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« Nous voulons garder ce lien affectif mais également contractuel avec le MHSC »

interview philippe saurel maire de montpellier mhsc
Montpellier Méditerranée Métropole

Le Montpellier Hérault Sport Club va connaître une véritable révolution à l’aube de la saison 2022-23. Exploitant le stade de la Mosson depuis plus de 40 ans, le club montpelliérain déménagera d’ici 4 ans dans une nouvelle enceinte ultra-moderne de 30 000 places. Projet intégré au développement du nouveau quartier Cambacérès et financé via la mise en place d’une société d’économie mixte impliquant le Groupe Nicollin et la métropole montpelliéraine, ce nouveau stade doit permettre au MHSC de rehausser ses ambitions à moyen terme. Afin de faire le point sur le financement de ce nouveau stade, Ecofoot.fr s’est entretenu avec Philippe Saurel, Maire de Montpellier et Président de Montpellier Méditerranée Métropole.

Comment est né ce projet de nouveau stade Louis Nicollin ?

De son vivant, le président du Montpellier HSC, Louis Nicollin, a manifesté à plusieurs reprises sa volonté d’exploiter un nouveau stade. Notamment en raison de la vétusté du stade de la Mosson et de sa localisation, en zone inondable. D’ailleurs, en 2014 et 2015, l’enceinte a été victime des crues de la Mosson qui ont provoqué d’importants dégâts. Des dégâts qui ont occasionné une facture de 6 M€ !

En concertation avec Louis Nicollin, je me suis alors engagé à proposer un projet de nouveau stade pour assurer un meilleur développement du football de haut niveau à Montpellier. Et lors de la mort de Louis Nicollin, il y a un an, j’ai décidé d’attribuer son nom à la future enceinte.

Avec Louis Nicollin, nous avions pris comme engagement de poser la première pierre du nouvel édifice à l’occasion du premier match du Mondial Féminin, en 2019. Car Montpellier est ville hôte de l’événement. Et la livraison définitive du stade devrait intervenir en début de saison 2022-23.

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Pourquoi avez-vous choisi de mettre en place une société d’économie mixte pour construire et exploiter le futur stade Louis Nicollin ?

Pour pouvoir monter le projet le plus solide possible, nous avons approfondi nos discussions avec le groupe Nicollin, de multiples experts, avocats, juristes… Nous avons alors opté pour une forme de partenariat qui permet à l’entreprise Nicollin d’être largement majoritaire dans ce projet. Néanmoins, la métropole conservera une minorité de blocage. C’est dans cet esprit que nous avons réalisé le montage financier.

Les coûts de construction du stade sont évalués à 150 M€. Et une enveloppe de 50 M€ sera allouée aux constructions jouxtant le stade (hôtels, restaurants, casino…).

A l’heure où les collectivités ont plutôt tendance à se désengager complètement des projets de stade – exemples de Lyon avec le Groupama Stadium et de Nantes avec le futur stade – Montpellier Méditerranée Métropole n’a-t-elle pas été tentée de demander un financement 100% privé au Groupe Nicollin concernant la construction de ce nouveau stade ?

Jamais ! La tentation a été plutôt d’assurer un financement supporté à 100% par la métropole (rires).

Vos exemples sont intéressants. Mais, à Lyon, le stade a mis beaucoup de temps à sortir de terre. Et concernant le cas de Nantes, le projet n’est pas encore bouclé ! Les parties prenantes vont devoir se mobiliser pour finaliser le financement du projet. C’est compliqué de boucler un projet d’infrastructure sportive avec des financements 100% privés !

Enfin, nous ne voulions pas céder des parcelles trop importantes en zone constructible à de nouveaux opérateurs privés. C’est aux collectivités de contrôler les plans d’urbanisme de la ville !

En s’impliquant financièrement dans ce projet de nouveau stade, n’est-ce pas également une volonté affichée par la métropole de conserver un lien avec le MHSC ?

Bien sûr ! Nous voulons garder ce lien affectif mais également contractuel avec le MHSC.

Montpellier est une grande ville de sport, avec un climat propice à la pratique sportive. Différentes études nous classent au premier rang des villes de sport, ex-aequo avec Paris. C’est donc important pour la métropole de garder la main sur les grands équipements sportifs de son territoire.

Néanmoins, il faut donner aux entreprises et aux partenaires privés la possibilité d’aller plus loin dans leurs investissements. D’où notre volonté de mettre en place cette coopération entre partenaires publics et privés, à travers la mise en place d’une société d’économie mixte, concernant le futur stade Louis Nicollin. La métropole garde la main sur l’équipement mais elle accorde, en confiance, la gestion et l’usage de l’enceinte à son partenaire.

Dans ce cas, pourquoi n’avez-vous pas envisagé d’avoir recours à un Partenariat Public Privé (PPP) concernant la construction et l’exploitation du futur stade ?

Compte tenu des difficultés éprouvées par d’autres municipalités ayant opté pour cette formule pour construire/moderniser leur enceinte, nous avons rapidement écarté cette piste.

Certains élus de la métropole ont dernièrement dénoncé le montant annoncé concernant les travaux de construction du nouveau stade. Ils estiment que le montant réel du nouvel édifice se situerait plutôt aux alentours de 250 M€. Que leur répondez-vous ?

Je n’ai rien à leur répondre. Ceux qui contestent le prix estimé des travaux font tout simplement de la politique anti-Saurel. Ce sont d’ailleurs les mêmes élus qui critiquent mes moindres faits et gestes.

Pour rappel, le projet de nouveau stade a été voté à l’unanimité par les élus de la métropole. Et le budget a également été approuvé à l’unanimité des 31 communes composant Montpellier Méditerranée Métropole.

La construction du nouveau stade sera accompagnée d’un projet de développement économique du quartier Cambacérès, avec notamment l’implantation de complexes hôteliers, de restaurants… Les retombées économiques de cette nouvelle zone d’activités ont-elles été calculées par la métropole montpelliéraine ?

En effet, les activités ne seront pas focalisées uniquement autour du stade. Le projet vise à dynamiser complètement le quartier Cambacérès, qui tire son nom du Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, personnage historique de l’Empire qui n’a pas eu une reconnaissance à la hauteur de ses mérites en raison de son homosexualité. Deux cents ans plus tard, nous tenons à corriger le tir à Montpellier en rendant hommage à cet imminent personnage d’Etat, père du Code Civil français.

Le quartier Cambacérès, d’une superficie de 330 hectares, sera amené à l’avenir à être une des zones les plus dynamiques de notre métropole. Outre le futur stade du MHSC, ce nouveau quartier accueillera la halle de la French Tech, la gare Montpellier Sud de France, le nouveau Palais des Sports qui hébergera les rencontres de handball du MHB et de basket féminin du BLMA. Un projet de casino est également évoqué.

Cambacérès est amené à devenir le quartier du XXIème siècle de Montpellier, mêlant jeunesse, activités sportives et hightech.

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