérer entre 1 et 2 heures de gain par jour et par utilisateur.
Concrètement, dans une organisation sportive, les process qui reviennent le plus sont :